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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayHydro-Québec et le gouvernement du Québec misent gros pour reconstruire les ponts avec la communauté innue de Pessamit sur la Côte-Nord et assurer le développement énergétique futur sur son territoire. Le conseil de bande promet 7 milliards $ en retombées économiques si le projet d'entente est accepté par la population à l'issue d'un référendum prévu ce dimanche.
Le document, intitulé Entente de nouvelle relation concernant le développement énergétique, dont Radio-Canada a obtenu copie, détaille les montants qui seraient versés à Pessamit en guise de compensation pour les projets énergétiques passés [qui] n’ont pas obtenu leur consentement.
Tandis qu’Hydro-Québec pourrait verser des compensations totalisant 992 millions de dollars sur 50 ans, Québec s’engage à verser près de 632 millions de dollars sur 10 ans pour régler les litiges en cours concernant les développements énergétiques depuis les années 1950.
Selon le négociateur de la communauté du conseil de bande, Raphaël Picard, la communauté de Pessamit continuera de percevoir de l'argent après les dates prévues à l'entente. Pour Hydro-Québec, ça va être des paiements à perpétuité, tant que les barrages seront là, avance-t-il.
Cette entente s'inscrit dans la foulée d'une entente-cadre, signée en février 2024, qui se voulait un premier pas dans la réconciliation entre Pessamit et le gouvernement provincial.
Si le conseil de bande promet des retombées de 7 milliards de dollars en 50 ans, ce montant n'est écrit nulle part dans le projet d'entente. Les sommes prévues en compensation et celles à venir dans le cadre de partenariat totalisent plusieurs milliards de dollars. D'autres montants sont aussi prévus, mais dépendent de variables futures.
Des promesses de développement en partenariat
Le document indique aussi qu’Hydro-Québec entend poursuivre l’exploitation des aménagements existants et envisage de nouveaux projets énergétiques sur le territoire de la communauté.
Parmi ceux-ci, une nouvelle centrale hydroélectrique appelée Bersimis-1-A pourrait être construite à 5 km en amont de la centrale existante Bersimis-1. Cette nouvelle installation serait alimentée par le réservoir Pipmuacan.
Alors que la société d’État prévoit l’ajout de 8000 à 9000 MW à son réseau d’ici 2035, la nouvelle centrale fournirait entre 1000 et 2000 MW. C’est l’équivalent de la puissance actuelle de la centrale Manic-2, sur la Côte-Nord (1229 MW).
La société d’État précise toutefois qu’aucun projet n’est confirmé à ce stade.

Les installations du complexe Bersimis sur la Côte-Nord, qui totalisent 1970 MW.
Photo : Radio-Canada
Hydro-Québec projette aussi de construire de nouvelles lignes électriques et de mettre en branle des projets éoliens.
Pour chacun de ces projets, le conseil de bande devra collaborer avec Hydro-Québec pour arriver à des ententes lui permettant soit d’être partenaire, soit de recevoir des versements. À titre d’exemple, pour le projet de centrale Bersimis-1-A, Pessamit pourrait recevoir minimalement 2,5 millions $ par an sur 50 ans, un montant qui serait indexé et ajusté à la puissance de la centrale.
Pour nous, ce qui est important, c'est que dorénavant, on soit des parties prenantes aux projets. Partie prenante et paritaire. Qu'on soit consultés au tout début du processus d'examen des projets.

Raphaël Picard, négociateur de l’entente pour le Conseil des Innus de Pessamit.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
De plus, dans l’objectif de refléter la nouvelle relation instaurée par l’Entente et de mettre en place les conditions propices à assurer le développement énergétique, le gouvernement du Québec s’engage à verser minimalement une somme de 14 millions $ par an sur 50 ans, soit 700 millions $.
Dissension avant la tenue du référendum
L’entente devra être ratifiée par référendum avant d’entrer en vigueur. Des consultations sont organisées depuis lundi, à Pessamit, en vue du référendum qui aura lieu dimanche. Aînés, jeunes, pêcheurs et chasseurs, employés du conseil ont défilé dans la salle communautaire Ka Mamuitunanut et au gymnase de l’école Nussim.
À la lumière de ces consultations, plusieurs membres ont fait valoir leurs réserves au sujet de l'entente qui divise, dans la communauté.
Certains, comme Marco Bacon, se sentent précipités par une prise de décision qui se doit d’être rapide, alors qu’elle aura des impacts majeurs sur les prochaines générations.
On a une décision à prendre sur notre passé, notre présent et notre futur, et ils nous laissent six jours pour le faire.
Il critique, entre autres, un article de l’entente qui stipule que Pessamit ne pourra intenter ou participer à aucune procédure judiciaire en lien avec les aménagements existants d’Hydro-Québec ni entraver leur exploitation.

Marco Bacon, un membre de la communauté innue, est certain que d'autres ententes vont se présenter si celle-ci est refusée.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
J’aimerais que ma communauté soit parmi celles qui se défendent, qui pensent à la Terre au lieu de penser à l’argent, appuie-t-il.
Marie St-Gelais, une autre membre de Pessamit, estime qu’il est de son devoir de s’informer sur tous les détails, et qu'il aurait fallu plus de temps pour que la population soit mieux consultée.
Elle recommande à ses concitoyens de faire preuve de prudence, et d’exiger plus de temps pour prendre une décision plus éclairée.
On veut un processus de consultation informé, libre et éclairé, conforme au principe prévu à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, renchérit-elle.
Selon les deux citoyens, la population a été tenue à l'écart du processus de négociation.
En plus d'être soumise à un référendum par la communauté, l'entente devra être approuvée par le Conseil des ministres, indique le cabinet du ministre responsable des relations avec les Premières Nations et les Inuits, Ian Lafrenière, qui a refusé de le commenter.
Nous ne faisons pas la négociation sur la place publique, ajoute le cabinet dans un courriel acheminé à Radio-Canada.
Hydro-Québec a refusé nos demandes d'entrevue.
Avec la collaboration de Shushan Bacon et de Michèle Bouchard


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