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Le Canadien à la recherche d’experts en gestion du risque

2 months ago 12

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Si ça continue comme ça, ce n’est pas de Caufield, Suzuki, Guhle et Matheson dont le Canadien (CH) aura besoin, mais de Raymond Chabot Grant Thornton.

Il faudra appeler des experts en gestion du risque au secours de la flanelle, dont la porosité défensive ces jours-ci n’a d’égale que le manque de pistes de réflexion fournies par les joueurs pour l’expliquer.

Ces conférences de presse d’après-match commencent à sonner comme un vieux disque qui saute. Dans ce duel du dimanche soir contre les Ducks que le Canadien menait 3-2 en fin de deuxième période, que le Canadien aurait pu gagner, l’équipe s’est fait avoir de toutes les manières possibles pour finalement s’incliner 4-3.

Lors d’une montée des canards alors que le système de défense 1-2-2 était déployé, sur un jeu planifié à la suite d’une mise au jeu perdue dans sa zone, sur une autre montée des Ducks en apparence inoffensive parce qu’il y avait quatre Montréalais contre trois Californiens et, surtout, après deux mauvaises lectures de jeu (Lane Hutson et Cole Caufield) dans un coin de patinoire à 2 min 30 s de la fin du match.

Il y a eu des erreurs collectives dans le système de jeu, d’autres individuelles doublées d’une prise de risques inutiles.

Échec et mat. Ou, comme dirait Charlie Conway : Coin, coin.

Posé malgré la déception, plutôt en verve, Martin St-Louis a pris le temps d’exposer sa vision de la chose.

Ce qui me déçoit le plus, c’est la gestion du risque […]. C’est comment on a géré le risque en fin de troisième.

Il faut jouer à l’intérieur de nos règlements. Sur chaque but, il y avait des règlements et quand on les fait bien, on ne donne pas de chances de marquer. Ça prend cinq joueurs pour appliquer les règlements. C’est ça, une structure. C’est pas un ou deux joueurs, c’est cinq joueurs, a insisté l’entraîneur.

Voilà un thème récurrent qui prend congé le temps d’un match ou deux, mais qui revient toujours à point nommé. Caméléon, il porte différents atours. Il est parfois question d’entêtement ou encore de moments où on n’a pas fait la job. Il y a un an, il s’agissait plutôt d’actions qui aident l’autre équipe, toutes des variations sur le même thème.

Manifestement, depuis la fin des Jeux olympiques (JO), les problèmes défensifs du CH prennent beaucoup de place. Montréal a maintenu un dossier fort honorable de 4-3-2 entretemps, sans jamais convaincre.

Le capitaine était d’accord.

On n’a pas joué notre meilleur hockey depuis la fin de la pause. Je ne dirais pas qu’il y a un truc en particulier qui l’explique. On doit trouver une façon de mieux jouer.

Le problème, c’est la défense, a ajouté Cole Caufield.

Une précision dont on aurait pu se passer. Le CH est 25e en défense depuis la reprise des activités à la fin février, 24e pour l’ensemble de la saison, 22e l’an dernier et 27e la saison précédente. Si cela n’est pas une tendance…

La facilité avec laquelle les Ducks ont réussi à attaquer l’enclave toute la soirée avait aussi de quoi laisser perplexe.

Plus inquiétant encore, le trio de Suzuki, Caufield et Juraj Slafkovsky perd du terrain dans ses confrontations. Toujours depuis la fin de  JO, il se fait dominer aux chances de marquer de qualité dans un ratio de 71 % pour l’adversaire contre 29 % et il ne génère que 42 % des buts anticipés.

Les trios de Macklin Celebrini et Leo Carlsson, deux joueurs de centre de respectivement 19 et 21 ans – autant pour l’excuse de l’inexpérience et de la jeunesse –, ont manœuvré à leur guise face à Suzuki.

Un joueur manœuvre avec la rondelle autour du filet du Canadien.

Leo Carlsson a inscrit deux buts et une aide face au Canadien.

Photo : imagn images via reuters connect / David Kirouac

Les trois attaquants vedettes du Canadien marquent encore beaucoup, mais comme on l’écrivait samedi soir, le talent pourra-t-il longtemps effacer la tendance statistique?

Aussi défaillante soit-elle en défense, l’équipe demeure une menace offensive de premier plan. En retard 2-0, le CH n’a mis qu’un peu plus d’une dizaine de minutes à transformer ce déficit en avance de 3-2. Cette force de frappe explique largement les succès du Canadien cette saison-ci.

La ligne est mince entre avoir faim de gagner et avoir peur de perdre. Avoir faim de gagner nous a donné beaucoup de succès. On est dangereux. Mais il y a des moments, surtout à 3-3 en fin de match, où ce serait correct d’avoir un peu peur de perdre. On est encore en apprentissage, a dit St-Louis.

C’est vrai, mais, d’un autre côté, ça fait à ce point longtemps que le problème est le même que l’équipe aurait certainement pu être rendue ailleurs dans son développement. Ça fait à ce point longtemps qu’on aurait pu croire que ces erreurs auraient commencé à s’estomper tranquillement. Elles s’accélèrent en cette fin de saison.

On peut chercher longtemps en se demandant quelle est la part de responsabilité des joueurs, quelle est celle du système, quelle est celle de l’entraîneur.

Au bout du compte, devant ce constat d’échec ou, disons, cette incapacité à corriger le tir, il y a deux questions à se poser : comment se fait-il que l’équipe en soit encore au même point à ce stade-ci de la saison, et, surtout, comment y remédier?

Parce que ça commence à presser.

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