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La GRC en mode recrutement

2 months ago 17

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Alors que le nombre de policiers pour 100 000 habitants est à son plus bas depuis 50 ans au Canada, la Gendarmerie royale du Canada est en mode recrutement.

Les campagnes publicitaires en témoignent. Les événements où de potentiels candidats peuvent mettre à l’épreuve leurs capacités physiques afin de voir s’ils ont ce qu’il faut pour rejoindre la force policière fédérale se multiplient.

À Moncton, au Nouveau-Brunswick, Radio-Canada a participé à un test d’évaluation physique de la GRC. L’objectif est de donner un avant-goût aux futurs candidats de ce à quoi l’entraînement ressemblera à Dépôt, l’académie de formation de la GRC en Saskatchewan.

Il manque des policiers partout, lance la gendarme Isabelle Beaulieu, l’agente de recrutement pour la GRC au Nouveau-Brunswick, qui dirige l’évaluation.

À l’échelle nationale, un peu plus de 8 % des postes de policiers de première ligne sont vacants à la GRC.

Le Nouveau-Brunswick sous la moyenne nationale

Selon les derniers chiffres de Statistique Canada, il y avait en 2023 178 policiers pour 100 000 habitants à l’échelle nationale. Au Nouveau-Brunswick, c’était 155.

Pour rattraper la moyenne nationale, la Fédération de la police nationale (FPN), le syndicat qui représente les 20 000 membres de la GRC, mène une campagne au Nouveau-Brunswick afin que la province finance le recrutement de 80 nouveaux policiers d’ici trois ans. À l’aube d’un budget dont le déficit prévu est de 1,3 milliard de dollars, la FPN espère des investissements 20 millions de dollars.

La FPN et d’autres organismes représentant différents corps policiers ont récemment rencontré le ministre de la Sécurité publique, Robert Gauvin.

Le gouvernement prépare actuellement le budget provincial en vue du 17 mars. De nombreuses propositions ont été reçues et sont à l'étude, et des décisions difficiles devront être prises, indique le ministre dans une déclaration envoyée par courriel.

Patrick Bouchard, directeur général de la FPN pour les divisions du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, confirme avoir rencontré Robert Gauvin.

C’est sûr qu’ils nous écoutent quand on leur mentionne. Il n’y a personne qui nous dit qu’on n’a pas raison. Mais est-ce que la priorité du gouvernement est nécessairement la même que la Fédération de la police nationale? Ça reste à voir, affirme M. Bouchard.

Une question de sécurité

L’objectif est d’atteindre la moyenne nationale et de s’assurer que le public est en sécurité, mais pour la FPN, c’est aussi une question de protection de ses membres. Puisque les policiers sont seuls dans leur véhicule, le manque d’agents peut avoir de graves conséquences lorsqu’ils ont besoin de renforts.

Les plus grands besoins, c’est de s’assurer que nos policiers sont en sécurité au travail. Le gros besoin, c’est que, quand un policier appuie sur son bouton d’urgence – ce qui est finalement le 911 pour nous –, il ne faudrait pas attendre 40-45 minutes avant que quelqu’un vienne t’aider, explique M. Bouchard.

Un policier de la GRC.

La GRC espère pouvoir recruter 80 nouveaux policiers au Nouveau-Brunswick au cours des trois prochaines années. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Au Nouveau-Brunswick, le nombre d’appels a augmenté de 26 % depuis 2018, selon la FPN. De ce nombre, 45 % ont trait à des enjeux de santé mentale.

Et un policier qui répond à un appel de santé mentale, ce n’est pas un policier qui répond à une infraction criminelle. Ce n’est pas un policier qui fait de la prévention de crime. Ce n’est pas un policier qui fait de la sécurité routière, explique M. Bouchard.

Pour remédier à ce problème, la FPN recommande aussi l’embauche d’une infirmière spécialisée en santé mentale au centre de répartition afin de mieux diriger les appels de ce genre. L'Association canadienne pour la santé mentale du Nouveau-Brunswick demande également d’investir davantage en santé mentale dans le cadre du prochain exercice financier.

Le centre de formation de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la division dépôt, à Regina, en Saskatchewan.

Le centre de formation de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la division dépôt, à Regina, en Saskatchewan. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Un objectif de recrutement ambitieux

En plus d’avoir de nombreux postes vacants, la GRC affirme également, par courriel, qu’il y a un grand nombre de membres qui quittent la force chaque année.

Au cours de la prochaine année, la GRC s’est donc donné l'ambitieuse cible de former 1600 nouveaux policiers, ou 50 troupes de 32 cadets. Elle est cependant encore très loin du but.

L’année dernière, environ 20 000 candidatures ont été reçues. Seules 1037 personnes ont été retenues et se sont rendues à l’académie de la GRC. Parmi eux, 863 ont terminé le programme de formation.

Isabelle Beaulieu en entrevue dans un centre sportif.

La constable Isabelle Beaulieu est l'agente de recrutement pour la GRC au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Denis Mazerolle

À l’atelier d’évaluation physique, la gendarme Beaulieu affirme qu’il faut trouver les bonnes personnes et que le seul fait d’être en bonne forme ne suffit pas.

On ne va pas prendre quelqu’un qui n’est pas prêt pour aller à l’académie. Premièrement, ça coûte cher. On ne veut pas non plus envoyer quelqu’un qu’on sait qu'il va échouer. On ne veut pas ça, explique-t-elle.

Pour l’année financière en cours, la GRC avait reçu, en date de janvier, 17 332 candidatures. De ce nombre, un peu plus de 980 se sont rendus au centre de formation de la police fédérale.

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