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Le projet du Terminal 2 à Roberts Bank désigné d’intérêt national

4 hours ago 9

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Le gouvernement fédéral inscrit le projet de Terminal 2 à Roberts Bank (T2RB), en Colombie-Britannique, sur la liste des projets d’intérêt national. Ottawa compte ainsi sur ce projet pour atteindre son objectif de doublement des exportations du Canada en dehors des marchés américains d’ici 2035.

Steven MacKinnon, ministre canadien des Transports, en a fait l’annonce vendredi midi à Delta, au sud de Vancouver, à proximité de la frontière américaine.

La désignation faciliterait, selon le fédéral, une entrée en service commerciale plus rapide des trois postes de mouillage du projet d'agrandissement du terminal de conteneurs. Cela doit ainsi permettre d'achever le projet au plus tôt en 2035, au lieu de 2039.

Il s’agit du deuxième projet à obtenir ce titre en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada. Le projet de pipeline vers la côte Ouest, Pacific Link, l’a eu au début du mois.

Le tracé de 1250 km de l’oléoduc pourrait d'ailleurs aboutir à Roberts Bank, avec comme point de départ Bruderheim, en Alberta.

Carte du tracé du futur pipeline qui relierait l'Alberta à la Colombie-Britannique.

Le nouveau projet de pipeline prévoit de suivre le même corridor que le pipeline existant Trans Mountain, mais aboutirait plus au sud.

Photo : Radio-Canada

Il s'agit de deux projets bien distincts, nuance toutefois Steven MacKinnon. Le [T2RB], que l'on annonce aujourd'hui, évidemment, a suivi une longue, longue période de planification, de consultation, et j'en passe. L'oléoduc [Pacific Link] suivra beaucoup du travail qui aura été fait pour [T2RB].

Ils existent à côté, et à part, non seulement physiquement, mais sur le plan réglementaire et autres , ajoute le ministre fédéral des Transports.

Augmenter la capacité de manutention

Une fois le projet terminé, les terminaux de conteneurs maritimes du projet T2RB augmenteraient la capacité annuelle de manutention du port de Vancouver d'environ 50 %, soit de 2,4 millions de conteneurs.

Cette hausse permettrait aux entreprises d'acheminer ou d'échanger des marchandises d'une valeur pouvant atteindre 100 milliards de dollars chaque année. Elle ajouterait aussi 3 milliards de dollars au produit intérieur brut canadien par an, selon Ottawa.

Le fédéral promet une réduction du coût d’importation des conteneurs de 25 % et une accélération de 17 % du temps de livraison de marchandises entre Vancouver et Toronto grâce à la combinaison de ce projet et d’autres investissements dans les chaînes d’approvisionnement.

Le premier ministre désigné de la Colombie-Britannique, Lorne Doerkson, salue cette avancée. Il juge le développement de ce projet crucial pour prévenir la congestion du Port de Vancouver, anticipée dans les années 2030.

Le [T2RB] consiste à préparer l'avenir plutôt qu'à y réagir.

Infographie de l’expansion du port de conteneurs maritimes de Roberts Bank, à Delta. Le terminal existant est représenté en arrière-plan, et le futur Terminal 2 en avant-plan.

Infographie de l’expansion du port de conteneurs maritimes de Roberts Bank, à Delta. Le terminal existant est représenté en arrière-plan, et le futur Terminal 2 en avant-plan.

Photo : Administration portuaire Vancouver-Fraser

D’après le gouvernement canadien, le coût estimé en capital du projet T2RB est de 5,9 milliards de dollars, mais la décision finale concernant cet investissement est prévue pour mai 2027.

L’Administration portuaire Vancouver-Fraser pilotera les travaux menés par TerraMarine, un groupe choisi lors d’une procédure d’appel d’offres

Craintes environnementales

Un des groupes environnementaux opposés à cette expansion du port de Vancouver (nouvelle fenêtre), la Raincoast Conservation Foundation, craint de voir des années d’évaluation environnementale être réduites à néant en raison de la nouvelle désignation.

D’après l’organisme, ce statut permettrait de contourner l’obligation d’obtenir un permis délivré par Pêches et Océans Canada (MPO) en vertu de la Loi sur les espèces en péril afin de procéder à des travaux dans une partie de l’habitat des épaulards résidents du Sud.

L'organisme juge cette situation particulièrement préoccupante, car la Loi sur les espèces en péril agit comme garde-fou juridique en stipulant qu’un projet ne doit pas compromettre la survie ou le rétablissement d’une espèce.

Le projet n’aurait pas reçu le feu vert du MPO, car il accroît la probabilité d’extinction des épaulards résidents du Sud, affirme à ce sujet la directrice du programme sur le saumon sauvage à la Raincoast Conservation Foundation, Misty MacDuffee.

Dans son dernier recensement, le Center for Whale Research dénombrait 74 individus au sein de la population des épaulards résidents du Sud.

Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, réitère pour sa part la volonté du Canada de respecter les exigences environnementales actuelles pour protéger la vie marine.

Un nouveau fonds pour les technologies de navires silencieux est d’ailleurs mis sur pied par son gouvernement dans cette optique.

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