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Près de 10 % des infrastructures d’eau en mauvais état, l’aide de Québec insuffisante

4 weeks ago 16

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Les municipalités québécoises, qui étaient responsables d’environ 100 000 km de conduites souterraines et 10 400 installations d’eau potable, usée et pluviale en 2024, sont confrontées au défi colossal d’assurer la pérennité d’infrastructures vieillissantes et l’appui offert par le gouvernement est insuffisant, affirme la commissaire au développement durable Janique Lambert dans son rapport déposé jeudi.

Plus de 10 % des conduites souterraines et des installations d’eau potable, usée et pluviale, qui sont sous la responsabilité des municipalités, sont à risque de défaillance élevé ou très élevé et la province encadre mal les municipalités pour faire face à leurs responsabilités, relève la commissaire.

Les infrastructures municipales d’eau incluent notamment les conduites d’eau potable et d’eaux usées, les postes de pompage, les ouvrages de surverse, les stations de production d’eau potable et les stations d’épuration des eaux usées.

Source : rapport de la commissaire au développement durable

La facture sera salée pour les municipalités : la valeur de remplacement de ces infrastructures dépasse 19 milliards de dollars. Bien que la construction, le maintien, l’exploitation et le financement des infrastructures d’eau soient la responsabilité des municipalités, la province a aussi son rôle à jouer et elle le fait mal.

La commissaire Janique Lambert souligne que le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) n’aiguille pas bien les municipalités dans la mise en place d’un financement adéquat de leurs services d’eau et dans le niveau d’investissements qui doit être maintenu pour assurer le maintien des actifs.

Elle note aussi que les sommes perçues par les municipalités pour les services d’eau sont insuffisantes et que l’installation des compteurs d’eau a pris du retard, rappelant que le principe de l’utilisateur-payeur n’est pas assez pris en considération comme mode de financement.

Des investissements majeurs dans les infrastructures d’eau sont nécessaires. En l’absence d’une hausse des niveaux d’investissement actuels, l’état des infrastructures municipales d’eau continuera à se détériorer graduellement, leur entretien deviendra plus coûteux et les risques de perturbation des services augmenteront, souligne la commissaire.

Par ailleurs, l’absence de critères de sélection clairs pour profiter de l’un des principaux programmes d’aide financière pour soutenir les municipalités (PRIMEAU 2023) fait en sorte que les municipalités peuvent difficilement planifier des investissements, et que les projets choisis ne sont pas nécessairement les plus pertinents.

Pour les exercices 2025-2026 et 2027-2028, le MAMH a établi que 74 projets étaient prioritaires, mais, comme aucune décision n'était documentée, la sélection n’a pu être évaluée.

En outre, le MAMH n’exige pas des municipalités qu’elles considèrent les risques liés aux changements climatiques pour les projets d’envergure qu’elles soumettent au PRIMEAU 2023.

En l’absence d’une hausse des niveaux d’investissement actuels, l’état des infrastructures municipales d’eau continuera à se détériorer graduellement, leur entretien deviendra plus coûteux et les risques de perturbation des services augmenteront.

En vertu de la Loi sur le vérificateur général, la commissaire au développement durable doit faire part au moins une fois par année de ses constatations et de ses recommandations à l’égard de l’application de la Loi sur le développement durable.

Dossier d’investissement prioritaire

Il n’y a pas que la commissaire au développement durable qui sonne l’alarme sur les besoins de fonds des municipalités pour financer les infrastructures municipales d’eau. Une nouvelle étude d’Aviseo, commandée par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et publiée jeudi matin, conclut que les infrastructures d’eau constitueront le dossier d’investissement prioritaire dans les prochaines années.

Selon l’étude, les infrastructures d’eau comptaient pour près de 30 % des immobilisations des municipalités sur la période 2014-2023, alors que les investissements annuels moyens liés ne représentaient quant à eux que 20,2 %.

Quand une municipalité doit choisir entre réparer une conduite d’eau ou maintenir un service essentiel, c’est qu’on a un problème de modèle, affirme Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.

Nous sommes devenues la première ligne pour l’itinérance et les changements climatiques, en plus de devoir gérer un parc d’infrastructures vieillissantes avec des coûts de construction qui explosent. On ne peut plus faire plus avec moins.

Repousser les investissements coûte cher : en 2024, il aurait fallu 19,3 G$ pour remplacer les infrastructures en eau à risque élevé ou très élevé, une hausse de 5,7 % par rapport à l’année d’avant, quand la facture aurait été de 18,2 G$.

Le retard accumulé ainsi que l’augmentation des pluies plus abondantes et les autres aléas climatiques de plus en plus présents feront de ces infrastructures le dossier prioritaire.

Dans l’ensemble, les infrastructures ponctuelles (usines de traitement des eaux et stations d’épuration) sont en meilleur état que les actifs linéaires (canalisations) dans les municipalités du Québec.

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