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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUne première reconstitution numérique de la face de « Little Foot » (Petit Pied en français) a été créée par une équipe internationale de scientifiques, dont des anthropologues du Centre national de la recherche scientifique de France (CNRS).
Considéré comme le plus complet d’Australopithecus mis au jour jusqu'à présent, le fossile a été découvert entre 1994 et 1997 à Sterkfontein, en Afrique du Sud.

Vue générale du squelette de Little Foot encore en place dans la grotte de Sterkfontein, en novembre 2006.
Photo : Wikimedia
Pas moins de 90 % de son squelette a été retrouvé, alors que 40 % de celui de l'australopithèque surnommé Lucy découvert en Éthiopie en 1974 a été mis au jour.
Ce qu’on sait de Little Foot
- Les analyses du fossile montrent qu'il s'agit d'une femme d'une trentaine d'années d'à peine plus d'un mètre de haut.
- L’étude de ses membres apporte également des indices sur son mode de vie : la proportion de ses mains et de ses bras par rapport à ses jambes suggère que les hominidés de cette époque pratiquaient déjà une forme de bipédie, tout en conservant des aptitudes pour grimper aux arbres.
Une reconstitution importante
Le squelette de Little Foot était enfoui dans des sédiments dont les mouvements et le poids ont provoqué des fractures et des déformations qui rendent l’analyse de son crâne, et plus particulièrement de sa face, difficile, expliquent la paléoanthropologue française Aurélie Meilhon et ses collègues dans un communiqué publié par le CNRS.

Reconstruction de la face de « Little Foot ».
Photo : CNRS/Amélie Beaudet
Or, cette région anatomique est un élément indispensable à la compréhension des adaptations de nos ancêtres et parents à leur milieu.
Bien comprendre l’évolution du genre Australopitecus est essentiel, puisque, pendant 2 millions d’années, il a connu un grand succès évolutif en Afrique qui a mené à l’apparition de plusieurs espèces, dont Homo habilis, ancêtre d’Homo sapiens.
Un travail complexe
Dans un premier temps, les chercheurs ont numérisé l’ensemble des os en Afrique du Sud, mais la résolution obtenue n’a pas permis d’établir un portrait assez précis. Le crâne fossilisé a donc été transporté au Royaume-Uni, où il a été minutieusement numérisé à l’aide d’une micro-tomographie à rayons X de haute précision.

Détail du crâne de Little Foot encore en place dans la grotte de Sterkfontein en novembre 2006.
Photo : Wikimedia
Ce travail a permis de corriger virtuellement les déformations subies pendant des millénaires et de reconstituer le visage en 3D de Little Foot avec une précision de 21 microns (soit 0,021 mm).
Des conclusions surprenantes
La comparaison de ce nouveau visage avec ceux de grands singes actuels et d'autres spécimens d'australopithèques a révélé une surprise : la face de Little Foot est morphologiquement plus proche des spécimens d'Afrique de l'Est (Lucy) que de ceux d'Afrique du Sud (Mme Ples et l'enfant de Taung).
Un autre détail a aussi frappé les chercheurs : ses orbites très hautes occupent une place prédominante sur le visage. Cette caractéristique pourrait avoir influé sur sa vision et ses stratégies de recherche de nourriture. Ces résultats soulèvent de nouvelles questions sur les migrations de ces populations et les pressions de sélection naturelle qui ont sculpté le visage de nos lointains cousins.
Le détail de cette reconstitution est l’objet d’un article publié dans les Comptes Rendus Palevol (nouvelle fenêtre) (en anglais).


2 months ago
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