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Référendum albertain : les craintes économiques montent d’un cran

1 week ago 7

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Alors que l’économie albertaine semblait avoir le vent dans les voiles avec l’apaisement des relations avec Ottawa, certains groupes d’affaires craignent maintenant que le référendum sur la place de l'Alberta au sein du Canada ne soit une douche froide pour l’investissement.

On ne fait qu'amplifier les risques très réels au niveau de la confiance des investisseurs, la croissance économique et la compétitivité du Canada à l'échelle internationale. Et, franchement, ça se passe au pire moment possible, déclare Pascal Chan, vice-président politique stratégique et chaîne d’approvisionnement à la Chambre de commerce du Canada.

Il explique que les différends tarifaires avec les États-Unis ont forcé les entreprises à pivoter vers le commerce interprovincial et d’autres marchés d’exportation.

Il y a finalement du "momentum" et on croyait quand même à un apaisement des relations fédéral-provincial avec l’Alberta. Donc, c’est pour ça que je dirais que c’est au pire moment.

Selon la présidente de la Chambre de commerce de Calgary, Deborah Yedlin, il est trop tôt pour dire si l'annonce d'un référendum dissuade déjà des investisseurs, mais la nouvelle ayant fait les manchettes de journaux à l'étranger, comme le New York Times, elle ne doute pas que localement et internationalement, c’est sur le radar, et cela va être difficile à minimiser.

L’ombre des référendums québécois

Deborah Yedlin dit que, ce qui la frustre le plus, c’est que, dans un contexte géopolitique incertain, l’avenir du débat sur l’indépendance de l’Alberta était dans les mains du gouvernement provincial, mais que celui-ci a choisi d’aller de l’avant avec un référendum, et ce, seulement quelques jours après avoir signé une entente avec le gouvernement fédéral pour construire un oléoduc dès l’année prochaine.

La conséquence sera que les entreprises resteront en retrait et que les décisions d'investissement seront reportées. Il y a un volet économique, un volet financier, un volet réglementaire si vous êtes sous réglementation fédérale et un volet main-d’œuvre. Qui va venir en Alberta, s’interroge-t-elle.

Deborah Yedlin parle à un lutrin devant un drapeau de l'Alberta le 15 décembre 2022 à Calgary.

La présidente de la Chambre de commerce de Calgary, Deborah Yedlin, estime qu'un référendum introduit un élément indésirable d'incertitude dans les plans d'affaires des entreprises. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Deborah Yedlin n’hésite pas à agiter le spectre d’une répétition des conséquences économiques des référendums québécois, à savoir le départ des sièges sociaux de grandes entreprises de Montréal vers Toronto.

Le maire de Calgary, Jeromy Farkas, évoque lui aussi les mêmes images et s’inquiète de voir sa ville suivre une trajectoire similaire. Il y a une raison pour laquelle la Banque de Montréal n’est plus à Montréal. C’est ce que crée l’instabilité, a-t-il affirmé vendredi.

De craintes à une réalité moins effrayante

Tous ne pèsent toutefois pas sur le bouton de panique.

Depuis six mois, les questions sur les mouvements séparatistes sont devenues une constante des discussions que le PDG de Calgary Economic Development, Brad Parry, a avec des investisseurs potentiels. Aucune entreprise n’a toutefois annulé une décision d’investissement à cause du référendum, souligne-t-il.

C’est beaucoup de bruit, et nous autres, on se concentre sur ce qu'on peut contrôler, fait-il valoir. Le retour sur investissement demeure la préoccupation numéro un des investisseurs potentiels et, selon Brad Parry, l’Alberta demeure toujours extrêmement compétitive dans ce domaine.

Martin Pelletier.

Martin Pelletier, gestionnaire de portefeuilles, a l'habitude d'évaluer tout type de risque pour maximiser les rendements de ses clients.

Photo : Radio-Canada

Le référendum sur la place de l’Alberta est ainsi un risque périphérique de très faible probabilité, estime Martin Pelletier, gestionnaire de portefeuilles à Wealth Wellington-Altus Private Counsel.

Les marchés obligataires, le dollar canadien et les marchés de devises vous disent tous que, d’un point de vue du risque, c’est un non-événement.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a lié la perspective d’un référendum à une hausse du coût d’emprunt pour la province. Martin Pelletier pense toutefois que ce genre de causalité est trompeuse puisque, selon lui, les coûts d’emprunt ont augmenté pour de nombreux gouvernements.

Le président du Conseil des affaires de l’Alberta, Adam Legge, reconnaît que les investisseurs n’aiment pas l’incertitude. Il n’y a pas de frein généralisé à l'investissement ni d'entrave au bon fonctionnement de l'économie, ajoute-t-il toutefois.

Je pense que les entreprises essaient vraiment d'aller de l'avant, souligne-t-il.

Deborah Yedlin précise toutefois qu’une confiance trop aveugle dans l’issue du référendum est dangereuse, comme l’a montré le résultat du Brexit.

On a l'impression qu'il n’y a pas à s’inquiéter. C’est comme ça que le Brexit est survenu.

Ces mots font écho à ceux du premier ministre du Canada, Mark Carney, qui a mis la population en garde contre le « bluff très dangereux » de ceux qui veulent utiliser le référendum comme levier de négociation.

Avec les informations de Rick Donkers

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