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L’ONU adopte une résolution pour consolider les obligations climatiques des États

2 weeks ago 16

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L'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) a adopté mercredi une résolution consolidant les obligations climatiques des États, un texte jugé capital par les défenseurs de la planète malgré les concessions arrachées par les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

Nous savons que certains préféreraient que cette Assemblée en dise moins, ou qu'elle ne dise rien du tout, a dit avant le vote Odo Tevi, ambassadeur à l'ONU du Vanuatu, petit État insulaire du Pacifique à l'origine de cette bataille.

Néanmoins, cette résolution est importante, parce que les dommages sont réels et déjà présents pour les îles et les zones côtières en basse altitude, pour les communautés faisant face à la sécheresse et aux mauvaises récoltes, pour ceux dont les maisons, les revenus, et la culture sont bouleversés par des forces qu'ils n'ont pas déclenchées, a-t-il insisté.

Carte représentant notamment le Vanuatu et l'Australie.

Le Vanuatu est à environ trois heures d'avion au large de l'Australie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Ce texte de compromis a été adopté avec 141 voix pour, 8 contre (dont les États-Unis, Israël, l'Iran, la Russie, et l'Arabie saoudite) et 28 abstentions.

Sous l'impulsion du Vanuatu, l'Assemblée générale avait réclamé en 2024 à la Cour internationale de justice (CIJ) un avis consultatif sur la responsabilité des États de respecter leurs engagements climatiques.

L'avis, rendu l'été dernier, a dépassé les attentes des défenseurs du climat : la Cour a affirmé que les États qui violaient leurs obligations climatiques commettaient un acte illicite et a ouvert la voie à des « réparations » pour les pays affectés.

Des juges derrière une tribune.

Le président de la Cour internationale de justice, Yuji Iwasawa, faisant la lecture d'un avis fort attendu sur les obligations des États en matière de lutte contre les changements climatiques. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / AFP / JOHN THYS

Pour rebondir sur cet avis non contraignant, mais sur lequel les tribunaux du monde entier peuvent s'appuyer, le Vanuatu a présenté en janvier un projet de résolution destiné à le mettre en œuvre.

Nous ne pouvons pas endurer plus de catastrophes et de destruction. Nous avons droit à un avenir, et cette résolution de l'ONU est notre bouée de sauvetage; nous devons la saisir, a déclaré cette semaine Vepaiamele, 17 ans, militante climat originaire du Vanuatu, qui avait témoigné devant la CIJ en 2024.

Or, la résolution n'est pas sortie indemne des nombreuses séances de négociations entre États, dont beaucoup ne considèrent plus le climat comme une cause prioritaire face aux intérêts industriels ou sécuritaires.

Pas de registre des dommages

Elle salue l'avis de la Cour, souligne l'importance et l'autorité qu'il revêt pour éclaircir le droit international en vigueur et appelle tous les États à honorer les obligations que leur fait le droit international pour protéger le climat.

Elle insiste sur les mesures à prendre pour limiter le réchauffement à +1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, notamment en sortant progressivement des énergies fossiles, l'objectif adopté en 2023 par près de 200 pays lors d'une réunion climatique qui a eu lieu à Dubaï.

Toutefois, l'idée d'un registre international des dommages destiné à rassembler les preuves des préjudices attribuables au réchauffement, élément phare du projet originel vu par l'Agence France-Presse (AFP), a provoqué une levée de boucliers et a disparu.

Les plus gros responsables des émissions de GES depuis la révolution industrielle se montrent aussi régulièrement hostiles à tout mécanisme qui pourrait les forcer à verser des réparations à ceux qui sont les premières victimes du dérèglement climatique.

La résolution souligne cependant que, selon la CIJ, un État en violation de ses obligations climatiques engage sa responsabilité, avec l'éventualité de devoir octroyer une réparation intégrale aux États lésés.

Les multiples révisions du texte n'ont pas suffi à lever notamment l'opposition des États-Unis, à nouveau sortis de l'Accord de Paris par Donald Trump.

Donald Trump dans la roseraie de la Maison-Blanche à Washington, le 1er juin 2017.

Le président américain Donald Trump avait annoncé une première fois le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, en 2017. Il l'a fait à nouveau l'an dernier. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Cette résolution très problématique inclut notamment des exigences politiques inappropriées liées aux énergies fossiles et à d'autres questions climatiques, a dénoncé l'ambassadrice américaine adjointe à l'ONU, Tammy Bruce, refusant également de considérer comme faisant autorité l'avis de la CIJ sur lequel les États-Unis ont de nombreuses inquiétudes.

Poursuivant leur pression, des pays producteurs de pétrole, comme l'Arabie saoudite et le Koweït, ont eux, en vain, déposé des amendements jugés par le Vanuatu comme une nouvelle tentative d'affaiblir encore le texte. Ils ont également multiplié les interventions de procédure pendant la session.

Les défenseurs du climat espèrent désormais que l'idée d'un registre des dommages revienne sur la table à la faveur d'un rapport du secrétaire général de l'ONU. Le projet de résolution lui demande de présenter des suggestions pour favoriser le bon respect de toutes les obligations mises en avant par la CIJ.

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