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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe 7 mai 2025, une opération inusitée et complexe s’organise à Saint-Édouard-de-Maskinongé, un petit village reculé de la Mauricie. L’organisme international Humane World for Animals Canada intervient en urgence pour évacuer sept lions abandonnés depuis la faillite du Zoo Animalia, aménagé dans les installations de l’ancien Zoo de Saint-Édouard.
Alors que le syndic avait liquidé l'ensemble des pensionnaires du zoo au printemps 2024, ces lions étaient restés derrière, à la suite de l'échec d'une transaction avec un acheteur américain.
Nourris par un ancien employé resté fidèle au poste après la faillite, les lions poireautent alors depuis presque deux ans dans le zoo devenu fantôme.
Mais voilà que le temps presse parce que Normand Trahan, propriétaire du terrain qui a exploité le Zoo de Saint-Édouard pendant 30 ans, s’impatiente. La présence des grands félins bloque la vente de son terrain et il menace de les faire euthanasier.

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Des images des lions captées par Humane World for Animals dans les installations du site de Saint-Édouard-de-Maskinongé juste avant de commencer leur évacuation le 7 mai 2025.
Photo : Radio-Canada / Humane World for Animals Canada
Quand je suis entrée dans ce soi-disant centre où ces lions étaient enfermés, j’ai été complètement bouleversée par leurs conditions de vie. Les enclos étaient minuscules, sombres. Et les odeurs étaient si fortes qu’on respirait à peine, se désole Rebecca Aldworth, directrice générale de Humane World for Animals Canada.
L'opération laisse une impression de déjà-vu à Humane World for Animals, anciennement Humane Society International (HSI), un organisme international dédié à la protection des animaux, dont les actions sont principalement financées par des dons de particuliers.
L'équipe de Rebecca Aldworth intervient exactement au même endroit où, en 2019, elle avait prêté main-forte à la SPCA lors de la saisie historique de 250 animaux ayant mené à la fermeture de l'ancien Zoo de Saint-Édouard et à l'arrestation de son propriétaire, Normand Trahan, qui a plaidé coupable en 2021 à des infractions pénales.
On a été extrêmement choqués!, nous confie Ewa Demianowicz, directrice de programme, Humane World for Animals Canada. Ça a été une onde de choc dans l'organisme, autant ici au Canada qu'aux États-Unis. Les lions provenaient [...] des mêmes installations qu'on avait, dans nos têtes, fermées et qui étaient chose du passé.
L'opération de sauvetage est complexe et délicate. Un à un, les lions sont endormis par une équipe de vétérinaires, transférés dans des cages de transport sur roulettes, puis embarqués dans une longue remorque qui les mènera bien loin de Saint-Édouard-de-Maskinongé.

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Une équipe s’active pour sortir les lions des installations de l’ancien zoo pour les transférer dans une remorque.
Photo : Humane World for Animals Canada
Le départ sera autorisé seulement lorsque tous les lions seront réveillés et stabilisés.
On a vraiment coordonné de A à Z cette espèce de projet de sortir les animaux du zoo, puis de leur trouver une destination finale où ils allaient pouvoir avoir une vie qui répond à leurs besoins, explique Ewa Demianowicz.
Parmi ces grands félins, il y a Thor, le doyen du groupe. Son parcours illustre parfaitement la dérive de l'industrie.
Né en Ontario en 2017, Thor a d'abord été saisi chez Mark Drysdale, un propriétaire de grands félins déjà bien connu des autorités de la province. Il a ensuite été confié au Zoo Papanack, avant qu'il ne soit vendu au Zoo Animalia de Saint-Édouard. Abandonné à la suite de la faillite, Thor doit maintenant reprendre la route.
Depuis sa naissance, ce lion, ballotté de zoo amateur en zoo amateur, aura parcouru plus de 3200 kilomètres et connu cinq maisons différentes.
Carl, Kim et Kiwi forment, eux, un trio dont le début de vie illustre un modèle d’affaires dénoncé par plusieurs acteurs du milieu.

Carl, Kim et Kiwi peu après leur arrivée au Zoo Animalia, à Saint-Édouard-de-Maskinongé
Photo : Gracieuseté : Émilie Gaudry
Ils sont nés en juin 2020 au Zoo de Falardeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où les bébés félins sont offerts aux visiteurs pour des séances de caresses et de biberonnage pendant plusieurs mois. Ils sont ensuite vendus au Zoo Animalia de Saint-Édouard-de-Maskinongé en 2021, où ils ont été abandonnés à la suite de la faillite.
L’arrivée de l’organisme de sauvetage animalier leur donne enfin l’occasion d’une meilleure vie.
Un autre trio, Nirvana, Scar et Mufasa, illustre bien la circulation commerciale des animaux exotiques entre les provinces.
Nés au Zoo Papanack en Ontario, ils ont eux aussi été vendus au Zoo Animalia, puis transportés au Québec en 2022. Ils n'auront profité de leurs nouvelles installations qu'une seule année avant la fermeture définitive d’Animalia, allongeant la liste des bêtes laissées derrière les barreaux.

Nirvana, Scar et Mufasa sont arrivés au Zoo Animalia en 2022.
Photo : Facebook Zoo Animalia
Faute d'installations adéquates au Canada pour accueillir autant de fauves de façon permanente, les sept lions doivent prendre la route de l’Ontario pour un séjour temporaire à l'Aspen Valley Wildlife Sanctuary, en attendant l’obtention des permis nécessaires pour les transporter vers leur ultime demeure aux États-Unis.
Ils seront répartis dans deux sanctuaires en Arkansas et au Minnesota certifiés par la Global Federation of Animal Sanctuaries (GFAS), une organisation internationale dont le programme d’accréditation garantit les plus hauts standards d’éthique et de soins.
Cette intervention a aussi été coûteuse pour Humane World for Animals, puisqu’elle a nécessité la construction d’enclos spécialisés pour leur séjour temporaire en Ontario, et ce, en plein hiver, dans un délai extrêmement serré.
Si on avait pu les envoyer aux États-Unis immédiatement ou si on avait pu les envoyer dans des installations qui existaient, ça aurait beaucoup simplifié l'opération. Mais là, il fallait rallonger leur temps dans les installations où ils étaient [à Saint-Édouard-de-Maskinongé] pour avoir le temps de construire le lieu qui allait les accueillir, explique Ewa Demianowicz.

Thor et Nirvana dans la remorque qui les mènera loin de Saint-Édouard-de-Maskinongé.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard
Les organismes de défense des animaux, comme Humane World for Animals et la SPCA de Montréal, comprennent difficilement que l’histoire ait pu se répéter sur le site de Saint-Édouard-de-Maskinongé.
La première chose qui aurait dû être faite après cette première opération [la saisie de la SPCA en 2019], c'est des règlements qui font en sorte qu'on ne peut plus revoir ce genre de place, puis qu’on n'ait pas le besoin de refaire un genre d'opération similaire, fait valoir Ewa Demianowicz de Humane World for Animals Canada. C'est mauvais pour la réputation du Québec d'avoir besoin d'interventions d'organismes internationaux qui viennent aider à régler ce problème.
La directrice générale, Rebecca Aldworth, n’est pas plus tendre dans ses propos. Je pense que le gouvernement du Québec considère que le problème est réglé, déplore-t-elle. Simplement parce que nous l'avons sorti du Québec pour l'envoyer en Ontario. C’est la politique du loin des yeux, loin du cœur.
Mme Aldworth réclame une rencontre avec les gens du ministère de la Faune pour leur remettre le problème sous le nez et s'assurer que ce zoo n'ait aucune chance de se réinstaller.

Rebecca Aldworth est directrice générale de Humane World for Animals Canada.
Photo : Radio-Canada
Le fléau du greenwashing animalier
Plusieurs acteurs du milieu estiment que les dérives actuelles découlent de la refonte réglementaire du ministère de la Faune survenue en 2018. L’objectif annoncé était de resserrer les règles, mais cette réforme semble finalement avoir ouvert la porte à encore plus de zoologistes amateurs.
Des animaux sauvages exotiques comme le mara, le kinkajou et le fennec peuvent désormais être acquis par quiconque sans permis, alors qu’auparavant, il fallait être détenteur d’un permis de jardin zoologique pour les adopter.
Émilie Ferland, copropriétaire du réputé Miller Zoo, en Beauce, s’inquiète de cette tendance. Elle constate que le public achète ces animaux en pensant, à tort, qu’ils sont aussi faciles à gérer qu’un chat, un chien ou un lapin. Elle craint une vague d’abandons massifs dans des refuges débordant déjà d’animaux domestiques.
Plusieurs observent d’ailleurs que cette facilité à acquérir tant d’espèces exotiques a encouragé la prolifération de zoos tenus par des zoologistes autoproclamés, et présentés comme des refuges ou des sanctuaires.

Un jeune fennec tenu par un exposant lors du Salon des animaux exotiques de Saguenay, en avril 2025. Ces petits canidés du désert comptent parmi les principales attractions de l'événement.
Photo : Radio-Canada
Bref, une façon, parfois, de se donner une image positive auprès du public pour mieux masquer des visées financières.
Il y a de plus en plus de places qui vont dire : "Ah, on est un sanctuaire, on est un refuge" [...] en guise de greenwashing, constate la vétérinaire Emiko Wong, scientifique principale pour la conservation au Biodôme de Montréal.
La vétérinaire observe que ce genre d’entreprises se multiplient discrètement dans des lieux isolés.
L’exploitation sous couvert de protection animale
L’une des dérives les plus préoccupantes de la multiplication de ces établissements est l’exploitation de la reproduction animale pour attirer des visiteurs.
Le stratagème est simple : prétendre qu’un nouveau-né a été rejeté par sa mère à la naissance pour justifier son retrait de l’enclos familial. Une fois séparé de sa mère, il peut être présenté au public, qui est invité à le caresser et à le nourrir au biberon, des interactions qui seraient autrement interdites.
Devant la quasi-impossibilité pour les gens du ministère de la Faune de prouver la simulation d’un rejet maternel, les propriétaires d’institutions malintentionnés peuvent contourner la règle facilement.
Une fois adultes, ces animaux représentent souvent des surplus pour ces établissements qui n’ont pas l’espace pour en garder autant. Ils doivent alors s’en départir, par exemple en les vendant à d’autres zoologistes amateurs ou les abattre pour les vendre à des taxidermistes.
Pour Émilie Ferland du Zoo Miller, cette façon de faire pour attirer de la clientèle est purement motivée par l’appât du gain, ce qui représente à ses yeux un manque d’éthique. Je ne dis pas que la reproduction c'est mal, bien au contraire, mais il y a une façon éthique de le faire, précise-t-elle.
Émilie Ferland et Clifford Miller racontent qu’ils ont refusé d’exploiter leur première lionne, Nala, pour attirer des visiteurs avec des lionceaux. La tentation était là parce que la demande était là, se souvient Émilie. Puis on était dans nos années où c'était hyper difficile financièrement.
Ils ont choisi de prioriser le bien-être de l’animal, refusant de céder à la tentation financière.

Dre Emiko Wong, vétérinaire et scientifique principale pour la conservation au Biodôme de Montréal
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard
Le contraste des meilleures pratiques
Un immense fossé sépare les zoos amateurs des institutions accréditées par Aquariums et Zoos accrédités du Canada (AZAC) ou l’Association des zoos et aquariums (AZA). Au Québec, seuls sept établissements sur 40 détiennent une accréditation reconnue, en plus du permis gouvernemental de base.
Le Biodôme de Montréal, doublement accrédité (AZAC et AZA), illustre bien ces hauts standards : respect des besoins des espèces qui vivent en groupe, obligation d’avoir des pompes de rechange pour les bassins en cas de bris, logiciel de gestion animalière centralisé avec les autres établissements accrédités, etc.
C'est un sceau de qualité, explique Emiko Wong, qui mentionne que les établissements sont inspectés systématiquement tous les cinq ans. Ça nous permet de dire : voici la preuve qu'on fait tout dans nos moyens pour les plus hauts standards en matière de bien-être animal.
Dès qu'un animal entre dans un établissement accrédité comme le Biodôme, on lui attribue un numéro et on ouvre un dossier médical informatisé détaillé qui le suit toute sa vie. De plus, lorsqu’un décès survient, une nécropsie – autopsie pratiquée spécifiquement sur les animaux – est effectuée pour comprendre la cause.
Et même si c'est la vieillesse, il va y avoir une nécropsie complète qui va être effectuée par l'équipe de la clinique vétérinaire, explique la Dre Emiko Wong.
Le contraste est frappant avec certains zoos amateurs où des cas de négligence surviennent, comme à l’ancien Zoo de Saint-Édouard, en 2018, où des lémurs ont été laissés avec les pattes nécrosées par des engelures sans recevoir de soins. Malgré des cas de négligence documentés depuis des années par le ministère de la Faune, le permis pour exploiter le zoo était renouvelé année après année.
Les propriétaires du Miller Zoo veulent d’ailleurs se dissocier de cette catégorie de zoos amateurs. Bien qu'ils bénéficient déjà d'une grande notoriété grâce à l’émission de télévision qui les a fait connaître du grand public, Un zoo pas comme les autres, ils ont décidé d'entamer le processus pour obtenir l'accréditation de l'AZAC.
Même si ces démarches sont exigeantes et coûteuses, le couple juge cette étape nécessaire.
Nous, on veut vraiment refaire l'image des institutions zoologiques. On veut vraiment que les institutions zoologiques soient des lieux de conservation, de sensibilisation, d'aide pour les animaux. On ne veut plus que ce soit : on va au zoo, on va voir des animaux, puis c'est un parc d'attraction, souligne Émilie Ferland.

Émilie Ferland et Clifford Miller sont les propriétaires du Miller Zoo, situé en Beauce.
Photo : Radio-Canada
L'illusion de la conformité
Obtenir un permis du ministère de la Faune pour garder des animaux sauvages en captivité et ouvrir les portes au public est étonnamment simple.
Il suffit de fournir au ministère un plan des infrastructures répondant aux critères pour les espèces que l’on veut accueillir, une entente signée par un vétérinaire ou un technicien en santé animale selon le type de permis, une preuve d'expérience pertinente et un registre annuel d’animaux
Si tu veux partir de quoi d'une moyenne envergure et que tu as un peu d'argent, c'est facile, nous confie Clifford Miller.
En 13 ans d'activité, le propriétaire du Miller Zoo affirme que les inspecteurs n'ont jamais examiné ses plans alimentaires ni validé ses soins vétérinaires. Ils vérifient seulement les installations physiques.
Un constat partagé par la Dre Emiko Wong, du Biodôme de Montréal. Si elle salue l'évolution de la réglementation vers de meilleures normes de garde, elle déplore l'incapacité du ministère à les faire respecter, montrant du doigt le manque de ressources sur le terrain.
Le ministère rejette les critiques
Le ministère de la Faune a refusé notre demande d’entrevue avec un biologiste que nous savions bien au fait du dossier. Un relationniste du ministère mandaté pour répondre à nos questions, Daniel Labonté, balaie les critiques du revers de la main et défend un bilan qu’il juge exemplaire.
Lors de notre entretien, il a soutenu que le Québec possède, avec l'Alberta, la réglementation la plus sévère au pays. Il avance aussi que les règles provinciales au Québec sont plus strictes que celles de certains organismes d’accréditation, sans toutefois être en mesure de donner d’exemples concrets.
En réplique aux acteurs du milieu qui dénoncent une prolifération alarmante de zoos amateurs, le porte-parole s'appuie sur une baisse de 13 % des permis délivrés depuis 2019, affirmant que la réforme a eu un effet dissuasif.
Or, cela ne tient pas compte du fait qu’il est impossible de comparer les données d'avant et d'après la réforme, puisque plusieurs animaux exotiques ont simplement été retirés de la liste des espèces nécessitant un permis.
Enfin, pour justifier l'absence de sanctions sévères dans certains cas, le relationniste invoque le principe de gradation. La priorité du ministère, nous dit-on, n'est pas de punir ou de révoquer immédiatement les permis, mais d'accompagner les contrevenants en leur laissant le temps de se conformer aux règles.

Le lion blanc Thor a été transporté au Turpentine Creek Wildlife Refuge, en Arkansas, sa cinquième et dernière maison, à l’automne 2025.
Photo : Facebook Turpentine Creek Wildlife Refuge
Vers des solutions : le fossé avec les États-Unis
Moi, je pense qu'il faut resserrer la vis encore, affirme sans détour Clifford Miller. Sans quoi, les dérives de l'amateurisme et les scandales comme celui de l’ancien Zoo de Saint-Édouard sont condamnés à se répéter, selon lui.
Convaincu que le ministère de la Faune sera agacé par sa prise de parole, Clifford Miller espère que ses propos seront vus comme étant constructifs. C'est pas une critique, c'est juste qu'on est dedans, on est dans le milieu, puis on le voit plus qu'eux, ce qui se passe, probablement.
Pour leur part, la SPCA et Humane World for Animals réclament un moratoire sur les nouveaux permis au Québec en attendant une révision en profondeur de la réglementation. Les deux organismes estiment qu’une prochaine réforme doit prévoir un resserrement important des critères pour l’obtention de ce genre de permis, comme l'interdiction des interactions avec le public, la présence d’un vétérinaire à temps plein sur le site, l’interdiction de l'euthanasie des animaux en surplus et l’obligation d’avoir un plan rigoureux en cas de fermeture.
Selon Sophie Gaillard de la SPCA, il faut agir pour éviter que des individus à la Tiger King ne continuent d'opérer au Québec. Tiger King est une série documentaire qui a marqué les esprits ces dernières années en révélant les coulisses des zoos privés américains.
L’exemple à suivre semble d’ailleurs se trouver chez nos voisins du sud. L’indignation mondiale suscitée par cette série a poussé les États-Unis à adopter le Big Cat Public Safety Act en 2022, une loi fédérale bannissant la possession de grands félins par des particuliers et les contacts avec le public, sous peine de prison.
C'est d'ailleurs cette loi américaine qui a empêché que les lions abandonnés du Zoo Animalia soient vendus à un particulier aux États-Unis.

Laurie Vanderwal, conservatrice adjointe au Turpentine Creek Wildlife Refuge, a participé au sauvetage des sept lions du site de Saint-Édouard-de-Maskinongé vers l’Ontario pour leur séjour temporaire.
Photo : Radio-Canada
Rencontrée en mai 2025 lors du sauvetage des sept lions, une conservatrice adjointe de l’un des sanctuaires américains qui ont accepté d’accueillir les lions de façon permanente nous raconte que l’adoption du Big Cat Public Safety Act en 2022 est aussi l’aboutissement de nombreuses années de combat.
Je travaille dans ce refuge depuis 1998 et nous nous sommes battus pour ça pendant toutes ces années. Nous savions que les choses devaient changer, nous explique alors Laurie Vanderwal, conservatrice adjointe au Turpentine Creek Wildlife Refuge en Arkansas.
Et c’est la même chose au Canada : il faut plus de lois, interdire la possession privée et renforcer les contrôles dans les lieux qui ne s'occupent pas bien des animaux, pour s'assurer qu'ils soient surveillés et que, si les choses ne sont pas faites correctement, on intervienne.
Sauvés in extremis par Humane World for Animals, les lions du Zoo Animalia ont finalement pu franchir la frontière américaine au cours des derniers mois, mais cette saga a laissé des traces.
Ce sauvetage a eu son lot d’imprévus : la naissance inattendue de trois lionceaux en cours de route et puis la mort d’une des mères après l’accouchement. Une fin tragique qui rappelle la vulnérabilité de ces bêtes, victimes collatérales de plusieurs années de reproduction amateure.
Même si la fin est plus heureuse pour la majorité d’entre eux, leur histoire illustre à elle seule le fossé réglementaire immense qui sépare désormais le Canada et les États-Unis.

Nirvana et ses deux lionceaux, Reggie et Archie, sont arrivés au Turpentine Creek Wildlife Refuge à l’automne 2025.
Photo : Facebook Turpentine Creek Wildlife Refuge


3 months ago
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