PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPete Hoekstra n’a pas la langue dans sa poche. Proche de Donald Trump, le politicien républicain de 72 ans a la réputation de ne pas mâcher ses mots, surtout lorsqu’il est question de la relation canado-américaine.
Quand il nous accueille à l’ambassade américaine à Ottawa – où il a été nommé en avril 2025 –, Pete Hoekstra lance quelques compliments pour le Canada, qu’il décrit comme un ami incroyable avec qui les entreprises américaines aiment vraiment faire des affaires.
Mais, très vite, les critiques fusent. Il parle de déception et de frustration de la part de l’administration Trump à l’égard du gouvernement Carney. Nous croyons que nous aurions pu bouger plus rapidement sur les négociations commerciales, plaide-t-il. Nous aimerions être en train de réviser des propositions concrètes.
Selon M. Hoekstra, les tarifs américains sont là pour de bon, et les Canadiens devraient accepter cette réalité : C’est notre politique, et c’est une politique qui est administrée de façon uniforme.

Pete Hoekstra a siégé au Congrès américain de 1993 à 2011, représentant un district du Michigan. Il a été ambassadeur des États-Unis aux Pays-Bas pendant le premier mandat de Donald Trump.
Photo : Radio-Canada / David Richard
Comprend-il la frustration des Canadiens qui estiment n’avoir rien fait de mal et qui ont quand même écopé des tarifs de Donald Trump ? Non, répond-il du tac au tac. Le Canada a beau avoir une longue histoire de collaboration avec les États-Unis et faire partie de l’ACEUM, les tarifs s’appliquent partout, indique-t-il.
Il y a différents tarifs pour différentes parties du monde, en fonction des circonstances économiques, mais le concept de tarifs s’applique de façon unilatérale à tous ceux avec qui nous faisons du commerce.
L'épisode de l'émission Les coulisses du pouvoir qui comporte l'entrevue avec Pete Hoekstra est diffusé dimanche à 11 h (HAE) sur ICI Télé et sur ICI RDI. Il sera disponible en rattrapage sur le site Internet de l'émission ainsi que sur ICI Tou.tv (nouvelle fenêtre).
L’alcool, un grand irritant
Autre signal du fossé entre la vision de l’administration Trump et celle de nombreux politiciens canadiens : l’ambassadeur Pete Hoekstra dénonce le retrait de l’alcool américain sur les tablettes, une mesure de représailles mise en place par plusieurs provinces, en réaction aux tarifs du président.

Jim Beam, l'un des fabricants de bourbon les plus emblématiques des États-Unis, a interrompu la production de sa distillerie phare du Kentucky pour toute l'année 2026. (Photo d'archives)
Photo : (Tina Mackenzie/CBC)
Nous pensons que [ce retrait] est complètement injuste, dit-il. [Ces provinces] envoient un message très clair qu’elles ne sont pas intéressées à faire affaire avec les États-Unis. Et le premier ministre [Carney] a renforcé ce message. Ça soulève des questions à savoir si le Canada est vraiment intéressé à faire des affaires avec les États-Unis.
La remise de l’alcool sur les tablettes pourrait-elle mener à un assouplissement des tarifs américains? Encore une fois, l’ambassadeur répond par la négative.
Quand on lui demande quel serait l’intérêt alors pour les provinces de recommencer à vendre du bourbon du Kentucky, par exemple, M. Hoekstra explique : C’est à elles de voir. [...] Les États-Unis voient cette mesure comme très injuste, et ça affecte la façon dont nous négocions et évoluons.

Pour l’ambassadeur, le refus des provinces de vendre de l'alcool américain est un irritant majeur.
Photo : Radio-Canada / David Richard
Pete Hoekstra ne s’arrête pas là : il dénonce aussi la politique d’approvisionnement de plusieurs provinces qui misent sur l’achat local, ou encore le message de certains politiciens décourageant les voyages aux États-Unis.
En décembre dernier, par exemple, Doug Ford a annoncé qu’il annulait son traditionnel voyage annuel en Floride pour s’opposer aux tarifs de Donald Trump.
On ne dit pas aux Américains : n’achetez pas de produits canadiens, ne voyagez pas au Canada, ajoute-t-il.
Le Canada, pas assez conciliant?
Selon l’ambassadeur, le Canada devrait opter pour une approche plus conciliante avec l’administration Trump et mettre davantage son chapeau de vendeur, en faisant « des pitchs de vente formidables aux États-Unis ».
Dans le secteur de l’automobile, par exemple, il estime que le gouvernement fédéral, ainsi que celui de Doug Ford, n’a pas suffisamment vendu en quoi l’Ontario était le meilleur endroit pour se procurer des voitures.
Or, Donald Trump répète souvent que son intention est de rapatrier la totalité de la production automobile au sud de la frontière.

En Ontario, depuis l'entrée en vigueur des tarifs américains, 3000 employés de Stellantis à Brampton, ainsi que 1200 employés de General Motors à Ingersoll, ont perdu leur emploi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pratyush Dayal/CBC
L’ambassadeur Hoekstra souligne aussi à quel point le Mexique a été très agressif pour passer à travers sa liste d’irritants commerciaux avec Washington. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum a d’ailleurs une date pour le début des négociations formelles avec Washington – la semaine du 25 mai –, ce qui n’est pas le cas pour le Canada.
De son côté, Ottawa estime quand même avoir fait deux concessions importantes à l’administration Trump en laissant tomber la plupart de ses contre-tarifs et en abandonnant, en juillet dernier, sa taxe sur les services numériques.
La défense, un domaine de collaboration?

L’ambassadeur Hoekstra parle d’une « relation forte » dans le domaine de la défense entre le Canada et les États-Unis.
Photo : Radio-Canada / David Richard
Parmi les secteurs où l’ambassadeur Hoekstra estime que les relations bilatérales vont bien, il cite, d’entrée de jeu, la défense, et ce, malgré la décision de l’administration Trump, plus tôt cette semaine, de suspendre sa participation à un comité militaire canado-américain mis sur pied en 1940.
Nous sommes reconnaissants, explique-t-il, que [...] pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, le Canada ait finalement tenu ses engagements en matière de défense. Mais, en même temps, nous avons aussi entendu le ministre des Finances dire qu'il n'y a pas de plan pour atteindre la cible de 5 %.
L’an dernier, les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour consacrer l’équivalent de 5 % de leur PIB dans le secteur militaire d’ici 2035.
Dans son dernier budget, le ministre François-Philippe Champagne a inclus un ajout global de près de 82 G$ sur 5 ans pour la défense, mais pas de plan détaillé de projections de dépenses.

François-Philippe Champagne et Mark Carney lors du dépôt de leur dernier budget, en novembre 2025. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
La suspension de la participation à un comité militaire est-elle aussi une façon pour Washington de faire pression sur le Canada pour qu’Ottawa achète plus d’avions de chasse américains?
Le Canada peut prendre n’importe quelle décision sur les F-35, assure M. Hoekstra.
L’ambassadeur prend quand même le soin de souligner qu’à ses yeux, le F-35 de Lockheed Martin est le jet le plus moderne au monde, contrairement au Gripen de la suédoise Saab – l’autre option envisagée par Ottawa –. que M. Hoekstra décrit comme un avion de génération inférieure.
Dans les derniers jours, de hauts responsables du Pentagone ont critiqué la lenteur avec laquelle le gouvernement Carney révisait l’achat des F-35, reprochant à Ottawa de prioriser la politique plutôt qu’une responsabilité commune de défense de l’Amérique du Nord.

L’avion de chasse américain F-35. (Photo d'archives)
Photo : AFP / Giuseppe Cacace
Le temps alloué pour l’entrevue tire à sa fin. On demande quand même en terminant à Pete Hoekstra s’il se plaît dans son rôle d’ambassadeur à Ottawa, malgré les tensions entre les deux pays.
Cette fois-ci, l’ambassadeur répond par l’affirmative : J’adore défendre l’Amérique chaque jour.
Avec la collaboration d’Étienne Lagueux-Barthe


1 week ago
4





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·