Bien sûr, il y a eu l’ovation au Festival de Cannes, suivie d’un Prix du jury. Il y a eu les Iris, les lauriers divers et variés et l’impression qu’en 2014, avec Mommy, Xavier Dolan déployait ses ailes pour devenir cette force vive du cinéma mondial que l’on connaît aujourd’hui.
Mais si les éloges ont plu sur le film et son auteur, il reste qu’on a peut-être oublié de souligner l’essentiel : Mommy est d’abord et avant tout un superbe film d’amour.

Mommy, de Xavier DolanPhoto : Les films Séville
Un film qui fait tomber amoureux
Raz-de-marée émotionnel débordant d’un désir fou pour tout ce qui vit, gueule et s’aime, Mommy est une déferlante qui vous emporte. Un bloc qui vous tombe dessus. Un film d’amour déraisonné, plein de cris et de pleurs; un film effronté qui laisse le souffle court devant tant d’inspiration et de frénésie.
Forcément, un film d’une telle sincérité, si profondément généreux et sentimental, commande une réaction aussi physique que directe; une réaction bien évidemment amoureuse – frissons sur les bras, cœur serré, peur et bonheur compris.

Antoine-Olivier Pilon et Anne DorvalPhoto : Capture d'écran / Metafilms
Quand on n’a que l’amour
Dans Mommy, l’amour, c’est d’abord celui qu’a cette mère courage, veuve et sans grandes ressources, Diane Dye Després, pour son fils de 16 ans, impulsif et violent, atteint de troubles anxieux et d’hyperactivité.
Un amour envers et contre tout, d’une puissance déraisonnable; un véritable amour comme dans les films
que Dolan fait vibrer chez des personnages trash, vulgaires et maladroits, car, chez lui, il n’y a pas d’écarts possibles entre le noble et le populaire, le caniveau et les étoiles.

Le film « Mommy », de Xavier DolanPhoto : Films Séville
L’amour des actrices et des acteurs
Xavier Dolan aime ses interprètes. Cela se voit, cela se sent. Anne Dorval, bien sûr, est éclatante de présence, malpolie et généreuse. Suzanne Clément l’est également en voisine timide et bègue qui, peu à peu, se libère de son traumatisme. Et, bien sûr, n’oublions pas Antoine Olivier Pilon, tout en saillies explosives et en fulgurances adolescentes, intense et à fleur de peau.
Oui, Dolan les aime, et il les aime même tant qu’il leur offre ce format saisissant du 1.1 : un écran carré enserrant leurs visages, symbolisant certes l’enfermement des personnages, mais libérant autant que magnifiant leurs performances.
Cinéma, mon amour
Mais le plus irrésistible est probablement l’amour du cinéma qui dégouline de Mommy.
Un amour qui permet que s’enchaînent les grands moments, les grandes scènes – parce que Dolan n’a aucun complexe à en offrir trop –, mais qui surtout permet de voir (à nouveau?) le cinéma comme un art du vivant; un art aux 1001 ressources expressives; un art où tout n’a pas encore été exploré et qui, n’ayant à se plier à aucune convention aux yeux du cinéaste, parvient à hurler sa liberté avec un panache enthousiasmant.
La bande-annonce (source : YouTube)


3 weeks ago
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