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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayTrois mois après le rapatriement historique de leurs objets culturels ou sacrés, les Premières Nations en ont dévoilé une cinquantaine mardi, certains en public et la majorité en privé, lors d’une cérémonie empreinte de respect et pendant laquelle a été salué le retour des « ancêtres » au Musée canadien de l’histoire de Gatineau.
Devant deux boîtes recouvertes d’un drap et un parterre de chefs et de membres des Premières Nations, l’aînée Claudette Commanda a rappelé l'importance de cette journée, celle où des ancêtres sont de retour et vont être dévoilés.
Ils sont heureux et on ressent leur présence, a-t-elle indiqué lors de la prière d’ouverture.

Des artefacts provenant du Vatican et appartenant aux Premières Nations ont été dévoilés.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Finalement, ce sont cinq objets qui ont été dévoilés. Ensuite, 47 l’ont été de manière privée, sans caméras, car nombre d’entre eux, dont certains sont des objets sacrés et cérémoniels, doivent encore être identifiés, et il faut donc s’assurer que la nation à laquelle ils appartiennent accepte de les montrer. Le travail d’identification et tout le processus sont loin d’être finis.

La grande cheffe Linda Debassige dévoile les objets sacrés ou culturels.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Devant les cinq objets, dont deux, un bol et une cuillère, appartiennent à son arrière-arrière-arrière-grand-oncle, la grande cheffe de la Nation Anishnabek, Linda Debassige, n’a pas caché l’importance du moment. Son ancêtre avait signé sous le bol son nom.
Ces objets sacrés ont été retirés pendant près de sept générations, si je compte mes enfants. Ces objets représentent notre histoire, que nous avons toujours été là, et nous le serons toujours. Aujourd’hui, nous allons nous réunir pour les générations futures!
Une sorte de petit panier appartenant à la communauté d'Akwesasne, un tikinagan, porte-bébé traditionnel provenant d’une nation de l’Ontario, et une paire de gants brodés ont aussi été dévoilés.
Ces derniers avaient beaucoup attiré l’attention des membres de la délégation autochtone qui s’était rendue au Vatican en 2022. Là-bas, les gants étaient attribués à la Nation crie à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. C’est finalement à la Nation Athabasca Chipewyan de l’Alberta que ces gants vont retourner.

Une aînée pose ses mains pour la première fois sur ce tikinagan, un porte-bébé, provenant d'une nation de l'Ontario.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Le grand chef d’Akwesasne, Leonard Lazore, a partagé quelques moments d’enfance en regardant le petit panier de sa nation qui est revenu du Vatican. Il raconte avoir observé sa mère et sa grand-mère les faire. Cela faisait partie du fait d’être connecté à elle dans le cadre de quelque chose de plus grand.
Il ne s’agit pas simplement d’un objet, a-t-il lui aussi lancé. C’est notre histoire, notre lien avec notre passé. Quand les gens fabriquaient ces choses, ils y consacraient tant d’efforts.

Le grand chef d’Akwesasne, Leonard Lazore.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Parmi les 47 autres objets qui sont dévoilés en privé se trouvent, par exemple, une veste, une pièce de regalia et des objets cérémoniels. Ce ne sont pas des artefacts, mais des proches, a rappelé la cheffe de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak.
La ministre des Services aux Autochtones Mandy Gull-Masty, qui faisait partie de la délégation au Vatican en tant que grande cheffe de la nation crie, attendait ce moment. C’est un grand travail, ça fait longtemps que ce dossier est en avant des nations, du Vatican. Aujourd’hui, c’est un moment très spécial, ça va rester avec moi toute ma vie, a-t-elle dit après avoir contemplé de longues minutes chaque objet.

La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, était présente à la cérémonie de dévoilement des artefacts.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, François Verreault-Paul, s’est senti très privilégié d’assister à ce dévoilement et d’avoir une connexion spéciale avec ces objets.
Il rappelle que les prochaines étapes seront extrêmement importantes. Des experts, des historiens, des aînés et des jeunes de Premières Nations se réuniront pour s’assurer que les objets soient bien identifiés, a-t-il précisé.
Marc Miller, qui a déjà été ministre des Relations Couronne-Autochtones et qui a contribué aux efforts de rapatriement, a rappelé que le travail était loin d’être fini.
Il s’agit d’un petit pas de récupération de la culture et de l’identité qui vous a été volé. Il s’agit avant tout des prochaines générations et de la récupération des techniques, de la compréhension des éléments, protocoles qui sont si profonds dans votre spiritualité.

Marc Miller, ancien ministre des Relations Couronne-Autochtones, a participé aux efforts de rapatriement.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Il a notamment fait référence aux milliers d’objets qui sont encore dans les musées du monde entier, et le Canada doit faire partie de ce travail de rapatriement.
Il a dit avoir eu des discussions avec la ministre française de la Culture sur l’importance des objets culturels et sacrés et pourquoi et comment bien les restituer.
De nombreux autres objets sont encore dans la collection du Vatican. La cheffe se rendra en avril pour en discuter en privé avec le pape Léon XIV. Elle souhaite l’inviter à se rendre au Canada ensuite.
Les ministres Mandy Gull-Masty, Rebecca Alty et Marc Miller étaient présents, ainsi que plusieurs sénatrices, dont l’Innue Michèle Audette.

Des chefs et les ministres Mandy Gull-Masty, Rebecca Alty et Marc Miller ont assisté à la cérémonie de dévoilement des artefacts.
Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin
Il y a à peine deux semaines, les dirigeants métis ont dévoilé un modèle réduit de traîneau à chiens rapatrié dans leurs communautés après plus d'un siècle passé dans les collections du Vatican.
Fabriqué dans les années 1920 à partir de cuir, de bois et de perles de verre, ce traîneau fait partie des 62 objets rapatriés l'année dernière par le Vatican auprès des peuples autochtones après des décennies de demandes en ce sens.
Les dirigeants inuit ont eux dévoilé en décembre leurs propres objets rapatriés du Vatican. Parmi ceux-ci figurait un kayak rare fabriqué à partir de bois flotté, de peau de phoque et de tendons.
En 2022, une délégation autochtone a rencontré le pape François à Rome, un an après que la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc eut annoncé la découverte de tombes anonymes potentielles sur le site de l'ancien pensionnat indien de Kamloops, en Colombie-Britannique. La nouvelle a suscité l'indignation mondiale et une campagne nationale en faveur de la réconciliation avec les peuples autochtones.
Au cours de leur visite à Rome, les délégués ont pu voir en privé des objets détenus par l'Église, dont certains n'avaient pas été exposés au public depuis des décennies. Entre plaisir de voir ces objets et indignation de ne pas les avoir chez eux, les voix se sont élevées afin de les rapatrier. Après plus de trois ans de négociations, 62 objets ont été rapatriés début décembre 2025.
Ils faisaient partie des milliers d'objets envoyés à Rome par des missionnaires du monde entier pour une exposition organisée par le pape Pie XI en 1925.
Plus de détails suivront.


2 months ago
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