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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe gouvernement du Québec a demandé aux ministères et aux organismes publics de ne pas réaliser de sondages de satisfaction de leurs fonctionnaires et de la clientèle en 2026, révèlent deux lettres obtenues par Radio-Canada. Les résultats de ces sondages annuels devaient être rendus publics au début de l'automne, à quelques jours des élections provinciales.
Selon le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Guillaume Bouvrette, on est obligé d’y voir une corrélation très grande avec le calendrier électoral.
Les élections provinciales auront lieu le 5 octobre prochain au Québec.
À noter que, l'an dernier, le rapport annuel de gestion du ministère de la Justice a été publié le 1er octobre et celui du ministère de l'Économie, le 2 octobre.
Ces sondages permettent de chiffrer la satisfaction des fonctionnaires par rapport à leur employeur et de la clientèle par rapport aux services offerts par les ministères et les organismes. Le syndicat affirme que la satisfaction aurait été en baisse en 2026.
Le gouvernement Legault affirme qu'il n'y a pas de lien entre cette directive et les élections. Les sondages seront maintenant réalisés aux deux ans plutôt que chaque année. Les prochains sont ainsi prévus pour 2027.
L'objectif de Québec est de réaliser des économies. À titre d’exemple, le sondage expérience-employé piloté par le Secrétariat du Conseil du trésor coûte en moyenne 34 000 $.
Chaque année, ces sondages permettent d'alimenter en données les dirigeants des ministères et des organismes pour leur permettre de prendre de meilleures décisions pour améliorer leur organisation. Ces résultats sur la satisfaction des employés et de la clientèle sont aussi transmis au public.
Une directive appliquée à tous
Dans les lettres transmises le 6 février à tous les sous-ministres et les dirigeants d’organismes publics, le Secrétariat du Conseil du trésor demande de ne pas procéder à l’administration d’un tel sondage et de ne pas diffuser des résultats dans vos prochains rapports annuels de gestion.
Et s'ils décident d'en réaliser quand même, les résultats seront considérés comme non applicables, indiquent ces lettres. Les prochains sondages pris en compte seront donc réalisés en 2027.
On ferme les yeux
Selon Guillaume Bouvrette du SPGQ, le gouvernement joue à l'autruche et se met la tête dans le sable en se privant des données de satisfaction.
Il croit que l'argument des économies à réaliser ne tient pas la route, car il s'agirait, selon lui, d'une économie de bout de chandelle. Il pense plutôt que tout ça est à saveur électoraliste.
[Le gouvernement] préfère ne pas savoir ce qui cloche dans la gestion de notre personnel et ne voudrait certainement pas que ça se sache.
La réalité, c'est que ça ne va pas bien, affirme M. Bouvrette. Les gens nous le disent : ils sont en surcharge.
Il rappelle que le changement de la politique de télétravail connaît des ratés, que le gel d'embauches dure depuis un an et demi et que des milliers de postes ont été supprimés dans les ministères.

Guillaume Bouvrette, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin
Des données plus fiables tous les deux ans?
Selon le SPGQ, attendre deux ans avant d'avoir une analyse de la satisfaction des employés est une très longue période.
Le Secrétariat du Conseil du trésor pense, au contraire, que ce changement vise à réduire la charge administrative, tout en permettant de compter sur des données suffisamment représentatives pour orienter [les] actions.
Deux ans, [ça] donne le temps de mettre en place des actions et d’en mesurer les retombées pour répondre aux commentaires et aux besoins des employés.
Le cabinet de la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, affirme que la ministre soutient entièrement cette décision, car cela s’inscrit directement dans la volonté d’optimiser les dépenses du gouvernement.
Dans les derniers mois, le SPGQ a mené son propre sondage auprès de ses membres. Au total, 19 % des fonctionnaires interrogés constataient des ruptures de service à la population. De plus, 33 % d'entre eux remarquaient une plus grande insatisfaction de la clientèle.
En octobre dernier, après avoir mis à pied à contrecœur une centaine de fonctionnaires, le sous-ministre à l'Environnement avait déclaré, dans une réunion interne, que c'était « terrible » et que ça aurait « un impact ».


2 months ago
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