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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans un contexte d'essoufflement démocratique, d’effritement social, de fatigue environnementale, de repli nationaliste et de dépendance envers les multinationales américaines, le Québec doit retrouver son ADN afin d’entamer une Révolution tranquille 2.0.
C’est ce qui ressort d’une vaste consultation menée par OUI Québec au début de l'année 2026 pour sonder la société civile et dont le rapport est dévoilé cette fin de semaine à l’occasion d’un rassemblement à saveur souverainiste.
Ce qu'on souhaite faire, c'est rapprocher le projet d’indépendance des gens, faire en sorte que ce soit un projet du quotidien sur lequel les gens ont du contrôle, explique Camille Goyette-Gingras, présidente de OUI Québec, un organisme citoyen, non partisan, qui a sondé une cinquantaine d’organismes de la société civile et analysé les rapports d’activités déposés auprès du gouvernement par quelque 464 organisations.
Ce qui est ressorti de la part de ces groupes-là, c’est une volonté de créer un grand projet collectif de l’ampleur de la Révolution tranquille (...) Maintenant, le rôle de OUI Québec, ça va être de prendre ce souhait-là, de faire le trait d’union avec la question nationale, mais surtout d’offrir la possibilité à la société civile de construire elle-même son avenir collectif sans attendre l'autorisation de quiconque, a-t-elle ajouté en entrevue à Radio-Canada.
Points de convergence des organisations
- 77 % - L’ambition de faire une Révolution tranquille 2.0
- 71 % - Décentraliser le pouvoir
- 64 % - Retrouver le vivre-ensemble
- 61 % - La démocratie s’essouffle
- 58 % - Crise des services de proximité
- 48 % - La transition socioécologique comme refondation
La bonne nouvelle, note le rapport, c’est que les jeunes semblent de nouveau intéressés par l’idée d’indépendance (entre 48 % et 56 %, selon deux sondages publiés en début d’année) et une ouverture insoupçonnée du Québec inc., si le projet est présenté comme une ambition économique, régionalisée, concrète et capable de réduire l’incertitude.
Le contexte géopolitique crée une occasion rare, note le rapport. De façon surprenante, la conjoncture américaine et la dépendance fédérale alimentent chez certains une volonté de changement plutôt qu’un réflexe de statu quo.
Le rapport d’une quarantaine de pages note par ailleurs que certains groupes ne se sentent pas concernés dans le projet indépendantiste actuel. Ils comprennent mal en quoi cela améliorera leur capacité à livrer leur mission.
Pour rallier au-delà des personnes convaincues, le projet doit démontrer ce qu’il permet de faire mieux, plus vite ou autrement.
Un rendez-vous souverainiste
Parmi la foule venue au Rendez-vous Oui Québec, qui se tient dans le Quartier des spectacles jusqu’à dimanche, se trouvent plusieurs jeunes qui, comme Édouard Lamarre, 20 ans, croient que l’indépendance du Québec passe par la main tendue aux immigrants au lieu de les voir comme un facteur d’érosion du vote souverainiste.
J’ai grandi avec des amis de toutes sortes d’ethnicités (...) et mes amis qui ne sont pas des Québécois nés ici sont tout autant souverainistes, affirme-t-il. Selon lui, la popularité actuelle du souverainisme tient notamment au fait que c’est considéré comme cool d’être souverainiste chez les jeunes.

Édouard Lamarre, un jeune souverainiste.
Photo : Radio-Canada / Andréane Williams
On ne dirait pas que les plus vieux savent qu’il y a un renouvellement jeune dans le mouvement et des réseaux comme Instagram ou TikTok, ce sont des endroits parfaits pour ça, a-t-il ajouté.
Un avis globalement partagé par Citlali Cruz-Cruz, qui dit avoir rencontré beaucoup de jeunes issus de l’immigration dans le mouvement souverainiste. Cette Mexicaine, qui se dit aujourd'hui citoyenne, explique graviter autour du mouvement afin de se faire sa propre idée, maintenant qu’elle se sent suffisamment intégrée après cinq ans au Québec.
Selon elle, l’image de repli identitaire qu’on essaie d'accoler au mouvement indépendantiste est plutôt de l’ordre de la perception générale plutôt que de la réalité. Elle conseille néanmoins au mouvement de garder en tête que bien des immigrants sont plus préoccupés par le logement, la santé et la sécurité alimentaire que par les idéologies.
Si l’adhésion à la souveraineté recueille seulement autour de 30 % chez les Québécois, le professeur et ancien député du Bloc québécois Daniel Turp souligne qu’en 1995, quelques mois à peine avant le référendum, c’était 38 % et, finalement, il y a eu presque 50 % des gens qui ont voté oui.

Daniel Turp (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté
Réactions politiques
Québec solidaire, l'un des deux partis souverainistes à l'Assemblée nationale, n'a pas tardé à réagir après le dévoilement du rapport. Pour rallier et bâtir une nouvelle majorité en faveur de l'indépendance, il faudra absolument être à l'écoute de la population québécoise et s'aligner sur les consensus qui se dégagent de cette importante consultation, a déclaré Ruba Ghazal, co-porte-parole du parti.
Les constats sur la vision du mouvement souverainiste comme étant fermé m'attristent, a souligné l'autre porte-parole du parti, Sol Zanetti, qui a ajouté que son parti continuera de travailler à ce qu'un projet de pays inclusif soit possible, une critique voilée du Parti québécois dont les positions en matière d'immigration en hérissent certains.
Au moment de publier, ni le Parti québécois ni son chef n'avaient réagi à la publication du rapport de OUI Québec.
Avec les informations de Camille Kasisi-Monet et d'Andréane Williams


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