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Les parahockeyeurs canadiens se souviennent de leur premier duel contre les Américains

2 months ago 14

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« Un premier match contre les États-Unis, rien ne peut te préparer à cela .» Voilà comment le paralympien Liam Hickey se remémore ses premiers coups de bâtons face à l’équipe américaine de parahockey.

Il y a beaucoup d’autres pays qui jouent du hockey de grande qualité, mais aucun n’égale la vitesse et le rythme des Américains, dit le Terre-Neuvien.

Comme c’est le cas aux Olympiques, Canadiens et Américains se livrent une bataille sans merci aux Jeux paralympiques pour la suprématie du hockey.

D’abord absents des grands tournois internationaux, les Américains ont rapidement aligné les résultats à partir des Jeux de Salt Lake City et ont gagné l’or à cinq reprises. Seuls les Canadiens sont parvenus à les battre dans une finale paralympique, à Turin, en 2006.

Liam Hickey n’avait alors que 8 ans. Son premier rendez-vous avec la grosse machine américaine n’est survenu que 10 ans plus tard.

J’ai joué mon premier tournoi en 2016, le World Sledge Hockey Challenge, se souvient-il. Lors du match contre les États-Unis, j’avais les poumons en feu après seulement quelques présences. On le ressent vraiment au chapitre de l’intensité physique. Je n’étais pas très grand à l’époque, mais ces gars-là n’avaient peur de rien. Ils m’ont solidement plaqué contre la bande à quelques reprises. Ça a été des électrochocs.

Le Canadien, pourchassé par le joueur des États-Unis, protège la rondelle.

Liam Hickey et la supervedette américaine Declan Darmer

Photo : Getty Images / Martin Rose

Chacun des membres de l’équipe canadienne de parahockey conserve un souvenir précis de son premier affrontement contre celle des États-Unis. Une mise en échec douloureuse. Une défaite percutante. Une rafale de tirs. Des ecchymoses et une claque brutale. Dans quoi me suis-je embarqué?

Bien sûr que je m’en souvient, lance sans détour Dominic Cozzolino, natif de Mississauga. J’ai récupéré la rondelle juste après la ligne bleue, et j’ai coupé vers le centre. Mon style de jeu, c’est d’appâter les adversaires et de les forcer à faire une action, avant de les déjouer. Mais le joueur américain – que je ne nommerai pas, parce que je ne veux pas lui donner d’attention – n’est pas tombé dans le panneau. Il m’a renversé d’un seul coup. Je suis retourné au banc et je me suis dit : "OK, c’est du sérieux."

Le baptême de feu du Québécois Vincent Boily a aussi été brutal. Le premier match international de sa carrière a été face aux États-Unis.

La première vraie game que j’ai jouée avec l’équipe nationale, c’était en Australie, un match hors-concours contre les États-Unis. On s’est fait planter 11 à 1. Ça a été le moment où je me suis fait souhaiter la bienvenue.

Et forcément, ça crée une rivalité. On ne veut pas juste les battre, on veut les démolir, dit Boily, en introduction d’un documentaire (nouvelle fenêtre) retraçant son cheminement.

Les batailles le long des bandes sont âprement disputées, et il arrive que les pointes métalliques fixées sous les bâtons – que les joueurs utilisent pour se propulser – se plantent malencontreusement dans les flancs d'un adversaire.

Les points de suture après le match, ce n'est pas rare, confie-t-il.

Malgré l’animosité, et, comme Batman ne pourrait être Batman sans l’existence du Joker, les Canadiens sont toujours heureux de retrouver les Américains sur leur chemin.

Ce match-là, j’ai réalisé que, si je veux m’améliorer, je dois être aussi bon ou meilleur qu’eux, note Boily. Je ne veux pas me faire battre par les Américains chaque fois. On carbure à ça.

Trois joueurs répondent à des questions.

Liam Hickey, Dominic Cozzolino et Tyler McGregor

Photo : Getty Images / Leah Hennel

Donc, oui, chaque fois qu’on a la chance de porter la feuille d’érable et d’affronter les Stars and Stripes de l’autre côté, ça va être une bataille intense, ajoute Cozzolino. Pour moi, c’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé quand j’étais enfant. Je me sens tellement chanceux de pouvoir continuer à le faire.

Ça me vieillit un peu, mais ça remonte à 2012, ou plutôt 2013, à mon premier Championnat du monde, se remémore de son côté Tyler McGregor, le capitaine. On a fini par gagner ce match. Je n’ai probablement joué que deux ou trois présences. Et pendant l’une d’elles, je me suis fait complètement renverser. C’était la plus grosse mise en échec que j’avais encaissée jusque-là dans ma carrière, indique-t-il.

Mais c’est surtout la vitesse du jeu qui m’a marqué. J’avais 18 ans à l’époque, et je me suis dit : "Je suis un peu dépassé ici. J’ai du travail à faire." Heureusement, j’ai pu regarder et encourager mes coéquipiers pour le reste du tournoi, et on a remporté la médaille d’or.

Après un match, Canadiens et Américains se serrent la main.

Les Américains dominent le tournoi paralympique depuis plusieurs années.

Photo : Reuters / SOE ZEYA TUN

Les médailles d’or ont par la suite été plus rares pour les représentants de l'unifolié, et les États-Unis ont semblé prendre l’ascendant dans la rivalité. Mais, en 2024, après des années à terminer au 2e rang, les Canadiens ont montré les dents et ont battu les Américains pour devenir champions du monde.

De quoi donner espoir aux Canadiens en vue du prochain tournoi paralympique qui s’amorce le 7 mars.

C’est vraiment le fun comme rivalité. On adore ça, confirme le Gatinois Anton Jacobs-Webb. Quand les deux meilleures équipes au monde s’affrontent, ça nous pousse l’une l’autre, ça fait qu’on s’améliore. Notre but, cette année, c’est vraiment de les battre, conclut le médaillé d’argent aux Jeux de Pékin.

La finale sera présentée le 15 mars.

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