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Nids-de-poule : 2,1 millions $ de plus pour le « vaste chantier » de Montréal

4 weeks ago 19

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Les nids-de-poule se multiplient et la Ville de Montréal veut endiguer la crise : la mairesse Soraya Martinez Ferrada a annoncé mercredi un investissement de 2,1 millions de dollars, dont 1 million $ destinés à un appel d'offres au privé pour effectuer des opérations de colmatage.

Les entreprises privées soumissionneront pour la période de juillet 2026 à juillet 2027, pour faire en sorte que les nids-de-poule ne [soient] plus un enjeu saisonnier, a expliqué la mairesse Martinez Ferrada.

Un million de dollars iront aux arrondissements qui ont déjà utilisé leur part de l'enveloppe de 2,5 millions de dollars attribuée par la Ville, ou qui ont reçu le plus grand nombre de plaintes au 311, a détaillé la mairesse.

Finalement, la Ville investit près de 125 000 $ spécifiquement pour colmater manuellement la rue Notre-Dame.

La mairesse a également confirmé que quatre Python 5000 – des colmateuses automatisées servant à réparer les nids-de-poule – ne sont plus utilisables.

Un vaste chantier

Sur l'île de Montréal, près de 8000 services de crevaison ont été effectués du 1er janvier au 30 avril, selon les dernières données de CAA-Québec obtenues par Radio-Canada. C'est une augmentation de 26 % par rapport à la même période en 2025.

Elle sourit au photographe.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, souhaite que les nids-de-poule ne soient plus un enjeu saisonnier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Dans la province, 21 000 services de crevaisons ont été recensés à pareille date, soit une augmentation de 11,4 % par rapport à 2025, toujours selon l'organisme.

Le Centre de services 311 a reçu, du 1er janvier au 26 avril 2026, 13 667 requêtes en lien avec un nid-de-poule, a indiqué la Ville par écrit, en réponse à une question de Radio-Canada. Plusieurs requêtes peuvent avoir été faites pour un seul et même nid-de-poule, a-t-on précisé.

C'est un vaste chantier qui va prendre du temps et qui signifie un changement de la façon de faire à la Ville, a spécifié la mairesse.

Toutefois, la cheffe intérimaire de Projet Montréal, Ericka Alneus, répond que la Ville a besoin d’un plan clair pour le pavage des routes.

C'est un bel exercice d’humilité sur le fait que l’administration a promis mer et monde [pendant la campagne électorale], mais doit faire face à la réalité.

Un symbole

Mme Martinez Ferrada a par ailleurs invité le propriétaire d'une entreprise d'aménagement paysager, Saad Tekiout, qui a été très visible sur les réseaux sociaux au cours des dernières semaines, à soumissionner dans le cadre des appels d'offres lancés par la Ville.

M. Tekiout s'est montré dans plusieurs vidéos en train de colmater des nids-de-poule lui-même, gratuitement. Il dit en colmater une dizaine par jour.

Mon objectif, c'est d'arranger les routes de Montréal. Peu importe la manière, je veux que ça s'arrange, a-t-il déclaré. M. Tekiout a mené une campagne de sociofinancement, désactivée récemment, qui servira, dit-il, à acheter plus de camions et agrandir son équipe.

L'entrepreneur Saad Tekiout discute avec la journaliste de Radio-Canada.

L'entrepreneur Saad Tekiout est à l'origine de cette initiative.

Photo : Radio-Canada / Cécile Archer

[Saad Tekiout] est devenu le symbole de la frustration des citoyens, a reconnu la mairesse de Montréal, mais le colmatage doit malgré tout être fait d'une façon planifiée et coordonnée.

Les négociations avec les cols bleus

Malgré les négociations en cours entre le syndicat des cols bleus et l'administration municipale, Mme Martinez Ferrada a tenu à souligner le bon travail des employés municipaux. Le vrai problème demeure qu'il y a un manque de cols bleus, constate-t-elle.

La mairesse croit tout de même que la grève des cols bleus pendant le mois d'avril a affecté leur travail. Dans le cadre de tactiques de négociations et de grève, c'est sûr que ça va affecter le service aux citoyens, a-t-elle reconnu.

Le président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, Jean-Pierre Lauzon, réplique toutefois, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada, qu'il est selon lui désolant de faire porter le fardeau de l’incapacité de Montréal à remplir ses obligations en matière de nettoyage et de colmatage sur le dos de ceux qui sont sur la première ligne.

Des grévistes des cols bleus manifestent, accompagnés d'une voiture de police sur une rue de Montréal.

Les cols bleus ont été en grève durant trois jours, du 15 au 18 avril. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Quiconque a mis les pieds à Montréal récemment sait que ce ne sont pas nos quelques journées de grève en plus de 15 ans qui ont créé la situation actuelle, ajoute M. Lauzon.

La mairesse estime qu’entre 10 000 et 12 000 nids-de-poule sont colmatés chaque semaine par les cols bleus et les entreprises privées.

L'administration Martinez Ferrada prévoyait déjà investir 683,8 millions de dollars dans les programmes de planage et de revêtement d'ici 2035.

Quant à Québec, le ministère des Transports et de la Mobilité durable investit déjà 10 millions de dollars chaque année pour la réparation des nids-de-poule.

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