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Respire : comment devient-on raciste?

13 hours ago 2

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Le quatrième film d’Onur Karaman observe sans fard ce que beaucoup n’osent pas regarder. À voir le 4, à 23 h 05.

« C’est du monde du quartier. Y’a personne de riche, on s’entraide. »

D’un côté, il y a Max, 27 ans, Québécois "de souche" qui vivote dans le sous-sol de son père. De l’autre, Fouad, 15 ans qui, dans un restaurant de quartier, aide son père en attendant que ce dernier puisse trouver un emploi d’ingénieur, comme il en occupait un au Maroc.

Entre les deux, il y a Respire, film puissant et nuancé qui ausculte comment la gangrène du racisme, née d’humiliations économiques (pourtant partagées) et de sentiments d’injustice, progresse jusqu’au point de non-retour.

Un jeune homme (Amedamine Ouerghi) derrière le comptoir d'un restaurant.

Respire, d'Onur KaramanPhoto : K-Films Amérique

Un film droit

La première chose qui frappe devant ce quatrième film d’Onur Karaman (Là où Attila passe, La ferme des humains), c’est bien sa franchise.

Car rares, pour ne pas dire inexistants, sont les films québécois qui s’attaquent à bras-le-corps à la question du racisme.

Et si le réalisateur l’avait déjà effleurée dans ses films précédents, évoquant peut-être davantage l’intégration, c’est bien elle, brûlante, qui traverse ce film, cette fois de part en part.

Un mécanicien (Guillaume Laurin) fait face à un jeune homme (Amedamine Ouerghi) dans un garage.

Respire, d'Onur KaramanPhoto : K-Films Amérique

Pas de coupables, pas de victimes

Mais il ne s’agira pas pour autant de pointer un doigt accusateur. Il n’y a ni coupables ni victimes. Non, le film cherche bien davantage à développer un regard, complexe et anxiogène, qui tente de comprendre tous les mécanismes à l’œuvre pour laisser éclater une réelle xénophobie. Oui, la chose est systémique. Et s’il faut trouver quelque chose à mettre en cause, ce sera bien plus du côté des disparités économiques, des conditions de vie éprouvantes, du sentiment d’être déclassé, qu’il faudra chercher.

Et être en bas de l’échelle, cela se subit, peu importe la couleur de peau ou les origines.

Un homme (Mohammed Marouazi) regarde vers la droite.

Respire, d'Onur KaramanPhoto : K-Films Amérique

Un film qui prend à la gorge

Porté par des interprètes aussi justes que sensibles (Amedamine Ouerghi, Frédéric Lemay et, surtout, Mohammed Marouazi, formidable dans le rôle du père de Fouad), Respire est de ces films qui prennent à la gorge, multipliant huis clos et ambiances étouffantes et tenant sa tension par un crescendo prenant jusqu’à un dénouement inexorable.

Car personne ne peut sortir gagnant de la haine.

Respire, à voir sur ICI Télé le 4 septembre, à 23 h 05

La bande-annonce (source : YouTube)

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