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La France est intéressée par le sous-sol québécois, soutient Fréchette à Paris

2 weeks ago 7

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En mission à Paris, la première ministre, Christine Fréchette, a rencontré le président français, Emmanuel Macron, pour parler de défense, de minéraux critiques, de la langue française et de l'intelligence artificielle.

Le Québec est toujours le bienvenu, a lancé Emmanuel Macron, serrant la main de Christine Fréchette sur le parvis de l'Élysée, avant d'entrer dans le palais présidentiel.

À sa sortie, Mme Fréchette a qualifié la rencontre de positive et de chaleureuse, devant les médias.

La première ministre a expliqué qu'il est dans l'intérêt du Québec de se positionner favorablement en vue des investissements colossaux à venir dans le domaine de la défense, notamment en raison de la volonté des pays de l'OTAN de consacrer 5 % de leur PIB à des dépenses de défense et de sécurité. D'autant plus que de nombreuses entreprises françaises de cette industrie sont déjà installées en sol québécois.

La France veut réduire sa dépendance à l'égard de la Russie et de la Chine. Et le Québec peut faire partie de la solution. On a une belle expertise chez nous [et] on a les ressources, les minéraux critiques et stratégiques.

On veut développer des partenariats en lien avec les minéraux critiques et stratégiques et la France s’est montrée intéressée, a poursuivi Mme Fréchette. Un petit groupe d’action va d'ailleurs se mettre en place pour travailler sur les projets les plus susceptibles de se déployer à court et à moyen terme, a laissé entendre la première ministre.

Christine Fréchette lors d'une table ronde.

En matinée, Mme Fréchette a vanté les « grands atouts » du Québec lors d'une table ronde sur les minéraux stratégiques avec des représentants du gouvernement français et des acteurs économiques.

Photo : Cabinet de la première ministre du Québec / Émilie Nadeau

La première ministre a mentionné avoir présenté les atouts de la candidature de Montréal, comme elle l'avait annoncé, pour accueillir le siège social de la Banque de la défense – une institution multinationale qui doit servir à financer l’innovation dans le domaine de la défense et aider les pays de l’OTAN. Elle n'a pas demandé d'appui formel de la part du président français pour autant, et c'est Ottawa qui décidera, à terme, où siègera cette institution.

La souveraineté culturelle des États face aux géants du numérique faisait aussi partie des points à l'ordre du jour. On le sait, les plateformes rendent parfois invisible notre créativité, a souligné la première ministre, qui a remercié le président français pour son appui dans la campagne que mène Québec pour la découvrabilité des contenus culturel de la province.

Au chapitre de l'intelligence artificielle, Mme Fréchette a dit vouloir voir l'implantation de projets pilotes basés sur l'IA dans l'administration publique québécoise. Elle cite en exemple l'entreprise française Mistral AI, qui développe des systèmes d'IA générative sur mesure pour les organisations, dont les États français et allemand.

Plus tôt, Mme Fréchette a aussi rencontré le premier ministre français, Sébastien Lecornu. La première ministre a consacré le reste de sa journée à une table ronde sur les minéraux critiques et à un discours pour souligner le 20e anniversaire de présence diplomatique du Québec à l’UNESCO. Un souper économique est prévu ce soir à la résidence officielle du Québec à Paris.

Le ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete, et le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, accompagnent également la première ministre pour cette mission en France.

Il s’agit de la deuxième mission à l’étranger pour Christine Fréchette. Elle s’est en effet rendue à Washington il y a quelques semaines.

Mme Fréchette est à Paris jusqu’au 20 mai.

Emmanuel Macron tient un un chandail d'Alexandre Texier, debout aux côtés de Christine Fréchette.

En mission économique à Paris, la première ministre du Québec Christine Fréchette a offert au président français Emmanuel Macron un chandail d'Alexandre Texier, joueur français du Canadien de Montréal.

Photo : Instagram / Christine Fréchette

20e anniversaire du Québec à l’UNESCO

Plus tôt lundi, Christine Fréchette a prononcé un discours à l’occasion du 20e anniversaire de l’Accord Québec-Canada ayant permis au gouvernement du Québec de nommer son propre représentant au sein de la délégation permanente du Canada à l'UNESCO.

Grâce à sa langue et sa culture, le Québec connaît bien ce que ça implique, la défense des identités culturelles. On nage dans cet univers de défis depuis fort longtemps, a dit Mme Fréchette. En fait, les Québécois, ça fait 400 ans qu’on défend notre langue [et] notre culture en Amérique du Nord.

La première ministre a profité de sa tribune pour encourager les pays membres de l’UNESCO à adopter un cadre légal contraignant pour protéger la souveraineté culturelle des États face aux géants du numérique, un combat mené par le ministre Mathieu Lacombe depuis trois ans.

Le Québec pousse pour que la Convention de 2005 de l’UNESCO, qui protège les cultures nationales contre la mondialisation, s’applique au monde numérique. Un tel outil rendrait plus facile, notamment, l’application de la nouvelle loi québécoise sur la découvrabilité, qui vise à donner un meilleur accès à la culture québécoise sur les grandes plateformes.

Il y a 20 ans, le Québec a officiellement pris sa place parmi les nations de l’UNESCO. Cette place, nous la mettons aujourd’hui au service de [la défense des identités culturelles] qui nous appartient tous.

On va donc continuer à défendre cette cause aux côtés de toutes les nations, petites et grandes, qui croient que la diversité des cultures, ce n'est pas un obstacle, c’est plutôt une richesse, a ajouté Mme Fréchette.

2:15

Le compte rendu de Sébastien Desrosiers, à Paris

Tourner le dos à Teams et à WhatsApp?

Après sa rencontre avec le président Macron, Christine Fréchette s’est montrée ouverte, mais prudente, à ce que le Québec s'inspire des Français pour offrir aux fonctionnaires des outils de messagerie et de visioconférence qui ne sont pas des applications américaines, comme Teams ou WhatsApp.

Une source avait indiqué à Radio-Canada qu’un des objectifs de la délégation québécoise en France était de voir les possibilités de collaboration et de partage d’expertise en la matière.

Il faut assurément développer notre souveraineté numérique. Ça peut faire partie des options à considérer, a dit Mme Fréchette. On n'en est pas là sur le moyen très précis, a-t-elle toutefois indiqué.

L'État français a développé la messagerie Tchap, utilisée par ses fonctionnaires. Similairement, la Belgique a créé Beam pour ses fonctionnaires et ses militaires.

Avec les informations de Presse canadienne et Agence France-Presse

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