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Le Front commun pour les arts veut que Québec consacre 3 % de son budget à la culture

20 hours ago 1

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Le Front commun pour les arts a dévoilé mercredi ses quatre priorités stratégiques en culture pour la campagne électorale provinciale. À l’instar de Culture Montréal la semaine dernière, le Front commun demande notamment que la part du budget du Québec consacré aux arts soit portée à 3 %.

Nous savons que c’est une demande ambitieuse, hors norme. Mais je pense qu'on fait face à une conjoncture qui est aussi hors norme et ça prend une réponse qui est à la hauteur des défis, explique Julie-Anne Richard, directrice générale de l'Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU) et porte-parole du Front commun, qui regroupe 35 organismes et syndicats culturels dans la province.

Cette conjoncture, c’est notamment celle de la guerre commerciale et culturelle menée par les États-Unis, [qui] fait peser un risque réel sur l’économie et la culture québécoise, détaille le Front commun dans un communiqué.

Notre culture est le cœur de notre identité et notre bouclier national. Dans ce climat de tensions commerciales, cibler un objectif de 3 % du budget et des investissements majeurs dans nos arts et notre culture n'est pas un luxe, c'est un acte fondamental pour garantir la souveraineté culturelle du Québec.

Le regroupement rappelle que le budget du ministère de la Culture et des Communications, qui est d’environ 2,05 milliards de dollars, ne représente actuellement que 1,28 % des dépenses de portefeuilles de l’État, le situant au 12e rang des dépenses gouvernementales.

Le 3 % est une cible qu’on aimerait voir se déployer sur plusieurs années. C’est un peu le prix collectif à payer pour demeurer nous-mêmes, culturellement, ajoute Julie-Anne Richard.

Julie-Anne Richard sourit.

Julie-Anne Richard est à la tête de RIDEAU, qui représente des salles de spectacles pluridisciplinaires.

Photo : RIDEAU

Le Front commun invite aussi le prochain gouvernement à actualiser la politique culturelle Partout, la culture, adoptée en 2018 sous Philippe Couillard.

On a changé de paradigme. Il y a 10 ans, l’intelligence artificielle n’existait même pas, on n’était pas non plus victimes de cet enracinement profond de la consommation des produits culturels en ligne. Il y a tellement de choses qui ont changé. Donc, il faut actualiser cette politique, explique Julie-Anne Richard.

Rétablir les enveloppes protégées pour les livres et les sorties scolaires

La deuxième priorité du Front commun pour les arts est de garantir l’accès aux arts et à la culture pour la jeunesse. Cela passe notamment par le rétablissement des protections des règles budgétaires liées à l'achat de livres, aux sorties scolaires et au programme La culture à l'école.

Si les enveloppes des sorties scolaires et du programme La culture à l’école ont été maintenues dans le dernier budget déposé par le ministre Girard au printemps, elles ne sont plus spécifiquement protégées depuis que la ministre de l’Éducation a procédé à un grand ménage des règles budgétaires pour accorder plus de flexibilité aux centres de services scolaires.

Comme l’enveloppe réservée à l’achat de livres, elles ont été fusionnées avec plusieurs autres dans une grande enveloppe appelée Projets pédagogiques particuliers, activités sportives, culturelles et sociales.

L'argent est mobile, donc une école pourrait dire : j’ai assez de livres neufs, donc on va prendre cet argent-là pour acheter des ballons. Avant, ce n’était pas possible, il y avait des enveloppes consacrées obligatoirement à la culture, illustre Julie-Anne Richard.

Ça semble être une technicalité, mais [ces protections] demeurent très importantes pour le secteur culturel, affirme-t-elle, ajoutant que certaines écoles du Bas-Saint-Laurent auraient déjà réduit leur financement pour les sorties scolaires.

Pérenniser le financement du CALQ

Le Front commun pour les arts demande aussi au futur gouvernement de consolider la base des crédits du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) à 200 millions de dollars par année.

En mars 2025, le milieu culturel avait eu gain de cause dans ce dossier lorsque le gouvernement Legault avait annoncé une hausse du financement du CALQ à 200 millions de dollars par année, sur trois ans, de 2025-2026 à 2027-2028.

De cette somme, environ 165 millions $ avaient été pérennisés. Le Front commun souhaite maintenant que l’ensemble des 200 millions $ octroyés au CALQ soient rendus permanents. Ça va éviter au CALQ de devoir négocier chaque fois avec le Trésor et les Finances pour maintenir ces sommes-là, résume Julie-Anne Richard.

Finalement, le Front commun pour les arts demande aux partis politiques de viser une véritable protection sociale pour les artistes et les travailleurs de la culture, notamment en soutenant financièrement les travaux du Chantier sur le filet social en culture et en évaluant en profondeur la Loi sur le statut professionnel des artistes.

Il faut changer de paradigme : la culture ne peut plus être gérée comme un simple portefeuille sectoriel isolé, soumis aux aléas des arbitrages budgétaires, conclut le Front commun pour les arts, qui prendra part le 9 septembre à un débat sur la culture à HEC Montréal avec quatre des partis provinciaux.

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