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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa ministre fédérale de l'Emploi, Patty Hajdu, confirme que le gouvernement fédéral prévoit de modifier le Code du travail. Le milieu syndical craint que le projet de loi limite son droit de déclencher des grèves.
Mme Hajdu a donné peu de détails sur le projet de loi, samedi. Elle a toutefois souligné qu'il aura, avant tout, comme objectif de réduire les interventions des gouvernements dans les conflits de travail.
De son côté, le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré que le projet de loi visait à faciliter l’atteinte d’une entente collective, et à rendre le processus plus simple et moins dramatique.
Il a aussi promis que le droit à déclencher des grèves ne serait pas affecté.
Les syndicats sur leurs gardes
Le milieu syndical ne l’entend pourtant pas de la même oreille.
On craint que le gouvernement Carney ait acheté le narratif des entreprises selon lequel le pays croule sous le poids de grèves répétées, affirme le directeur des affaires publiques du syndicat Teamsters Canada, Christopher Monette, en entrevue avec Radio-Canada.
L’article 107 du Code du travail est au centre de ces préoccupations. Cet article permet au ministre de l’Emploi d'ordonner au Conseil des relations industrielles de mettre fin à une grève ou à un lock-out et de prendre en charge l'arbitrage exécutoire lors d'un conflit de travail.
Critiqué dans le milieu syndical et patronal, cet article pourrait être modifié par le projet de loi des libéraux.
M. Monette s'inquiète qu'il devienne impossible pour les syndicats de contester le recours à cet article devant les tribunaux.
Il craint également de voir le gouvernement fédéral s’inspirer du modèle américain et de mettre en place de longues périodes de médiation qu’il compare à des interdictions de grèves déguisées.
Selon l’American Arbitration Association, la durée médiane de son processus de médiation est de 17 mois.
Un faux problème
Pour M. Monette, avec ce projet de loi, le gouvernement Carney pourrait vouloir s'attaquer à un faux problème. Selon lui, 95 % des conventions collectives à travers le pays sont réglées sans conflit de travail.
De son côté, la présidente du Congrès du Travail du Canada, Bea Bruske, affirme que le droit de grève relève de l'intérêt national.
Selon elle, la sécurité économique du Canada dépend du pouvoir des travailleurs de négocier un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail et une sécurité d'emploi. Toute nouvelle loi visant à empêcher une grève légale, même avant son déclenchement, affaiblirait ce pouvoir. Le Canada a besoin de travailleurs qui lèvent le poing, qui n'ont pas les mains attachées, insiste-t-elle.
Malgré ses inquiétudes vis-à-vis du projet de loi, Christopher Monette salue des gestes concrets du gouvernement Carney pour développer l'économie du Canada.
Il demande toutefois aux libéraux de ne pas oublier les droits des travailleurs.
On a besoin des outils pour faire en sorte que les travailleuses et les travailleurs puissent bénéficier eux-mêmes du progrès économique que le Canada compte faire et non pas être laissés pour compte. C'est ça l'enjeu. À quoi bon grossir l'économie si les gens normaux comme vous et moi ne peuvent pas en bénéficier?
Avec les informations de Laurence Martin et de La Presse canadienne


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