PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa Colombie-Britannique a annoncé lundi que le changement d’heure du 8 mars prochain serait son dernier, après quoi elle conservera l’heure avancée du Pacifique (UTC-7). Le Québec pourrait-il lui emboîter le pas?
À l’automne 2024, le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, avait annoncé une consultation publique sur l’abolition potentielle du changement d’heure. Les résultats avaient été sans équivoque : sur les 214 000 répondants, 91 % ne souhaitaient pas que le changement d’heure soit maintenu.
Le cabinet de Simon Jolin-Barrette a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada pour faire le point sur les suites de cette consultation publique.
Nous avons pris acte de la volonté des Québécois de mettre fin au changement d’heure. Les analyses suite aux consultations d’experts, notamment des milieux économiques et de la santé, se poursuivent. Nous n'avons pas d'annonce à faire pour le moment, a souligné l’attaché de presse de M. Jolin-Barrette par courriel.
Quelles conditions sont nécessaires pour abolir le changement d’heure?
Dans un sondage Internet mené en novembre 2024, 890 chefs de PME membres de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) se sont prononcés à 78 % en faveur de l’abolition du changement d’heure, que ce soit pour conserver l’heure normale ou avancée, ou sans préférence particulière.
Économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI, Simon Gaudreault, explique que les membres de son organisation sont majoritairement favorables à l’abolition du changement d’heure, mais souhaitent aussi que cela soit réalisé de manière prévisible.
M. Gaudreault souligne que la récente annonce de la Colombie-Britannique a causé une certaine surprise chez des membres de la FCEI.
Est-ce qu'on va s'assurer d'éviter de fabriquer des surprises de dernière minute? Du côté de la Colombie-Britannique, on a annoncé ça quand même assez à la dernière minute. Donc, que le gouvernement du Québec, finalement, s'assure qu'il y a de la prévisibilité parce que c'est clair qu'on n'en a pas eu en surplus, de la prévisibilité pour l'environnement d'affaires, dans les dernières années, soutient M. Gaudreault.

Si le Québec abolit le changement d'heure, Simon Gaudreault aimerait que cela soit fait de façon prévisible pour les entreprises. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes
Pour ce qui est d’une potentielle abolition du changement d’heure au Québec, il explique que l’idéal serait une décision prise de concert avec les juridictions avoisinantes, notamment l’Ontario et les États de la côte est américaine. Ce qu'on souhaite de manière générale, c'est que ce soit fait le plus possible en coordonnant avec les autres juridictions.
En 2020, l’Ontario avait adopté un projet de loi qui prévoyait l'abolition du changement d’heure dans la province si le Québec et l’État de New York faisaient de même.
La députée libérale fédérale Marie-France Lalonde avait déposé en octobre dernier un projet de loi visant à organiser une consultation pancanadienne sur le changement d’heure. Elle salue la décision de la Colombie-Britannique, qui a pris la décision de remédier à la pratique désuète du changement d'heure biannuel.

1:57
Mme Lalonde aborde dans le même sens que M. Gaudreault quant à la nécessité d’une approche commune entre le Québec et l’Ontario. Représentante d'une circonscription en banlieue d’Ottawa, elle souligne les difficultés que la décision unilatérale de l’une des deux provinces pourrait entraîner.
Elle met notamment de l'avant les impacts potentiels pour les fonctionnaires fédéraux vivant et travaillant de part et d'autre de la rivière des Outaouais, ou encore pour des couples divorcés avec des enfants, dont un parent habiterait au Québec et l’autre en Ontario.
Il serait toutefois possible pour le Québec et l’Ontario de faire le changement simultanément sans attendre les États-Unis, selon elle.
Je crois que si la Saskatchewan, le Yukon et, très bientôt, la Colombie-Britannique sont arrivés à le faire, le Québec et l'Ontario pourraient faire avancer ça, soutient la députée ontarienne.

La députée fédérale d'Orléans, Marie-France Lalonde, a relancé le débat sur le changement d'heure avec son projet de loi déposé l'automne dernier. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Le casse-tête des fuseaux horaires canadiens
Le Canada est divisé en cinq fuseaux horaires, qui n’ont toutefois pas les mêmes frontières en été qu’en hiver.
En effet, l’annonce de la Colombie-Britannique lui permet de rejoindre le Yukon, qui avait aboli les changements d’heure en 2020. En hiver, cette province et ce territoire seront désormais sur le même fuseau horaire que l’Alberta, les Territoires du Nord-Ouest et une partie du Nunavut. En été cependant, ils seront coordonnés avec la côte ouest américaine.
La Saskatchewan ayant aboli le changement d’heure dès 1966, elle reste à UTC-6 toute l’année. Elle passe l’été sur le même fuseau horaire que l’Alberta, puis l’hiver sur celui du Manitoba et du nord-ouest de l’Ontario.
Terre-Neuve-et-Labrador est de son côté 30 minutes en avance sur les Maritimes et demeure la seule province à ne pas changer l'heure au même moment que le reste du pays.
C’est sans compter les nombreuses régions et communautés au pays qui ne suivent pas les fuseaux horaires réguliers de leurs provinces respectives, pour diverses raisons.
Un choix contre-intuitif entre l’heure d’été ou d’hiver
Les résultats de la consultation publique du gouvernement du Québec démontrent que 72 % des 214 000 répondants préféreraient conserver l’heure avancée, contrairement à seulement 25 % pour l’heure d’hiver, et 3 % d’indécis.
Le sondage interne de la FCEI est plus nuancé, même si 43 % de ses répondants au Québec souhaitant le changement d’heure préféreraient conserver l’heure d’été à longueur d’année. Il s’agit toutefois de la plus grande proportion au pays, selon M. Gaudreault.
Même si ce choix peut sembler naturel, notamment pour profiter du soleil plus tard dans la journée en hiver, il ne serait pas bénéfique pour la santé. C’est ce qu’avance le Dr Thanh Dang-Vu, neurologue, chercheur à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, professeur à l’Université Concordia et vice-président recherche à la Société canadienne du sommeil.

Le Dr Thanh Dang-Vu préfèrerait une abolition du changement d'heure pour garder l'heure normale toute l'année. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Découverte
Selon le Dr Dang-Vu, le choix de l’heure normale à longueur d’année serait l'idéal, non seulement pour éviter les effets négatifs des changements d’heure, mais aussi pour avoir plus de lumière le matin, particulièrement en hiver.
Si on n’a pas de lumière le matin, c’est comme si notre cerveau était encore dans une période dans laquelle, biologiquement, on devrait être en train de dormir. Donc, on va créer une sorte de discordance entre notre horloge biologique et nos activités sociales, explique le Dr Dang-Vu.
Le changement d’heure, un enjeu de sécurité publique?
La députée Marie-France Lalonde signale aussi la hausse du nombre d’accidents de la route survenant à la suite du changement d’heure.
Interrogée à ce sujet, la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a communiqué à Radio-Canada des statistiques concernant les accidents dans les 30 jours précédant et suivant le changement d’heure, entre 2020 et 2024.
Le constat? Les accidents sont en hausse dans les 30 jours suivant le changement d’heure à l’automne et en baisse au printemps entre 17 h et 20 h. C’est particulièrement le cas pour les accidents incluant au moins une victime piétonne.
Entre 17 h et 20 h, dans les 30 jours suivant le changement d’heure à l’automne, la SAAQ a observé une augmentation moyenne de 98 % des accidents impliquant au moins une victime piétonne, entre 2020 et 2024.
Geneviève Perron, porte-parole de la SAAQ, évoque la noirceur pendant le retour à la maison comme une des raisons expliquant ces variations importantes du nombre d’accidents.
Avec les informations de Mathieu Papillon


3 months ago
12

























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·