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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAccusée de voies de fait et de séquestration envers des enfants atikamekw dans les années 2000, Chantale Charest plaide non coupable, pendant que sa défense tente de miner la crédibilité des victimes présumées.
Après une première journée lourde en émotions, la deuxième journée de l'audience a été marquée, en matinée, par des témoignages favorables à l'accusée.
Appelés à la barre, l’ancienne femme de ménage ainsi que l’ex-conjoint de Mme Charest ont dressé un portrait de l’accusé très différent de celui dépeint, la veille, par les victimes présumées.
Une autre image de l'accusée
L’ex-conjoint, Michel Vincent, se souvient de punitions ordinaires. On les mettait [les enfants] sur une chaise et on les faisait penser à ce qu’ils avaient fait [comme bêtises], se remémore-t-il.
À l’évocation de l’événement durant lequel une enfant aurait passé la nuit entière assise sur une chaise, face à une fenêtre ouverte en plein hiver, il répond : je n’ai pas observé ça, mais souligne le caractère turbulent de l'une des victimes alléguées, Kellyna Coocoo. À sa demande, son identité ne fait plus l'objet d'une ordonnance de non-publication.
M. Vincent décrit l'atmosphère de l'époque comme familiale et conviviale.
Face à Me Gagné, il raconte n'avoir suivi aucune formation auprès des services sociaux de l'époque quant à la situation particulière des enfants autochtones.
Lise Veillette, l’ancienne femme de ménage, va plus loin, estimant que les enfants étaient gâtés. Mme Charest, après les rénovations dans la maison, leur a même demandé dans quelle couleur ils voulaient que leur chambre soit peinte, dit-elle.

Des membres de la communauté atikamekw assistent au procès qui a lieu au palais de justice de La Tuque.
Photo : Radio-Canada / Delphine Jung
Pendant ce temps, dans la salle, une jeune femme ferme les yeux, baisse la tête en serrant fort un chapelet dans sa main.
Après une courte pause, c’est au tour de l’une des filles de Chantale Charest de partager ses souvenirs.
Elle raconte avoir parfois été punie au même titre que les enfants atikamekw et nie les privations de nourriture qui auraient été infligées aux victimes alléguées.
La fille de l’accusée garde en mémoire un voyage à Val Cartier, avec la grande famille au complet. C’était les plus belles années de ma vie avec ma mère. C’était de beaux souvenirs d’enfance, explique-t-elle.
Encore aujourd’hui, de nombreux Atikamekw sont venus soutenir les victimes alléguées.
Témoignages remis en cause
L’après-midi est marqué par le début des plaidoiries. Chantale Charest, qui a plaidé non coupable à tous les chefs d’accusation à son encontre, n’a pas témoigné devant le juge.
Serge Milette, l’avocat de la défense, tente de mettre en doute la véracité des récits des témoins de la veille. En revanche, il souligne la crédibilité des propos partagés par Mme Veillette, M. Vincent et Florence Vincent, la fille de l’accusée.
Me Milette remet en cause plusieurs histoires, notamment celle de Kellyna Coocoo, qui a raconté mercredi qu’elle avait passé une nuit entière sur une chaise, la fenêtre ouverte en plein hiver.
C’est une chose qui, à mon avis, est invraisemblable, assure-t-il.
J’ai des doutes énormes que les choses se soient passées comme ça.
L’avocat termine en s’adressant au juge : je crois que vous devriez acquitter Mme Charest et ne donner aucune crédibilité ni fiabilité aux témoignages [des victimes alléguées].

Plusieurs membres de la communauté atikamekw sont venus assister au procès de Chantale Charest.
Photo : Radio-Canada / Delphine Jung
Allégations de mauvais traitements
Mercredi, trois témoins atikamekw ayant passé une partie de leur enfance dans son foyer et qui auraient subi des sévices, ont été entendus à La Tuque. Ces faits se seraient déroulés au début des années 2000 et les victimes alléguées avaient entre 3 et 10 ans à l'époque.
Mme Charest est restée silencieuse durant toute la journée, sortant rarement de la salle d’audience. Le visage fermé, elle a écouté les différents témoignages qui relatent des mauvais traitements. Enfermement, menace, maltraitance… les récits ont été lourds.
Beaucoup estiment que cette histoire n’est pas sans rappeler les mauvais traitements que pouvaient subir les enfants autochtones lorsqu’ils étaient placés dans les pensionnats.


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