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Le Canadien sous la loupe statistique

2 months ago 12

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Nous avons pensé profiter de la journée de congé du Canadien, jeudi, pour porter à votre attention des éléments statistiques dignes d’intérêt.

Cela ne raconte pas toute l’histoire, mais cette abondance de chiffres apportera peut-être un éclairage différent sur certaines réalités entourant l’équipe.

À la poursuite de Robinson

Lane Hutson vient d’égaler son total de 66 points établi à sa saison recrue, et il lui reste encore beaucoup de temps pour partir à la pêche au gros poisson.

En fait, la cible qu’il pourrait se fixer s’il pensait de cette façon (ce qui n’est pas le cas), ce serait de viser le record de Larry Robinson pour le plus grand nombre de points en une saison par un défenseur du Canadien.

En 1976-1977, Big Bird avait inscrit 85 points, en plus d’afficher un différentiel de +120, un record d’équipe qui n’est pas près d’être battu.

Avec sa cadence actuelle, Hutson terminerait la saison à 84 points. Ce record est donc à sa portée, pour peu que le fait de retourner du côté droit ne s’accompagne pas d’une baisse de production.

La production offensive de Matheson

Après avoir été relégué à la deuxième unité d’avantage numérique l’an dernier, Mike Matheson ne voit plus du tout d’action sur le jeu de puissance cette année. Abstraction faite de ce changement de mandat, sa production est quand même au rendez-vous.

Il n’est pas question de Larry Robinson ici, mais Matheson a récolté jusqu’à maintenant 31 points à 5 contre 5. Il n’est qu’à un point d’égaler son sommet personnel, établi en 2023-2024. Et c’est d’autant plus admirable qu’il produit en étant le joueur qui commence le plus de présences en zone défensive depuis le début de la saison.

Un joueur pourchasse la rondelle tout comme deux adversaires.

Jake Evans a raté 13 matchs plus tôt cette saison.

Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte

Evans et l’infériorité à l’étranger

Jake Evans a raté 13 matchs entre la fin décembre et le début janvier. Avant sa blessure, le désavantage numérique du Canadien n’était pas transcendant et pointait au 24e rang de la ligue avec 77,9 % d’efficacité.

Sur le plan personnel, Evans avait des statistiques honnêtes qui étaient alignées sur celles de l’équipe.

Or, la blessure du centre de 29 ans a coïncidé avec l’acquisition de Phillip Danault. Pendant son absence, Danault et le Canadien ont connu l’une de leurs belles séquences de la saison en désavantage avec un rendement de 81,8 % en 13 rencontres.

Lorsqu'Evans est revenu au jeu, le 17 janvier, on l’a surtout jumelé à Danault, de manière à ce que les deux meilleurs centres pour les mises au jeu soient chacun sur leur côté fort.

Le résultat n’a pas été concluant.

Le quatuor que forment Evans, Danault, Matheson et Alexandre Carrier a piqué du nez, tout particulièrement à l’étranger.

Ainsi, le taux d’efficacité des gardiens, qui était de ,833 à l’étranger avant le 17 janvier, a chuté à ,711 selon les données de Natural Stat Trick (nouvelle fenêtre). Le Canadien accorde trois fois plus de buts qu’avant la confection du duo Evans-Danault.

Et si l’on tient compte du fait que le nombre de chances dangereuses accordées par 60 minutes d’infériorité numérique est passé de 27,4 chances/60 avant le 17 janvier à un énorme 63 chances/60, on comprend que ce n’est pas seulement la faute des gardiens.

C’est vraiment un problème lié aux matchs à l’étranger et à ce quatuor de joueurs.

Créer de nouvelles unités serait une solution toute simple si le phénomène se vérifiait aussi au Centre Bell, mais ce n’est pas le cas.

Alors, comment le régler?

L’indice de la douleur

Bloquer des lancers et encaisser des mises en échec sont deux des facettes du jeu qui sont les plus douloureuses pour les joueurs. Qu’arriverait-il si l’on jumelait ces deux statistiques pour créer une sorte d’indice de la douleur?

On constaterait alors que, depuis le début de la saison, Carrier et Noah Dobson arrivent ex aequo au premier rang de cet indice avec chacun 297 de ces événements. Dobson a bloqué 150 lancers et a subi 147 mises en échec, tandis que Carrier a reçu 155 mises en échec et a bloqué 142 tirs.

Dobson mène la LNH au chapitre des tirs bloqués et il est 5e pour les mises en échec encaissées, tout juste derrière Carrier.

Mais Dobson a aussi joué presque 215 minutes de plus que Carrier, de sorte que le défenseur s’expose à beaucoup de mauvais traitement lorsqu’il est sur la glace.

Si Dobson et Carrier mènent la LNH en ce qui a trait à l’indice de douleur, Esa Lindell (Dallas) les suit avec 286, puis viennent Mackenzie Weegar (Utah) à 277, Matthew Schaefer (Islanders) à 267, Ty Emberson (San José) à 263 et Mattias Samuelsson (Buffalo) à 259.

Quand Slaf dépasse Henri

Juraj Slafkovsky continue d’avoir ses détracteurs et, pourtant, ses premières saisons laissent une empreinte assez évocatrice sur le Canadien.

En marquant le premier but face aux Sénateurs, mercredi, il est devenu le joueur affichant le plus de points avant l’âge de 22 ans dans l’histoire de l’équipe. Son 164e point lui a permis de devancer Henri Richard qui en avait récolté 163 avant son 22e anniversaire.

Slafkovsky fêtera ses 22 ans le 30 mars. Il a donc neuf matchs de plus pour ajouter à sa récolte.

Trois joueurs de hockey s'enlacent.

Lane Hutson célèbre son but face aux Flames de Calgary avec Phillip Danault et Brendan Gallagher.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Malgré des conditions favorables

À l’époque où ils jouaient ensemble et qu’ils étaient au sommet de leurs capacités, Phillip Danault et Brendan Gallagher pouvaient commencer un tas de présences en zone défensive et quand même trouver le moyen d’amener le jeu de l’autre côté. Invariablement, leurs indicateurs de possession de rondelle étaient très flatteurs.

Les temps ont changé.

Depuis le retour de Danault à Montréal, Martin St-Louis veut profiter de son efficacité au cercle de mise au jeu (et aussi du filet de sécurité que constitue Jake Evans dans un autre trio) pour donner beaucoup de mises au jeu en zone offensive au trio Anderson-Danault-Gallagher.

En principe, cela devrait aider Gallagher, qui n’a plus à gaspiller autant d’énergies à traverser la patinoire afin de créer de l’attaque.

Jusqu’à maintenant, les deux compères ont été ensemble à 5 contre 5 pour 77 mises au jeu en territoire offensif comparativement à 54 en zone offensive. Lorsque Gallagher n’est pas sur la glace, le mandat de Danault est hyperspécialisé : on lui dénombre 18 mises au jeu en zone offensive comparativement à 80 en zone du Canadien. Ce n’est pas subtil!

Si l’objectif était de préserver Gallagher pour l’aider à faire ce qu’il fait de mieux, on doit reconnaître que les résultats sont peu convaincants.

Certes, ils maintiennent un certain avantage pour les tirs au but, et ils ont marqué un but de plus que l’autre équipe, mais pour le nombre de buts attendus, ils ne sont qu’à 42,7 %. Cette évaluation n’est pas optimale pour une unité qui commence autant de présences en zone adverse.

Lorsqu’il est jumelé à Danault, Gallagher accorde grosso modo un but attendu de plus à l’adversaire par 60 minutes de jeu comparativement à ce qu’on observait avant l’arrivée de Danault, et à ce qu’on continue de voir aussi dans les minutes où il n’évolue pas avec le centre québécois.

C’est donc dire que, même si Danault remporte 62,7 % de ses mises au jeu en zone adverse, il arrive que le jeu bascule de l’autre côté et qu’on se mette à donner des chances à l’adversaire. Le contraire de ce qu’on voyait à la belle époque.

Le Canadien va s’en accommoder pour le reste de la saison, mais ces statistiques soulèvent des drapeaux rouges.

Le club des 50 points

En récoltant deux points dans la victoire de 3-2 du Canadien sur les Sénateurs d’Ottawa, mercredi, Ivan Demidov est devenu le cinquième joueur du Canadien à atteindre le cap des 50 points. Seuls les Golden Knights ont cinq marqueurs de 50 points à ce stade-ci de la saison.

La dernière fois que le Canadien a eu cinq joueurs ayant au moins 50 points, c’était lors de la saison 2018-2019. Cette année-là, Max Domi, Tomas Tatar, Jonathan Drouin, Danault et Gallagher y étaient parvenus.

Il manque huit points à Noah Dobson pour se joindre au groupe de cette année, ce qui est tout à fait envisageable s’il reste en santé. Or, si l’on veut trouver une édition du CH qui contenait six marqueurs de 50 points, il faut retourner en 2007-2008. 

Il y en avait eu sept cette année-là!

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