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Pour la première fois depuis le début de la guerre, le 28 février, l'Arabie saoudite a officiellement reconnu sa participation au conflit aux côtés des États-Unis. Les deux pays ont mené, dans la nuit de mardi à mercredi, des attaques dans l'est de l'Irak contre les Forces de mobilisation populaire (FMP), une coalition de groupes armés irakiens qui englobe des factions pro-iraniennes.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué que des chasseurs américains et saoudiens avaient bombardé, dans cette région, de multiples sites logistiques et d'armement terroristes, précisant qu'il s'agit d'une réponse ferme à plus de 30 attaques de drones aériens dirigées par le Corps des Gardiens de la révolution islamique [l’armée idéologique de l’Iran] au cours des dernières 72 heures.
Selon les FMP, qui dénoncent une escalade dangereuse, au moins 20 membres de la coalition ont été tués dans ces frappes, et 32 ont été blessés.
Sans nommer explicitement les États-Unis ou l'Arabie saoudite, la présidence irakienne a condamné cette attaque inacceptable, qu'elle a qualifiée de violation flagrante de la souveraineté de l'Irak, visant ses institutions officielles.
Le président américain Donald Trump aurait pourtant déclaré à Fox News que ces frappes étaient coordonnées avec le gouvernement irakien, dans un entretien rapporté par la chaîne américaine.

Une pièce endommagée sur le site d'une frappe à Bartalla, dans la province irakienne de Ninive, le 29 juillet 2026
Photo : Getty Images / ZAID AL-OBEIDI
Le gouvernement chiite de l'Irak est l'un des seuls du monde à entretenir des liens militaires et diplomatiques à la fois avec Washington et Téhéran. Le premier ministre du pays, Ali al-Zaidi, a convoqué mercredi une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité du pays afin de discuter de ces frappes.
Le bureau du président irakien Nizar Amidi a condamné mercredi les frappes aériennes américano-saoudiennes, les qualifiant d’attaque inacceptable et de violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles de sécurité.
Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a quant à lui affirmé avoir adopté un plan de sécurité global [...] pour faire face à toute violation de la souveraineté de l'Irak et empêcher toute entité d'utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins.
De son côté, le Conseil national de sécurité irakien a également condamné ces frappes, indiquant dans un communiqué qu’elles avaient été menées alors que le gouvernement irakien était en contact avec les parties concernées pour enquêter et répondre à toutes les préoccupations soulevées par les parties saoudienne et américaine. Il a précisé qu’un certain nombre de personnes innocentes avaient été tuées et blessées.
L’Arabie saoudite avait accusé les milices irakiennes d’avoir tiré des drones contre ses installations pétrolières au cours des deux derniers jours, ce qu'a nié la coalition. Le ministère saoudien de la Défense a averti qu’il ne [cherchait] pas l’escalade, mais qu’il [répondrait] à toute agression.
Une visite en Arabie saoudite du premier ministre irakien Ali al-Zaidi, prévue jeudi, a été reportée sine die, ont déclaré deux responsables du gouvernement irakien sous le couvert de l’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’exprimer publiquement.
Trump menace de frapper fort l'Iran
Plus tôt, le Corps des Gardiens de la révolution islamique avait annoncé avoir tiré des missiles balistiques sur une base aérienne et sur le quartier général du CENTCOM en Jordanie, dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle iranienne IRNA.
L’armée jordanienne a indiqué que cinq missiles iraniens avaient été interceptés et détruits. Aucune victime ni aucun dégât n’ont été immédiatement signalés.
En réponse, le président Trump a déclaré, mercredi, dans son entretien avec Fox News, que les États-Unis allaient frapper fort l'Iran : Ils vont prendre une raclée, a-t-il déclaré.
Cette recrudescence des hostilités, après plusieurs jours de calme relatif, a accru le risque d’un retour à une guerre totale. Elle a également mis en évidence la difficulté de mettre fin à un conflit qui dure depuis cinq mois, qui a ébranlé l’économie mondiale et qui est impopulaire auprès des Américains.
Avant les derniers échanges de frappes, cette guerre s'était étendue à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.
Le gouvernement saoudien appuie militairement celui du Yémen contre les Houthis, soutenus par l'Iran.
Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir violé le blocus naval dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut du monde.
Frappes de pétroliers dans le détroit d'Ormuz
Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.
L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Un navire dans le détroit d'Ormuz, au large d'Oman, le 23 juillet 2026
Photo : Reuters / Stringer
Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.
Washington avait dit la semaine dernière vouloir laisser de la place aux négociations avec les Iraniens, en marquant une pause dans les hostilités.
Les nouvelles frappes mercredi sont survenues au lendemain de la visite à Washington du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran en février.
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, La Presse canadienne, Associated Press et BBC


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