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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« 9 femmes tuées. 9 familles brisées. Autant de femmes que pour toute l’année 2025, mais en moins de quatre mois » au Québec. C’est le cri du cœur lancé par la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, et près de 600 signataires, qui demandent notamment une loi pour prévenir les féminicides et plus de financement pour les maisons d’hébergement.
La députée de Mercier faisait référence au nombre de féminicides présumés en contexte de violence conjugale.
Ce constat nous habite, nous bouleverse et nous choque, comme il choque de nombreux Québécoises et Québécois, poursuit la lettre adressée à la première ministre Christine Fréchette rendue publique dans le quotidien La Presse mardi matin.
Dans les deux derniers jurs, de bouche à oreille, Mme Ghazal a fait circuler sa lettre et a obtenu l’appui de près de 600 signataires, parmi lesquels figurent Kim Lévesque Lizotte, Xavier Dolan, Fred Pellerin, Safia Nolin, Jay du Temple, Lou-Adriane Cassidy, Alain Farah, François Ruel-Côté, Magali Picard et le candidat libéral Farnell Morisset.
Encore ce matin, au moment de publier sa lettre dans La Presse et sur ses réseaux sociaux, elle recevait des messages de personnes voulant la soutenir. Ça m’a beaucoup touchée. Des femmes, des hommes, des artistes, des intervenants, des élus, des athlètes, des jeunes, des aînés, des gens de tous les horizons. Ça prouve qu’au Québec, on n’accepte pas que les femmes meurent juste parce qu’elles sont des femmes, dit-elle.

Étaient aussi présentes la coresponsable des dossiers politiques du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau, ainsi que les députées solidaires Manon Massé et Alejandra Zaga Mendez.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Mercredi dernier, une femme a été tuée par son conjoint dans un immeuble de l’arrondissement de Ville-Marie, à Montréal. Ce neuvième féminicide a eu lieu le même jour que celui de l’assermentation de Christine Fréchette, la deuxième femme première ministre du Québec. Un symbole fort, qui doit être suivi de mesures concrètes, selon Ruba Ghazal.
Il faut aller au-delà des symboles. Il faut que ça donne quelque chose de plus pour les femmes, notamment de les protéger, a expliqué Mme Ghazal. La liste de féminicides ne devrait pas exister, a-t-elle dit à l’émission Première ligne, sur les ondes d'ICI RDI.
On avance, mais on recule. Au Québec, on a été capables de grandes choses pour les femmes. On est encore capables de faire ça, a-t-elle ajouté plus tard au micro de Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE.
Une loi pour « prendre des décisions éclairées »
Elle demande une loi Gabie Renaud – du nom de cette femme tuée l’an dernier à Saint-Jérôme par son conjoint, un multirécidiviste en matière de violence conjugale – qui permettrait aux femmes ou à leurs proches de vérifier si leur conjoint a déjà fait l’objet de plaintes ou de signalements pour violence conjugale.
Les antécédents judiciaires difficiles à trouver sont publics, mais les femmes doivent prendre des décisions éclairées, estime-t-elle. Cette proposition s’inspire de la loi Clare, en place ailleurs au Canada.
L’information est aussi le pouvoir, dit-elle.
Actuellement, les centres d’hébergement débordent et sont incapables de trouver une place d’urgence pour la moitié des demandes d’hébergement, rappelle la députée.
Pourtant, le financement est là, selon Mme Ghazal. Dans son dernier budget, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a réservé une marge de manœuvre de 250 millions de dollars par année pour le vainqueur de la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec. Une somme qui pourrait notamment être utilisée pour les places en maison d’hébergement selon les signataires.
Aucune femme ne devrait devoir se faire dire : désolé, on veut t’aider, mais on n’a pas de place pour toi dans notre maison d’hébergement, a-t-elle dit en conférence de presse.
Résultat : Les femmes savent que leur conjoint a des antécédents et elles restent, poursuit-elle. La preuve, selon elle, que cette nouvelle loi n’est pas l’unique solution.
Ce qu’il manque, ce n’est pas le savoir. Ce qu’il manque, c’est les actions, abonde en ce sens l’autrice et conférencière Ingrid Falaise, également signataire de la lettre ouverte et présente à la conférence de presse.

Louise Riendeau du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale était présente aux côtés de l'autrice Ingrid Falaise.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Il y a dix ans, elle a publié un livre sur son parcours de victime de violence conjugale, depuis tourné en série télévisée. Depuis, rien ne s’arrête, dit-elle. Chaque jour, elle reçoit des messages de victimes qui craignent de partir. La prochaine est encore en vie et, bientôt, elle ne le sera plus.
La création d'un ministère demandée
Les signataires demandent la création d’un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité pour montrer que c’est une priorité. Une idée qui circule depuis longtemps, selon la députée. Le but : avoir davantage de financement, notamment pour les maisons pour femmes victimes de violences conjugales, notamment.
Il n’y a pas de prix pour sauver la vie des femmes. Je ne veux pas me lever le matin et qu’il y ait une dixième [femme] qui tombe aux mains de son conjoint, ajoute-t-elle en entrevue.
Christine Fréchette présentera mardi après-midi son Cabinet.
Présentement, le Secrétariat à la condition féminine relève du Conseil du trésor. La ministre responsable, Caroline Proulx, qui est également responsable de l’Habitation, ne décide donc pas de manière autonome comment l’argent est dépensé. C’est quasiment une note en bas de page de s’occuper de la condition féminine. [...] Il n’y a pas de budget, pas de force autour de la table des ministres, estime Mme Ghazal.
Depuis 2020, c’est 85 femmes qui ont été assassinées en contexte de violence conjugale et 13 infanticides qui ont eu lieu. C’est plus qu’un Polytechnique par année, ajoute Mme Falaise.
Elle espère que Christine Fréchette sera à la hauteur de l’urgence. En ce moment, je ne vois pas que nos vies, nous, les femmes, soient traitées comme une priorité. Combien de mortes ça prend pour avoir un changement?, demande-t-elle.
En raison de la prorogation ordonnée par François Legault avant son départ, il ne reste que quelques semaines à la session parlementaire. Mme Ghazal estime qu’il faut agir rapidement pour déposer une loi.


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