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La soirée de la relève : « Le hockey, c’est apprendre à perdre et … à gagner! »

1 month ago 8

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Trois sœurs. Trois joueuses de hockey passionnées.

Il y a Victoria et Ariane, des jumelles de 12 ans, et Sarah, 17 ans, qui joue dans l’équipe du Cégep Édouard-Montpetit. Pourquoi jouer au hockey? La réponse est toute simple, mais si importante : l’amitié, répondent les trois filles.

À la patinoire, dans le vestiaire, à l'aréna, bref, se tissent des liens, en personne, avec de la vraie transpiration, des rires et des déceptions en chair, en os et en patins. Il y a beaucoup de jeunes déprimés parce qu’ils passent leur temps chez eux sur leur téléphone. Quand tu joues au hockey, t’as du plaisir en vrai avec tes amies.

La mère, Julie Lavigne, est heureuse que ses filles aiment pratiquer notre sport national, même si, oui, ça prend beaucoup de temps dans la vie d’un parent.

Elles apprennent à perdre. Elles apprennent à gagner. Elles apprennent à gérer leur stress, à gérer leurs émotions, c’est important dans la vie, dit-elle.

Elles apprennent aussi à s’organiser et à faire des sacrifices, comme refuser des invitations à des fêtes parce qu’elles ont une game le lendemain.

Sarah, la plus grande, espère qu'un jour, la ligue féminine sera aussi populaire que la Ligue nationale de hockey (LNH). Mais ce soir, elles sont venues encourager l’équipe de boys, la légendaire équipe qui a repris vie sous l’impulsion de la jeunesse.

Avec une moyenne d’âge d’à peine 25,5 ans, la formation de 22 joueurs du CH était la plus jeune de toute la LNH au début de la saison.

Une garçon et une fille dos à dos.

Félix Croteau et sa petite sœur dans un corridor du Centre Bell.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Malgré ses 13 ans, Félix s’est intéressé à l’âge d’or du Canadien. J’ai lu la biographie de Maurice Richard, raconte le jeune adolescent.

Son père, Vincent Croteau, consent qu’avoir un jeune joueur à la maison, c'est devoir être disponible tous les samedis pendant la saison. Mais le jeu en vaut la chandelle, selon lui. Le Hockey lui apprend ce qu’est l’espoir collectif! Et il passe du temps à faire du sport, loin des écrans.

Un jeune garçon habillé aux couleurs du Canadien pose devant une image d'un gardien.

Adriano, un jeune gardien de but de 12 ans.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jouer au hockey coûte cher. L’équipement, l’inscription, etc.

Moi, je n’ai pas eu la chance de jouer quand j’étais jeune et oui, ça coûte cher, me confie Stefano Vacchiano, père d’Adriano, 12 ans, gardien de but. Ça vaut le coût quand même. Il apprend ce qu’est la motivation.

Les frais importants que doivent débourser les parents pour que leurs enfants puissent patiner en équipe expliquent peut-être, en partie, la baisse de pratique du sport national.

Entre 2008 et 2019, le hockey mineur au Québec a perdu autour de 13 % de ses inscriptions, passant de 100 000 jeunes inscrits à un creux de 87 000.

On observe une remontée des inscriptions après la saison 2020-2021, quand le Canadien s'est rendu en finale de la Coupe Stanley. L’équipe avait à l’époque battu les Maple Leafs de Toronto (4-3), balayé les Jets de Winnipeg (4-0) et vaincu les Golden Knights de Vegas (4-2) en demi-finale.

Un jeune homme et sa mère dans les gradins du Centre Bell.

Antoine Picard et sa mère, Betty Pappadakis, dans les gradins du Centre Bell.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Antoine Picard est de ces jeunes qui ont eu la piqûre en 2021. J’avais 10 ans, me dit l’adolescent de 15 ans. Quand t’es sur la glace, ça fait du bien au mental, explique-t-il.

Sa mère, Betty Pappadakis, est venue voir le match avec son jeune défenseur qui trouve le numéro 45 du CH, Alexandre Carrier, bien inspirant. Mais la mère et le fils sont inspirés par autre chose que le jeu pour le jeu.

Le hockey, c’est partager quelque chose avec la famille, inviter des amis à la maison. L’hiver est long au Québec et le hockey correspond à qui nous sommes.

Une garçon debout dans les gradins du Centre Bell.

Antoine croit que son grand-papa a porté chance au Canadien dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le père de Betty, Nicola, a immigré au Québec à l’âge de 16 ans en provenance de la Grèce.

Entre 1946 et 1981, environ 116 300 immigrants grecs sont entrés au Canada. La vague migratoire a été la plus forte autour de la dictature qui a sévit dans ce pays de 1967 à 1974.

Mon père adorait le hockey. Pour lui, La Soirée du hockey, le samedi soir, c’était incontournable. On écoutait le match avec mes frères et lui.

Dans les gradins du Centre Bell, malgré le bruit, un ange passe. Un fantôme peut-être. Mon père est mort. Il n’est pas là pour voir ça avec nous, mentionne Betty, émue.

Son fils, Antoine, croit que grand-papa est peut-être là, quelque part avec eux. Avant de mourir, il m’a expliqué que le Canadien était une jeune équipe et qu’ils avaient de belles années devant eux.

Les partisans du CH célèbrent la fin du match numéro 7, diffusé sur écran géant au Centre Bell.

Les partisans du CH célèbrent la fin du match numéro 7, diffusé sur écran géant au Centre Bell.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Et ce soir, l’esprit du grand-papa d’Antoine a porté chance à la relève, qui a goûté l’espoir collectif, a géré ses émotions, a trouvé de la motivation et a gagné!

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