« Il y a quand même quelque chose qui me turlupine, Jack »
Il est inculte, sexiste, raciste, macho et condescendant, mais il est Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117, un espion français pour le gouvernement du président de la République française René Cotty. Il ne peut échouer, même si au Caire, où il est envoyé mettre de l’ordre, les complots sont presque impossibles à déjouer tant ils sont nombreux.

OSS 117: le Caire, nid d'espions, de Michel HazanaviciusPhoto : Christal Films
« L’esprit français » dans la mire
En 2006, l’esprit et l’héroïsme à la française, souvent autocélébrés dans l’Hexagone, en prenaient pour leur grade, grâce à… un Français qui ne manque certes pas d’autodérision: !
Avant de rafler tous les Oscar avec The Artist, le cinéaste Michel Hazanavicius parodiait en effet avec un bonheur évident et contagieux les romans d’espionnage des années 50 signés Jean Bruce, qui mettaient en vedette un espion, véritable incarnation désuète de la séduction à la française très sûre d’elle-même.

OSS 117: le Caire, nid d'espions, de Michel HazanaviciusPhoto : Christal Films
Carton-pâte et rires à gogo
Sous les traits de l’élastique et hilarant Jean Dujardin, qui semble né pour jouer ce rôle, OSS devient en effet l’objet d’une satire irrésistible.
Sorte de James Bond mâtiné d’Indiana Jones, mais d’une bêtise abyssale, il est notre guide héroïque dans cet univers délirant, fait d’exotisme éducatif en carton-pâte et de références à peine voilées à Hitchcock, aux séries B hollywoodiennes des années 50, à Tintin, à Astérix ou à Blake et Mortimer.

OSS 117: le Caire, nid d'espions, de Michel HazanaviciusPhoto : Christal Films
La maîtrise parfaite de l’ironie
Surtout, Hazanavicius réussit quelque chose d’assez rare dans le merveilleux monde de la parodie: être ironique sans être moqueur, voire destructeur. Car ces films où le héros est toujours impeccablement habillé et à la réplique qui tue à portée de la main, Hazanavicius les aime. Cela se sent, se voit et s’entend. D’ailleurs, cela s’entendait déjà dans sa toute première création: Le grand détournement ou la classe américaine, une réécriture complètement culte et hilarante de dialogues doublés sur des extraits de films du studio Warner.
Le ton est parfait, ,Jean Dujardin et Bérénice Béjo, dans le rôle de son contact sur place, sont impeccables, la direction artistique et musicale sont indiscutables, et la parodie est juste assez vache pour accrocher: oui, vraiment OSS 117, c’est le meilleur!
Voyez OSS 117 : Le Caire, nid d’espions sur ICI Télé le 18, à 23 h30.
La bande-annonce (source: YouTube):


1 month ago
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