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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAprès les ententes ratifiées chez Ford et General Motors, c’est au tour de Stellantis de renégocier les contrats de travail de ses employés. Le syndicat Unifor s’attend toutefois à une ronde de pourparlers particulièrement difficile avec le constructeur automobile.
L’an dernier, Stellantis a abandonné le plan de réoutiller son usine de Brampton, en banlieue de Toronto, pour y assembler une version électrique de sa populaire Jeep Compass. L’entreprise a ensuite décidé de déplacer cette production aux États-Unis, dans la foulée de la guerre commerciale.
Je ne vais pas vous cacher la vérité. Nous nous attendons à ce que cette ronde de négociations soit la plus difficile et la plus éprouvante à ce jour.
Yan Cimon, professeur de stratégie à l’Université Laval, affirme qu’il faudra plus de clarté concernant l’avenir de l’usine de Brampton, mais aussi de nouveaux engagements de véhicules à fabriquer aux installations de Stellantis à Windsor, où travaillent plus de 6000 employés.

Les négociations collectives entre le constructeur automobile Stellantis et le syndicat Unifor ont débuté mardi à Toronto.
Photo : Radio-Canada / Angie Seth
Ce qui est important aussi, c’est de renouveler le portefeuille des modèles fabriqués au Canada. Dans le contexte actuel, ce sera plus difficile qu’il y a quelques années, explique-t-il.
Le président américain Donald Trump a récemment menacé de porter à 50 % les droits de douane sur les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier à compter du 1er janvier 2027.
La présidente du syndicat Unifor affirme qu’une telle mesure mettrait à l’arrêt l’ensemble de l’industrie nord-américaine en l’espace de 7 à 10 jours. Lana Payne se dit prête à se battre bec et ongles pour maintenir l’empreinte du secteur au Canada.
Il viendra un moment où Donald Trump ne sera plus là, et nous devons nous assurer que, lorsque ce moment viendra, notre pays continuera d’avoir une industrie automobile, dit-elle.
Quel avenir pour l’usine de Brampton?
Le mois dernier, le syndicat avait appris que Stellantis envisageait de vendre son usine d’assemblage de Brampton. Aucun avis de fermeture officiel n’a encore été présenté, mais, selon la dernière convention collective, l’entreprise doit aviser Unifor au moins un an avant que ses installations changent de mains.
Selon Bloomberg, trois constructeurs automobiles – dont le fabricant chinois BYD – auraient déjà contacté le maire Patrick Brown au sujet de cette usine. Son bureau n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.
Notre priorité reste de trouver une solution durable pour l'usine de Brampton, répond la directrice des communications de Stellantis, LouAnn Gosselin, dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Le président de la division canadienne de Stellantis, Trevor Longley
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Questionnée sur l’avenir de ces installations et de possibles investissements au Canada, l’entreprise répond qu’elle n’a rien à annoncer pour l’instant.
Stellantis souligne avoir investi plus de 8 milliards de dollars dans ses usines canadiennes depuis 2022, des investissements qui témoignent de notre confiance envers le Canada, notre main-d’œuvre et l’avenir à long terme de l’industrie manufacturière canadienne.
Il y a eu beaucoup d’investissements et zéro résultat, donc on repart avec des coffres qui ne sont pas très bien garnis et on doit surveiller les gestes qu’on pose, affirme Benoit Charette, chroniqueur et rédacteur en chef de L’Annuel de l’automobile. La marge de manœuvre de Stellantis n’est pas la même que pour les deux autres. Il va falloir négocier plus serré.
Problèmes de liquidités chez Stellantis
Le constructeur automobile a renoué avec la rentabilité au deuxième trimestre, après avoir encaissé de lourdes pertes en 2025. En volume, les ventes de Stellantis en Amérique du Nord ont augmenté de 6 % en un an.
Mais ce redressement ne signe pas la fin des maux de tête : à l’échelle mondiale, l’entreprise estime que l’impact des droits de douane pourrait s’élever à 1,9 milliard de dollars.
C’est un contexte où il y a beaucoup plus de pression, sans compter que la situation financière de Stellantis n’est pas nécessairement au beau fixe en ce moment.
On ne peut pas dire que ça va très, très mal, mais on ne peut pas dire que ça va très, très bien non plus, affirme l’expert.

Environ 2200 travailleurs à l’usine d’assemblage de Stellantis à Brampton ont été mis à pied. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Ils doivent commencer à fabriquer davantage de véhicules pour accroître leur part de marché en Amérique du Nord. Et ils devraient le faire avec nous, insiste la présidente d’Unifor, Lana Payne, en conférence de presse à Toronto.
Nous venons de conclure des ententes avec des engagements et des investissements avec Ford et General Motors dans ce même contexte économique. Nous devons nous assurer que Stellantis leur emboîtera le pas.
Le syndicat s’est donné comme objectif d’en arriver à une entente d’ici deux semaines. Les contrats des travailleurs canadiens de Stellantis arrivent à échéance le 20 septembre prochain.
Avec les informations de Kim Taï Franco


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