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Le repos est une arme, les Hurricanes en sont la preuve

1 week ago 8

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La tournure qu’est en train de prendre la série Canadien-Hurricanes n’est peut-être que la conséquence logique des événements des dernières semaines.

Avant de croiser les Hurricanes, le Canadien a disputé deux éreintantes séries de sept matchs. Pour leur part, les Caroliniens ont balayé les honneurs de leurs deux premiers tours éliminatoires. Non seulement ont-ils disputé six matchs de moins que le CH, ils ont aussi bénéficié d’un repos de 11 jours avant d’entreprendre la finale de l'Association de l’Est.

On savait, avant que cette série commence, que le système de jeu des Hurricanes allait causer des soucis au CH. Cette équipe est exceptionnelle, et sa façon de jouer cause des ennuis à tout le monde. Ce système consiste à imposer une pression incessante aux défenses adverses, à diriger le plus de rondelles possible vers le filet adverse et à se nourrir du chaos qui s’ensuit.

Les Hurricanes misent sur le volume plutôt que sur la qualité. Ce n’est pas joli, mais c’est efficace. Et c’est exactement ce qui se passe. Après trois matchs, ils ont tenté 242 tirs contre seulement 129 pour les hommes de Martin St-Louis.

Au cours des deux dernières rencontres (qu’elle a remportées), l’équipe de Rod Brind’Amour est parvenue à cadrer 64 tirs sur le filet de Jakub Dobes et à générer 27 chances de marquer de qualité. Pour sa part, le CH n’a cadré que 25 rondelles et n’a créé que 15 occasions de qualité.

Quand on y pense, c’est presque incroyable que ces deux matchs aient nécessité la tenue de périodes de prolongation et qu’ils se soient seulement soldés par des pointages de 3-2 en faveur des Hurricanes. Le Canadien n’a presque pas touché au disque.

Sebastian Aho, les bras en l'air, près du filet de Jakub Dobes.

Le but vainqueur des Hurricanes avait initialement été accordé à Sebastian Aho. C'est finalement Andrei Svechnikov qui en a été l'auteur.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett


Il va falloir générer plus de volume, nous sommes censés générer plus de volume, a quelques fois répété Martin St-Louis, lundi soir, lors de son point de presse d’après-match.

L’entraîneur a souligné et expliqué que ses joueurs font face à une pression soutenue de la part des Hurricanes et qu’ils doivent en conséquence prendre leurs décisions et choisir leurs options plus rapidement pour espérer générer de l’attaque. St-Louis est même allé jusqu’à dire que son équipe lui avait semblé lente à ce chapitre par moments.

La vitesse d’exécution n’avait pourtant jamais constitué un problème pour le Canadien jusqu’à présent cette saison. Quant aux Hurricanes, bien qu’ils soient les maîtres incontestés de la possession de rondelle dans la LNH et que leur système de jeu soit efficace, on ne les avait jamais vus semer autant de confusion à cause de leur vitesse. Pas contre le Canadien en tous cas.


Avant les séries, des observateurs prédisaient que les Hurricanes allaient encore piquer du nez avant d’atteindre la finale parce que leur système de jeu est trop exigeant et que leurs joueurs finissent immanquablement par manquer d’énergie en fin de parcours. Souvenez-vous, sous les commandes de Rod Brind’Amour, leur fiche au troisième tour était de 1-13 avant les deux derniers matchs.

Maintenant que le manque de synchronisme découlant de leur long congé a été secoué, on assiste au contraire. Débordants d’énergie, les Hurricanes font face à une équipe incapable de soutenir leur rythme et qui multiplie revirements et mauvaises décisions. Martin St-Louis a raison, ça va juste trop vite.

Quand il dirigeait les Sénateurs d’Ottawa, Guy Boucher faisait sourire bien des gens en répétant ad nauseam que le repos est une arme.

Le repos est peut-être une arme un peu plus discrète quand elle prend la forme d’un congé supplémentaire ici et là durant le calendrier. Mais quand vous permettez à une équipe de profiter de la plus longue pause de l’histoire des séries éliminatoires à un moment de l’année où toutes les autres formations pompent l’huile physiquement et mentalement, ça donne ce à quoi on assiste maintenant. C’est un bulldozer.

L’exécution du Canadien fait défaut parce que ses joueurs ont toujours un adversaire qui leur souffle dans le cou. Mais elle fait aussi défaut tout court. Plusieurs de ses joueurs redonnent la rondelle à l’adversaire sur des jeux de routine. Et les mauvaises décisions se multiplient.

Un joueur des Hurricanes de la Caroline, vêtu d'un chandail blanc et arborant le numéro 28, le maintient immobilisé contre la vitre protectrice.

Le défenseur du Canadien Kaiden Guhle est plaqué contre la bande par William Carrier, des Hurricanes.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Par moments, on aurait dit lundi que Kaiden Guhle ne savait plus jouer durant la deuxième portion du match. Et le revirement qu’a commis Lane Hutson en sortie de territoire juste avant le but gagnant des Hurricanes? En temps normal, le quart-arrière du CH réussit cette passe les yeux fermés, en sifflotant.

Et il est difficile d’imaginer comment Martin St-Louis, dont les adjoints avaient passé beaucoup de temps à décortiquer le jeu des Hurricanes avant la série, pourra trouver des ajustements tactiques permettant de biffer cet avantage invisible dont jouit l’adversaire.


Même si les Hurricanes ne détiennent qu’un avantage de 2-1 dans la série, le Canadien fait maintenant face à un défi considérable.

Les hommes de Martin St-Louis viennent de perdre deux matchs de suite pour la première fois depuis le 15 mars. Pour espérer remporter la série, ils devront donc battre les Hurricanes deux fois de suite d’ici la fin de la série. Et les hommes de Rod Brind’Amour, eux, n’ont pas perdu deux matchs de suite depuis… le 13 janvier.

Les Hurricanes ont par ailleurs remporté tous leurs cinq matchs sur la route depuis le début du tournoi printanier.

Et pour les éliminer, le CH devra sans doute les dominer à 5 contre 5, parce que les Hurricanes présentent en ce moment la 2e unité de désavantage numérique de l’histoire des séries (parmi les équipes ayant au moins atteint le troisième tour), avec un taux de succès de 93,5 %.

C’est toute une commande.

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