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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPITTSBURGH – À une époque pas si lointaine, tout directeur général déterminé à améliorer son équipe avait des options. Un Patrick Kane par-ci, un Tomas Hertl par-là ou, si, soudainement la source se tarissait, il y avait toujours ces bons vieux Sabres de Buffalo.
Qu’un DG fût à la recherche d’un joueur de centre, d’un ailier prolifique, d’un gardien ou d’un défenseur droitier, les Sabres avaient ce qu’il lui fallait. Ces organisations en pleine reconstruction, en retour, souhaitaient obtenir des actifs pour le futur : des choix ou de jeunes espoirs.
Le Canadien a fait partie de ces équipes vendeuses tournées vers l’avenir à l’aube du règne de Kent Hughes et Jeff Gorton. Maintenant qu’il est prêt à passer à l’action, à frapper un grand coup si l’occasion se présente ou même si elle est provoquée, le contexte a changé dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Et ce contexte lui est moins favorable.
À un moment donné, nous étions en reconstruction, Philadelphie était en reconstruction, San José, Anaheim : il y en avait pas mal. Les données ont changé, mais elles peuvent changer à nouveau, a lancé Kent Hughes en entrevue avec Radio-Canada Sports, jeudi matin, attablé dans un coin coquet d’un hôtel qui ne l’est pas moins.
Est-ce que ça complique mon travail? Oui, possiblement. Mais c’est le cas pour toutes les équipes, précise le directeur général.
Aujourd’hui, la plupart des formations prêtes à échanger un joueur d’impact veulent de l’aide immédiate. À Détroit, l’on chuchote que l’on n’est pas intéressés par des projets à long terme, et c’est probablement ce qui explique que Dylan Larkin soit toujours un membre des Red Wings malgré le grand malaise que cela suppose dans le vestiaire.
Les informateurs les mieux branchés affirment la même chose pour ce qui est des Jets de Winnipeg et de Connor Hellebuyck. On veut demeurer compétitifs.
Et l’on a qu’à regarder ce que les Blue Jackets de Columbus ont obtenu contre leur ailier vedette Kirill Marchenko. Si le nom de Matthew Knies n’est pas sur la table, le Russe n’aboutit pas à Toronto.
Les exemples des Capitals de Washington, des Blues de Saint-Louis ou des Bruins de Boston, qui se sont tournés vers une réinitialisation rapide plutôt qu’une reconstruction, semblent en avoir entraîné dans leur sillage. Il faut donc revoir la stratégie.
Le CH à plus de profondeur dans sa formation, certes, mais il n’a pas non plus déniché la corne d’abondance. Ce qu’il a en quantité, le CH, et qu’il peut échanger sans trop craindre de le regretter, ce sont justement des choix et des espoirs.
L’intérêt du Tricolore pour Marchenko était un secret de Polichinelle. Hughes n’a évidemment pas commenté le cas du buteur de Barnaoul spécifiquement, mais a quand même tracé une ligne dans le sable.
Pour donner un exemple, si l’objectif de Columbus est de remplacer l’offensive de Marchenko avec un joueur de notre formation, alors là on parle de Demidov, de Slafkovsky ou de Caufield. Si tu me demandes si on a un intérêt à échanger nos jeunes joueurs qui font partie de notre noyau, la réponse est non, a laissé tomber le DG.
Cela dit, outre le noyau dur, il n’y a pas beaucoup d’intouchables.
Est-ce que ça se peut qu’on doive échanger un, deux ou trois joueurs? Est-ce qu’on est prêt à échanger des joueurs de notre formation pour nous aider à gagner aujourd’hui? Absolument, mais pas juste pour cette année […] On veut quelque chose qui va nous aider plus qu’un an.
Tout au long de l’entretien, Hughes rappelle qu’il n’y a pas une seule façon d’assembler une équipe capable de gagner.
Le Canadien, par exemple, n’a pas absolument besoin d’un autre joueur de centre de deuxième trio, selon le patron.
Si tu me dis qu’il y a deux ailiers talentueux comme Demidov, je ne vois pas la nécessité que le joueur de centre fasse un point par match. Ça peut être Kapanen, ça peut être Newhook, ça peut être n’importe qui, croit-il.
Un atout précieux
Grand cas a été fait des talents de négociateur de Kent Hughes dans la dernière année, sa carrière d’agent le servant bien ici, en raison de tous ces contrats avantageux pour l’équipe que ses jeunes vedettes ont acceptés. Les pactes conclus par Lane Hutson et Ivan Demidov plus encore que le reste.
On peut en penser ce qu’on veut. Lésés ou non, ils les ont signés de bonne foi et le résultat net donne un avantage concurrentiel majeur à Hughes par rapport à ses homologues.
Avec notre structure salariale, notre réalité, c’est qu’on est en mesure d’avoir plus de profondeur que d’autres équipes, a admis Hughes.
Comme le plafond salarial doit augmenter à 113 millions de dollars l’an prochain et à 127,5 dans deux ans, selon les prévisions de la LNH, cet atout n’en deviendra que plus important.
Les joueurs ont fait leur part, a estimé le Montréalais. Maintenant, c’est aux dirigeants de remplir leurs promesses et de leur offrir cette équipe capable de lutter pour un championnat grâce à tous ces dollars épargnés.
Hughes sait bien qu’il a la responsabilité de dépenser jusqu’à la limite permise par la convention collective pour tenir sa parole, sinon, ces ententes au rabais ne profiteront qu’au propriétaire. Ce qui ne veut pas dire dépenser à tout vent simplement pour le plaisir de la chose.
Parfois, tu vas commencer l’été avec un espace sous le plafond parce que peut-être que c’est ça qui va te permettre de faire l’échange que tu recherches.
Hughes s’attaque à une phase délicate de son projet. Il a bâti une bonne équipe, jeune et bourrée de talent, dont la pépinière d’espoirs est encore relativement bien garnie, tout en devenant une figure emblématique de la saine gestion salariale.
Il faut maintenant gérer les attentes, les leurs, celles des partisans, mais aussi, et surtout, celles des joueurs qui espèrent voir rapidement un retour sur leur investissement.
Il leur a vendu une idée, à lui de la concrétiser. Et la conjoncture ne lui sera d’aucun secours.
En rafale
Kent Hughes avait été catégorique à la conclusion de la dernière saison en ce qui concerne Jacob Fowler : le portier de Melbourne, en Floride, allait voir de l’action dans la LNH en 2026-2027.
Jeudi, il s’est montré plus circonspect.
On sait que c’est un gardien de la Ligue nationale. Ça ne veut pas dire qu’il ne progresse pas à Laval, car il va jouer comme un no 1. On verra pour un rappel à Montréal, a-t-il laissé tomber.
Le DG du Canadien a aussi pris le temps d’expliquer pourquoi Adam Engström avait été préféré à David Reinbacher pour amorcer la saison.
Engström a fait ses preuves dans la Ligue américaine. Il a été choisi parmi les meilleurs espoirs de cette ligue l’an dernier. Reinbacher, étant donné qu’il a été tellement blessé, il n’a pas dominé la Ligue américaine, a dit Hughes.
On est vraiment contents qu’il ait eu un bon camp. Chaque joueur est déçu quand il est cédé à Laval. On leur dit : "Identifie le poste que tu veux prendre. Ne descends pas dans la Ligue américaine pour être un meilleur joueur dans cette ligue, mais pour travailler sur le style de jeu que tu veux avoir dans la Ligue nationale", a-t-il conclu.


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