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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDès son arrivée à la tête du Parti libéral du Canada, en mars 2025, Mark Carney avait du pain sur la planche pour rebâtir les ponts entre Ottawa et la Saskatchewan. Or, après une décennie de relations houleuses entre le gouvernement de Justin Trudeau et celui de la province, le premier ministre canadien semble avoir réussi à trouver un terrain d’entente, ouvrant la voie à de multiples collaborations.
Que ce soit avec le bras de fer sur la taxe carbone, les demandes d'Ottawa pour un réseau électrique plus vert ou les visites surprises qui se terminaient parfois en excuses, les rapports entre la province et le gouvernement de Justin Trudeau étaient au plus bas, rappelle Stephen Kenny, professeur émérite d’histoire à l’Université de Regina.
Bien souvent, le gouvernement saskatchewanais jugeait que les mesures fédérales pour combattre les changements climatiques nuisaient à l’économie de la province, indique l'expert.
Dans un discours prononcé la semaine dernière, le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a même parlé de Justin Trudeau comme étant Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, en référence au célèbre personnage de Voldemort dans Harry Potter.

À plus d'une reprise, Scott Moe a confronté le gouvernement de Justin Trudeau, le défiant même de « venir le chercher » si Ottawa n'était pas satisfait de la politique provinciale en ce qui concerne les centrales au charbon. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
[Les deux parties] n’avaient pas les mêmes objectifs politiques, résume de son côté Frédéric Boily, professeur de science politique au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta.
Brad Wall, prédécesseur de Scott Moe, avait aussi eu des luttes avec le gouvernement fédéral, rappelle Stephen Kenny.
Une lune de miel économique
Deux mois à peine après que Mark Carney eut pris les rennes du pays, Scott Moe lui envoyait une lettre contenant 10 changements que le gouvernement fédéral « [devait] apporter » pour améliorer la relation entre Ottawa et la Saskatchewan.
De la suppression des tarifs douaniers chinois à la fin de la taxe carbone sur le chauffage domestique, Mark Carney a répondu à certaines de ces demandes avec sa nouvelle orientation davantage économique, explique le politologue Frédéric Boily
Pour Stephen Kenny, Mark Carney réussit à travailler et à inclure ceux qui sont considérés traditionnellement comme l'ennemi ou comme l'adversaire politique.
Ce processus s'est notamment matérialisé par la présence de Scott Moe aux côtés de Mark Carney durant les voyages diplomatiques visant à défendre les intérêts économiques de l'ouest du pays, notamment dans la région Indo-Pacifique.
Tant en Chine qu'en Inde, Scott Moe était à l’avant-plan, ce qui est assez inhabituel, affirme Frédéric Boily.
On a l'impression que [Scott Moe] fait partie pratiquement du cabinet du premier ministre.

Scott Moe a participé à deux missions menées par Mark Carney, l'une en Chine et l'autre en Inde. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Ce changement de dynamique, qualifié de lune de miel économique par Frédéric Boily, a d'ailleurs été souligné par Scott Moe lui-même.
Le premier ministre saskatchewanais a notamment salué son homologue pour sa compréhension des besoins de la province lors du discours du Trône. Il a également souligné le sérieux et la crédibilité qu'apporte l’économiste de carrière aux relations commerciales.
À Ottawa, Gabriel Brunet, l'attaché de presse du ministre du Commerce intérieur, a dit : Le premier ministre Carney a fait des relations interprovinciales une pierre angulaire de son gouvernement, notamment en invitant les premiers ministres des provinces et des territoires à participer à des rencontres fréquentes pour discuter de questions d’importance nationale.
[Mark Carney] a fait confiance à l’expertise et aux connaissances de M. Moe quand il s’agit des exportations des produits saskatchewanais en Inde et en Chine.
Ces bonnes collaborations entre les deux ordres de gouvernement ne sont toutefois pas une première, rappelle Stephen Kenny. Il cite en exemple les bonnes relations qu'avait la province avec les anciens premiers ministres Jean Chrétien et Brian Mulroney.
Contacté par Radio-Canada, le gouvernement de la Saskatchewan a refusé de commenter le changement dans ses relations avec Ottawa.
Qu’est-ce qui pourrait faire déraper cette relation?
Bien que la relation actuelle laisse place à l'optimisme, les échanges pourraient se corser si Mark Carney donnait un coup de frein très fort au développement des relations économiques avec la Chine et l’Inde, estime Frédéric Boily
Le politologue ne prévoit toutefois pas d’envenimement à court terme. Il ajoute que Scott Moe a besoin de bonnes nouvelles économiques avec le budget déficitaire qui s'annonce mercredi. Par ailleurs, il rappelle que Mark Carney a également besoin de bonnes nouvelles afin d'avoir des résultats concrets à montrer aux électeurs.
Un autre point de friction potentiel serait l’adoption de politiques fédérales qui nuiraient aux échanges commerciaux entre la Saskatchewan et les États-Unis. Mais, pour le moment, on ne voit pas ça, précise Frédéric Boily.
De son côté, Stephen Kenny juge que, même si Mark Carney a reculé sur certaines des mesures environnementales mises en place par Justin Trudeau, il en a tout de même conservé quelques-unes, notamment la taxe carbone industrielle, ce qui pourrait compliquer les relations avec le gouvernement de la Saskatchewan.


2 months ago
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