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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Le gouvernement abandonne la relève. La recherche universitaire a complètement été délaissée », alerte Flora Dommanget, la présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ).
Depuis 2022, le nombre de demandes de bourses au Fonds de recherche du Québec (FRQ) est passé de 4500 à 6900, mais le nombre de bourses octroyées a stagné autour de 1700. Bref, seulement 28 % des candidats ont reçu une aide financière lors du dernier concours du FRQ.
Le montant des bourses octroyées est, cela dit, passé entre-temps de 17 500 $ à 20 000 $ à la maîtrise et de 21 000 $ à 25 000 $ au doctorat, mais cela est insuffisant, disent les personnes interrogées.
L’Union étudiante du Québec (UEQ) estime qu’il est temps de sortir la relève en recherche de la précarité, en augmentant le nombre de bourses, mais aussi en haussant, et en indexant, le montant de celles-ci. Une opération chiffrée à 65 millions de dollars par l’UEQ.
Ces revendications sont appuyées par plus de 1500 étudiants et professeurs et une trentaine de groupes du milieu de l’enseignement supérieur, qui cosignent avec l’UEQ une lettre ouverte rendue publique mardi.
Il est insensé que même la crème de la crème de la relève scientifique ne puisse pas obtenir un financement annuel au-dessus du seuil du revenu viable. Notre relève scientifique mérite mieux.

La présidente de l'UEQ, Flora Dommanget
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Pouvoir se consacrer à 100 % à leurs recherches
Les bourses devraient représenter un salaire qui permet aux étudiants de travailler décemment et de se concentrer à temps plein sur leurs recherches, résume Justine-Anne Rowell, la directrice générale de l’organisme Thèsez-vous? qui accompagne chaque année près de 2000 étudiants dans la rédaction de leurs mémoires, thèses ou articles scientifiques.
Mais, actuellement, les bourses qui sont offertes ne sont pas assez élevées pour suivre la hausse du coût de la vie, poursuit-elle. Et elles sont de plus en plus difficiles à obtenir.
Elle et Julie Carrier, présidente de l’Association des doyens et doyennes des études supérieures au Québec (ADESAQ), qui ont toutes les deux cosigné la lettre ouverte de l’UEQ, sont bien placées pour constater les conséquences de cette situation.
Ce qu’on voit, à force de travailler avec ces étudiants, confie Mme Carrier, c’est un allongement de la durée des études, parce qu’ils sont obligés d’aller chercher d’autres ressources financières.
Je crois qu’une société comme le Québec, qui veut vraiment développer la recherche, l’innovation et le talent, a besoin de soutenir adéquatement la pouponnière de talents, la force vive qui va se déployer par la suite.

Julie Carrier, présidente de l’Association des doyens et doyennes des études supérieures au Québec (ADESAQ)
Photo : Courtoisie
En plus d’une prolongation des études, la précarité financière entraîne une forte proportion de projets de recherche qui ne seront finalement jamais menés à terme, renchérit Justine-Anne Rowell. Il y a 50 % des personnes qui ne terminent pas leur doctorat, toutes disciplines confondues, au Québec.
Voilà une situation profondément contre-productive, insiste Mme Rowell. C'est une perte de temps pour les personnes étudiantes et pour les universités, une perte d'énergie et puis une perte d'argent qui est synonyme d'un ralentissement de l’innovation au Québec.
Demande de parité avec les bourses fédérales
La ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, assure avoir récemment rencontré l’Union étudiante du Québec et d’autres associations étudiantes qui lui ont fait part de leurs revendications au sujet des bourses du FRQ. Selon elle, l’augmentation du montant des bourses concédé en 2023 témoigne de [leur] volonté de soutenir la relève.
Je partage l’objectif de retenir nos talents au Québec et d’assurer le parcours de recherche de nos étudiants.

Martine Biron, ministre de l'Enseignement supérieur
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Mais Flora Dommanget de l’UEQ trouve cette réponse bien insuffisante.
Elle et d’autres signataires, comme Justine-Anne Rowell, demandent à ce qu’au minimum la parité avec les bourses fédérales soit atteinte. Ces dernières, après avoir stagné pendant 20 ans, ont été augmentées, à force de mobilisation, au printemps 2024.
Aujourd’hui, les organismes subventionnaires fédéraux offrent annuellement 7000 $ de plus que le FRQ aux étudiants à la maîtrise, et 15 000 $ de plus à ceux du doctorat. Ça crée un décalage, qui fait en sorte que le financement provincial est moins attractif, explique Flora Dommanget de l’UEQ.
Montants des bourses de recherche octroyées au provincial et au fédéral
| Bourse à la maîtrise | 20 000 $/an | 27 000 $/an |
| Bourse au doctorat | 25 000 $/an | 40 000 $/an |
Cette augmentation consentie par les organismes subventionnaires fédéraux, c’est une reconnaissance du fait qu’il faut mieux soutenir la relève scientifique, commente de son côté Mme Rowell. On pense que Québec gagnerait à suivre ce mouvement-là.
Les talents locaux oubliés au profit de la chasse aux cerveaux?
Interpellé par Radio-Canada, le cabinet du ministre de l’Innovation, Jean Boulet, répond que le Fonds de recherche du Québec joue un rôle essentiel pour soutenir l’innovation et développer l’expertise de nos talents dans diverses industries stratégiques et que le gouvernement de la CAQcontinuera de soutenir le FRQ.
Le ministre responsable du FRQ ajoute que c’est pour cette raison que son gouvernement vient d’investir 10 millions de dollars pour créer 10 nouvelles chaires de recherche dans des secteurs stratégiques pour l’économie québécoise.
Ces chaires qui seront créées à brève échéance, assure le FRQ, permettront d’attirer des chercheurs exceptionnels, francophones ou francophiles, présentement aux États-Unis, et qui travaillent dans des secteurs prioritaires pour l’essor du Québec.

Justine-Anne Rowell, directrice générale de l'organisme Thèsez-vous? est bien placée pour parler des obstacles à franchir pour les chercheurs de la relève. Elle a elle-même fait le choix de ne pas compléter sa thèse de doctorat notamment pour des raisons financières.
Photo : Courtoisie de Justine-Anne Rowell
Le gouvernement fédéral a de son côté annoncé à l’automne un ambitieux et généreux programme de chaires de recherche, Impact + Canada, dont l’objectif est aussi le recrutement de talents étrangers.
C’est un peu ironique. On va chercher des personnes à l’international, mais on n’est pas capable de prendre soin des personnes qui sont ici, dénonce Flora Dommanget de l’UEQ. Ce n’est pas normal d’abandonner la population étudiante d’ici à son sort comme ça.
Je pense qu'on perd un peu de vue, en essayant d'aller chercher des talents à l'international, qu'on a une relève scientifique au Québec qui est extrêmement motivée par les enjeux qui nous touchent ici et maintenant.


2 months ago
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