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Le Canadien face à la date limite des échanges

3 months ago 12

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En raison de son rang au classement et de sa probabilité d’accéder aux séries, le Canadien est dans le camp des acheteurs à la date limite des échanges, vendredi, mais cela ne veut pas dire qu’il ira nécessairement à la pêche.

Il y a des postes dans la formation montréalaise qui pourraient bénéficier d’une amélioration. Mais, avant de les regarder, donnons un peu de contexte à cette date limite.

Jeff Gorton et Kent Hughes sont à la tête de la plus jeune équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH), une équipe qui, non seulement montre des signes constants d’amélioration, mais qui semble sur une trajectoire accélérée par rapport à ce qu’on aurait pu espérer il y a environ trois ans.

L’envie de récompenser ce groupe et de l’aider à atteindre de nouveaux sommets est tentante.

Cela dit, les contrats de Brendan Gallagher, de Josh Anderson, de Phillip Danault, d'Alexandre Carrier et de Samuel Montembeaul finissent à la fin de la prochaine saison. C’est donc dire qu’au début de la campagne 2027-2028, Nick Suzuki mènera, à l’âge de 28 ans, un contingent de jeunes talents prêt à rivaliser avec les meilleures équipes de la ligue. Ces contrats arrivés à échéance donneront encore plus de munitions au CH pour dépenser là où il affichera encore des lacunes.

S’il faut établir un moment où la fenêtre de compétitivité de l'équipe sera grande ouverte, et où il sera pertinent de céder des actifs attrayants pour s’améliorer, ce sera en 2027-2028.

Cela ne veut pas dire qu'elle doit rester les bras croisés d’ici là. Mais il faut comprendre qu’une fois que les meilleures monnaies d’échange auront été utilisées, elles ne seront plus là.

Il faut choisir judicieusement.

En as-tu vraiment besoin?

Selon les rumeurs, une multitude de joueurs sont disponibles à cette date limite des échanges. Il y a trois paniers dans lesquels le Tricolore pourrait se servir : les joueurs de location, les joueurs de transition et de plus jeunes joueurs qui s’amèneraient à Montréal pour grandir avec l’équipe.

Traditionnellement, la date limite des échanges est un moment propice pour le transfert de joueurs de location, ceux dont le contrat arrive à échéance au terme de la présente campagne.

Or, le fait qu’on ait une idée si longtemps en avance du plafond salarial des prochaines saisons aide les équipes à accorder leurs flûtes de façon à accueillir des joueurs à qui il reste des années au contrat.

L’heure du Canadien n’étant pas encore venue, il serait étonnant qu’il veuille dépenser de précieux actifs pour acquérir des joueurs de location. Par contre, il y a plusieurs candidats intéressants dans le lot de joueurs à qui il reste un an de contrat.

Avec encore d’excellents espoirs à intégrer à l’équipe, la direction pourrait en effet aller chercher un joueur à qui il reste un an de contrat afin d’assurer une transition vers le jour où ces jeunes prendront leur place.

Dans quelques cas plus rares, le CH pourrait étudier la possibilité d’intégrer un joueur à qui il reste plusieurs années au contrat, un joueur un peu plus jeune, dont l’âge correspond au noyau déjà en place. Cela dit, s'il privilégie cette avenue, c’est plus probable qu’il attende à l’été pour acquérir ce type de joueur.

Peu importe le type de joueur convoité, MM. Gorton et Hughes devront non seulement évaluer si le coût d’acquisition qui est réclamé correspond à la valeur du joueur, mais si la dépense vaut le coup par rapport à ce que l’équipe a déjà sous la main.

Par exemple, à quel point un nouveau joueur de centre représenterait-il une amélioration par rapport à Oliver Kapanen et au développement qu’on peut faire avec lui dans les deux prochaines années?

À quel point un défenseur droitier serait-il un plus par rapport à l’utilisation de Kaiden Guhle sur son côté opposé?

Autrement dit, en l’absence de circonstances qui l’obligent à agir, le Canadien peut chaque fois répéter l’exercice en se demandant : En as-tu vraiment besoin?

Un hockeyeur en blanc a un air concentré sur la glace.

Patrik Laine

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Un échange avec Laine

Le Bleu-blanc-rouge espère toujours terminer la semaine en ayant envoyé Patrik Laine sous d’autres cieux.

L’idéal serait d’y parvenir sans avoir à payer un actif additionnel pour convaincre l’autre partie, mais il faut pour cela qu’une équipe acheteuse voie dans l'attaquant finlandais la solution à ses problèmes en avantage numérique et la clé pour sa place dans les séries.

Sans dire qu’il s’agit d’un passage obligé pour une date limite active à Montréal, l’échange de Laine faciliterait beaucoup de choses, car l’équipe est coincée sous le plafond salarial. Dans l’état actuel des choses, il faudrait que le CH déleste autant de salaire qu’il irait en chercher dans un échange.

Retenir la moitié du salaire de Laine libérerait au moins plus de 4 millions de dollars pour faciliter d’autres dossiers.

Le nom de Laine a été associé aux Kings de Los Angeles. Le Canadien aurait donné l'autorisation à l'agent de Laine de faciliter un échange en informant les équipes intéressées de l'état d'esprit du Finlandais et de son ouverture à aller jouer pour elles.

Le surplus d’attaquants

L’autre élément qui n’est pas forcément relié à Laine, c’est que le Tricolore est en santé et qu’il déborde d’options en attaque.

Il n’a peut-être pas tout à fait le mélange souhaité, car certains profils de joueurs lui échappent, sauf qu’il ne manque pas de soldats. S’il veut ajouter un attaquant, qu’il soit de premier plan ou de soutien, un autre devra faire ses valises.

À la mi-saison, Kent Hughes disait qu'il serait chanceux s'il devait se retrouver avec ce beau problème devant lui.

Le régler dans le cadre d’une transaction hockey, dans laquelle on s’échange des profils différents ou que l’on troque de la quantité pour de la qualité, serait un bon dénouement. Mais ce genre d’entente est moins fréquent à ce temps-ci de l’année.

Si l'équipe parvenait à s'améliorer en gérant son surplus d'attaquants auprès d'une équipe qui n'est pas seulement à la recherche d'actifs futurs, elle serait bien positionnée.

Un hockeyeur tente de contourner un adversaire avec la rondelle à côté du filet adverse.

Les Blues de Saint Louis contemplent la possibilité d'échanger le centre Robert Thomas.

Photo : Associated Press / Jeff Roberson

Le cas Robert Thomas

Ce n’est pas tous les jours qu’un premier centre de la trempe de Robert Thomas devient disponible sur le marché.

Le Canadien fait bien de s’enquérir, car l’attaquant de 26 ans est sous contrat à long terme et à un montant très raisonnable. À l'image de Suzuki à Montréal l'an dernier, Thomas a été au centre de la poussée qui a permis aux Blues d'obtenir une place dans les séries.

Cette année? C'est plus difficile pour lui, comme pour tout le monde à Saint Louis.

Thomas solidifierait la ligne de centre à long terme et accélérerait la courbe de compétitivité de l’équipe. Il y a un côté certitude des coûts par rapport à ce qu'il a déjà montré qui rassure par comparaison à ce que des espoirs ou des choix au repêchage laissent miroiter.

Cela dit, si un tel échange se concrétisait, le Canadien se dépouillerait probablement de ses meilleures monnaies d’échange pour obtenir un autre centre droitier et qui est un clone stylistique de Suzuki.

L’organisation voit grand pour l’espoir Michael Hage, et il est question que ce dernier vienne terminer la saison à Montréal. S’il y a une quelconque chance que Hage devienne le deuxième centre du club, l’arrivée de Thomas lui barrerait la route. Et ça, c’est s’il ne faisait pas partie de l’échange!

Il ne manque pas d’équipes intéressées à Thomas. Si les Blues vont de l’avant, et lui font changer d’adresse, ils seront en position pour aller chercher un joli magot. Le dossier Thomas est le plus criant où l'équipe doit déterminer si le moment est bien choisi de frapper un grand coup et de surenchérir par rapport aux offres d'équipes rivales.

Personne n’aurait pensé il y a un an que Thomas deviendrait disponible. Peut-être est-ce là un rappel que d’autres occasions qu’on ne voit pas nécessairement seront plus tard à la portée du Canadien.

Un défenseur droitier?

Le Tricolore demande à Guhle de jouer du côté droit, et ses seuls droitiers naturels en défense sont Noah Dobson et Alexandre Carrier.

Pour peu que l’équipe soit prête à faire de Guhle un défenseur de troisième duo, ajouter un droitier de calibre top 4 – c’est-à-dire une option supérieure à Carrier – devient un scénario intéressant.

C’est la raison pour laquelle le nom du robuste Rasmus Ristolainen a fait surface.

Ce dernier est sous contrat jusqu’à la conclusion de la saison prochaine et son style de jeu cadrerait bien avec ce dont le CH a besoin. Mais le DG des Flyers, Daniel Brière, est déterminé à obtenir un prix exorbitant pour ses services, soit un premier choix et un espoir. À ce prix, le jeu n’en vaut pas la chandelle pour Montréal.

Même s’il a connu des difficultés à Toronto, est-ce que Brandon Carlo pourrait s’avérer une solution moins coûteuse?

Il y a des candidatures intrigantes parmi les défenseurs droitiers avec des contrats à plus long terme. Zach Whitecloud (Calgary) et Dylan DeMelo (Winnipeg) sont deux arrières à qui il reste deux ans de contrat et qui sont capables d’assurer des rôles de quatrième défenseur. En même temps, ils pourraient aisément être relégués à de plus petits rôles si l’espoir David Reinbacher devenait prêt à s’imposer durant les deux prochaines années.

Notons qu’en raison de leur situation contractuelle, il n’y a aucune urgence pour les Flames et les Jets de se défaire d’eux. Le Canadien serait forcé d’arriver avec une offre attrayante.

Un peu de papier sablé

Le Canadien aimerait pouvoir ajouter de la compétitivité à son groupe d’attaquants.

Blake Coleman (Calgary) ressemblait au candidat idéal en raison de son intensité, de sa capacité à pouvoir jouer dans n’importe quel trio et de ses qualités en défense. Or, Coleman peut apposer son veto à des échanges auprès de 22 équipes, et le Canadien serait l’une d’elles.

En dépit de sa campagne difficile, Warren Foegele (Los Angeles) est un candidat intéressant. Bonne vitesse, excellent gabarit et capable de jouer en infériorité numérique. Un profil qui s’approcherait un peu de Josh Anderson. Comme pour Coleman, il reste une autre année à son contrat.

Parmi les joueurs de location, nous sommes intrigués par le Québécois A.J. Greer, un trouble-fête qui a gagné la Coupe Stanley avec les Panthers de la Floride et qui ajouterait de la robustesse. C’est un joueur taillé sur mesure pour les séries.

Greer ne gagne que 850 000 $ cette saison et, si les Panthers décident d’être vendeurs, l’acquérir ne devrait pas être coûteux.

Des équipes à surveiller

Pendant que le Canadien gère avec prudence la date limite des échanges et les mois qui s’en viennent, d’autres formations sont plus dynamiques.

Le fait que les Sabres de Buffalo soient au centre des pourparlers pour Thomas illustre à quel point l’équipe a soif de séries. Les Sabres n’y ont pas participé depuis 2011 et ils sont apparus à la mi-saison comme de nouveaux joueurs avec lesquels il fallait négocier.

Il faudra aussi surveiller l’Avalanche du Colorado, qui a délesté du salaire en envoyant Samuel Girard à Pittsburgh. C’est toujours une équipe active à cette période de l’année.

Les Stars de Dallas risquent d’être tout aussi agressifs, surtout après avoir placé le nom de Tyler Seguin sur la liste des blessés à long terme. L’équivalent de son salaire est désormais à leur disposition pour aller faire des emplettes.

Quant aux Blue Jackets de Columbus, qui sont sur une belle lancée depuis leur changement d’entraîneur, ils seront intéressants à surveiller. Ils sont à trois points d'une place dans les séries et pourraient pousser l'audace à non seulement ne pas vendre, mais même à acheter.

On sait que les Canucks de Vancouver, les Rangers de New York et les Maple Leafs de Toronto, eux, seront dans le camp des vendeurs, mais à quel point oseront-ils vider les étagères?

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