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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.
« On ne voit que quatre murs blancs, donc, c'est difficile pour un acheteur de se projeter », lance le courtier immobilier Alexandre Tazi, en visite dans un logement avec Radio-Canada. Comme d’autres courtiers immobiliers, il utilise l’intelligence artificielle (IA) pour meubler et mettre en valeur ses propriétés.
En tant que courtier qui veut maximiser la visibilité d'une propriété, mon objectif, c'est de rendre la propriété attrayante, explique celui qui est aussi dirigeant d’agence au Groupe immobilier Londono.
L’IA lui permet d’économiser les coûts liés à la valorisation de la propriété, comme l’embauche d’un graphiste ou la location de meubles, qui peuvent s’élever à quelques milliers de dollars.

Un condo à vendre à Montréal.
Photo : Capture d'écran

L'intelligence artificielle a permis de meubler la pièce vide du même condo à vendre à Montréal.
Photo : Fournie par Alexandre Tazi
On doit quand même superviser le résultat [de l’IA] pour s'assurer que ça représente fidèlement la pièce. Mais l’important, c'est essentiellement la transparence, nuance-t-il.
Afin de ne pas décevoir de potentiels acheteurs ou locataires, Alexandre Tazi affirme qu’il indique toujours qu’une photo a été modifiée par l’IA. Il joint également à l’annonce la photo originale et veille à ce que le contenu généré reste fidèle à la réalité.
On ne veut pas, par exemple, que [l’IA génère une photo avec] un lit king dans une toute petite chambre, illustre-t-il.

2:09
Le reportage d’Édouard Beaudoin
Younes El Moustir, courtier immobilier résidentiel et commercial chez RE/MAX, utilise lui aussi l’IA pour mettre en valeur ses annonces.
L’utilisation de l’IA peut toutefois être frustrante, autant pour nous, en tant que professionnels, que pour les vendeurs, dit-il. Si ça ne reflète pas la réalité, bien souvent, malheureusement, il n’y aura pas de transaction.

Younes El Moustir, courtier immobilier résidentiel et commercial chez RE/MAX (Photo d'archives)
Photo : Instagram / Younes El Moustir
Une pratique encadrée?
Dans son guide sur l’utilisation de l’IA, l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier (OACIQ) rappelle aux courtiers qu’ils doivent faire preuve de transparence et respecter certaines limites afin d'éviter toute fausse représentation.
Si on fait apparaître une fenêtre qui n'existe pas et si on ajoute un étage, là, évidemment, on va beaucoup trop loin, illustre Louis Beauchamp, vice-président communications à l’OACIQ.
Vincent Gautrais, professeur titulaire à la Faculté de droit et chercheur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal, estime que le cadre juridique québécois protège déjà les acheteurs contre les représentations trompeuses d’une propriété.
Selon lui, il y aurait peu de recours pour les individus lésés, puisqu’il serait difficile de démontrer qu’une annonce générée par l’IA aurait pu causer un préjudice sérieux.
J'ai peut-être un peu de mal à voir des situations où des dommages plus conséquents que le seul déplacement pour rien pourraient donner lieu à un dédommagement, dit-il.

Vincent Gautrais, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : courtoisie Vincent Gautrais
En comparaison, aux États-Unis, la pratique commence à être encadrée. Depuis le 1er janvier 2026, la Californie oblige les courtiers immobiliers à indiquer qu’une photo a été modifiée par l’IA et à rendre disponibles les réelles photos. La Ville de New York envisage elle aussi de légiférer pour rendre obligatoire la divulgation des photos générées par l’IA.
D’après un reportage d’Édouard Beaudoin


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