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Les communautés autochtones sont partagées à propos de l’entente conclue entre Ottawa et Québec sur la préservation de l’habitat du caribou forestier.
Les Naskapis, Innus, Cris et Inuit réclament depuis des années une stratégie pour assurer la protection des hardes de caribous, qui connaissent un important déclin.
La ministre fédérale de l'Environnement, Julie Dabrusin, et son homologue provinciale, Pascale Déry, ont annoncé le 30 juin une entente qui prévoit le versement par Ottawa de 25 millions de dollars sur cinq ans à Québec pour le financement de mesures de rétablissement de l’espèce.
Les communautés autochtones recevront 15 millions de dollars sur cinq ans pour participer au suivi des populations, à la mise en œuvre de mesures de gestion de l’habitat, à des projets d’acquisition de connaissances, au développement et à la diffusion d’outils de sensibilisation, ainsi qu’à des ateliers d’échange de connaissances.
Jérôme Bacon St-Onge, du Conseil des Innus de Pessamit, estime que cet accord constitue un pas dans la bonne direction. Il souligne, toutefois, que la protection du caribou ne peut se faire sans une véritable collaboration avec les Premières Nations.
Il faudra maintenant s'assurer que les engagements annoncés se traduisent par des actions concrètes sur le terrain, a-t-il écrit à Espaces autochtones.
Depuis 2020, Pessamit demande la création d’une aire protégée au Pipmuakan, pour préserver l'habitat des caribous forestiers.
Approche paternaliste
Pour sa part, Lucien Wabanonik, chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, se dit très déçu du comportement des deux gouvernements, qui n’ont pas impliqué les Autochtones dès le départ.

Lucien Wabanonik, chef du Conseil de la Nation Anishnabe du Lac-Simon, aurait souhaité être inclus dans les discussions. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
C'était déjà quelque chose de canné entre les deux parties, déplore-t-il. On n’a pas pu intervenir ou suggérer des pistes de solution.
Il reproche également aux gouvernements de repousser la résolution du problème, alors que le temps presse pour mieux protéger les caribous.
Il n’y a pas nécessairement d'engagement réel dans l'entente, précise Lucien Wabanonik. Ça va étirer le temps, ce qui n'est pas bénéfique pour le caribou.
Les gouvernements ne respectent pas leur obligation de conserver les animaux en péril. C'est décevant.
Il aurait voulu que les communautés soient consultées. Encore une fois, c'est une approche très paternaliste et ils ne reconnaissent pas l'expertise de nos Premières Nations, dénonce le chef de Lac-Simon.
Un souhait partagé par Jérôme Bacon St-Onge. À Pessamit, nous continuerons d'être une voix forte pour que les décisions concernant le caribou se prennent avec les Premières Nations, insiste-t-il.
La réconciliation passe aussi par la reconnaissance de notre expertise, de nos droits et de notre rôle comme gardiens du territoire.


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