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Québec vole au secours des jeunes diplômés à la recherche d’un emploi

2 weeks ago 9

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Face à un taux de chômage qui ne cesse d'augmenter chez les jeunes ces dernières années, Québec offrira des subventions salariales aux entreprises qui embauchent des personnes fraîchement diplômées. Une mesure qui pourrait coûter jusqu'à 10 millions $ et faciliter l'accès au marché du travail pour quelque 5000 jeunes, estime le gouvernement.

Le ministre de l’Emploi, Jean-François Simard, en a fait l’annonce jeudi matin à Québec.

Concrètement, Québec couvrira, pendant un maximum de 16 semaines, jusqu’à la moitié du salaire des jeunes employés, en plafonnant toutefois la subvention au salaire minimum.

Si l’employeur est un organisme à but non lucratif, la subvention pourra monter jusqu'à 100 % du salaire, toujours selon le même plafond.

Certaines conditions devront être respectées : les personnes admissibles doivent être âgées de 16 à 30 ans, être à la recherche active d’un emploi dans leur domaine d’études et avoir obtenu leur diplôme entre le 1er avril 2025 et le 31 décembre 2026.

Les jeunes diplômés intéressés par cette subvention devront obtenir une lettre d’admissibilité auprès d'un agent d’aide à l’emploi dans les bureaux de Services Québec.

Les diplômes admissibles sont :

  • Un diplôme ou une attestation d’études en formation professionnelle;
  • Un diplôme ou une attestation d’études collégiales en formation technique;
  • Un baccalauréat ou un certificat universitaire de premier cycle.

Le coût de cette initiative est financé par le Fonds de développement du marché du travail (FDMT) et couvre la période allant jusqu’au 31 mars 2027.

La mesure prévoit également un accompagnement personnalisé par des organismes spécialisés en employabilité afin de favoriser l’intégration et le maintien en emploi, ajoute-t-on dans un communiqué de presse du ministère de l'Emploi. Lorsque nécessaire, la mesure permettra aussi de rembourser les honoraires d’une personne accompagnant le nouvel employé.

On jugeait très important de faire cette annonce en ce moment, étant donné que nos diplômés viennent de terminer [leur programme d'études] et ont débuté leur période de maraudage afin de trouver un premier emploi, a justifié jeudi matin le ministre Simard en conférence de presse.

Questionné à savoir si un secteur d’emploi ou une région spécifique serait privilégié dans la mise en œuvre de la mesure, ou encore si ces subventions seraient couplées d’une obligation pour l’employeur de garder le jeune employé dans ses rangs, le ministre Simard a répondu par la négative.

Ce que l'on croit, c'est que la qualité de l'intégration et la force des jeunes vont faire en sorte qu'ils vont rester au sein de l'organisation. Sinon, ce jeune aura acquis une expérience qui, à terme, va lui permettre d'intégrer durablement le marché du travail, anticipe le ministre.

Pierre Graff, Jean-François Simard et Rudy Humbert en point de presse.

Le ministre de l’Emploi du Québec, Jean-François Simard, était accompagné de Pierre Graff, PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (à gauche) et de Rudy Humbert, PDG du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (à droite).

Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux

Une tempête parfaite

Cette mesure, intitulée « Un premier emploi pour toi! », a été saluée par Pierre Graff, PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, qui était aux côtés du ministre Simard lors de l'annonce.

Il y a des modifications profondes qui se passent dans le marché du travail actuellement, a fait valoir M. Graff.

Il décrit carrément la situation comme une tempête parfaite pour les employeurs, confrontés à la guerre commerciale, au conflit au Moyen-Orient, à la hausse du coût du pétrole, aux bouleversements des chaînes d'approvisionnement ainsi qu'à l'arrivée de l'intelligence artificielle dans le monde du travail, énumère-t-il.

Pour les entreprises, c'est toujours une décision délicate d'embaucher, car c'est un investissement, expose-t-il. Mais dans ce contexte d’incertitude économique généralisée, c’est beaucoup plus difficile pour une entreprise de réaliser cet investissement, parce que c’est très dur de planifier.

Ainsi, M. Graff voit d’un bon œil les subventions salariales qui seront offertes par Québec, estimant qu'elles permettront d’offrir davantage de prévisibilité aux entreprises quant à leurs embauches.

Même son de cloche pour Rudy Humbert, PDG du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec.

Depuis plusieurs mois, partout au Québec dans les CJE, on voit monter une inquiétude très forte auprès des jeunes diplômés, des jeunes pourtant compétents, motivés, formés, mais qui se heurtent à un paradoxe absurde. On leur demande de l'expérience avant même de leur donner une première chance, a-t-il déploré en conférence de presse.

Pendant qu'on parle de pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs, certaines régions, une partie de notre relève peine à franchir la porte du marché du travail, et derrière des statistiques, il y a des parcours humains, a-t-il poursuivi.

Des jeunes qui doutent, des jeunes qui retardent leur projet de vie, des jeunes parfois même qui quittent leur région et qui acceptent des emplois très loin de leurs aspirations. Parfois même des jeunes qui décrochent tranquillement de leur sentiment de confiance envers l'avenir.

Quant à la place grandissante de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde du travail, le ministre Simard a assuré qu’il ferait une annonce sur le sujet prochainement, sans donner plus de détails. Il a mandaté l’agence de développement économique Québec International pour se pencher sur la question.

Selon une étude de l’Institut du Québec réalisée en 2025, les emplois de 810 000 travailleurs québécois sont vulnérables à l’automatisation et à l’IA, soit 18 % de la main-d'œuvre.

Un marché du travail serré pour les jeunes

Cette annonce arrive comme une bouffée d'air frais alors que le marché du travail est particulièrement serré pour les jeunes.

En témoignent les données de Statistique Canada : en avril, le taux de chômage s'élevait à 9 % chez les 15 à 24 ans au Québec, contre 6,2 % pour la population générale.

Qui plus est, un rapport de l’Institut du Québec paru l'an dernier avait montré que le taux de chômage des jeunes hommes fraîchement sortis de l'université était presque le double par rapport aux femmes dans la même situation.

En cause, selon l'IdQ : une économie qui tourne au ralenti et une immigration temporaire qui a gonflé la population active.

Aussi des initiatives fédérales

Du côté d’Ottawa, pour s'attaquer au taux de chômage chez les jeunes, le gouvernement de Mark Carney a annoncé dans sa dernière mise à jour économique une enveloppe de 6 milliards $ pour former jusqu’à 100 000 travailleurs spécialisés.

Le ministre du Travail du Québec, Jean Boulet, s’était inquiété d’un empiétement sur un champ de compétence exclusif de la province.

À l’échelle du pays, en avril dernier, le taux de chômage chez les 15 à 24 ans atteignait 14,3 %.

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