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L’attaque du Canadien encore muselée par les Hurricanes

1 week ago 12

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Jusqu’à maintenant, le Canadien avait toujours pu se rabattre sur le fait qu’il n’avait pas perdu deux matchs de suite dans les séries éliminatoires. Ça s’est finalement produit, lundi soir, au Centre Bell, et le temps presse désormais pour trouver des solutions au casse-tête que lui présentent les Hurricanes de la Caroline.

La statistique avait circulé abondamment dans les heures précédant le match : l’équipe qui gagne le troisième match du tour précédant la finale de la Coupe Stanley a remporté 76 % des séries.

Les deux équipes n’avaient pas besoin de se faire rappeler l’importance du troisième match de cette finale d’association, et elles n’allaient pas s’encombrer l’esprit de statistiques qui ajoutent de la pression inutile.

Il reste que les Hurricanes ont joué ce troisième match avec toute la hargne que la situation commandait.

Si les visiteurs l’ont finalement emporté 3-2 en prolongation avec un but d’Andrei Svechnikov, c’est bien plus parce que leur système a muselé l’adversaire que parce que le Canadien a joué un mauvais match.

À Raleigh, Martin St-Louis avait dit que ses hommes ne devaient pas se laisser ébranler par les totaux des lancers, qui allaient fort probablement favoriser les Hurricanes dans cette série. Que voulez-vous, ils jouent ainsi, ils donnent dans le volume autant que l’encyclopédie Britannica, et il faut s’attendre à ce qu’ils tentent de tirer d’un peu partout.

Mais ça, c’est le volet défensif de l’équation.

À cet égard, le Canadien aurait le droit de juger qu’à compter de la deuxième période, il a souvent gardé les Hurricanes en périphérie, qu’il a plié sans rompre et qu’il a bien survécu aux périodes de bourdonnement dans son territoire. Un gros merci à Jakub Dobes, quand même, sur quelques surnombres qu’il a empêché de se transformer en catastrophe.

La suture a tenu le coup : let’s drink to that.

C’est sur le plan offensif que ça n’y était pas.

Monter le volume

Le Canadien a formé l’une des attaques les plus dangereuses de la LNH cette année en s’abreuvant de montées rapides et bien connectées en contre-attaque.

Depuis deux matchs, les Hurricanes l’éviscèrent carrément et limitent ces occasions de relance.

On peut bien dire que le Tricolore préfère miser sur la qualité des chances de marquer plutôt que sur la quantité, il faut quand même un minimum de volume pour se donner l’occasion de gagner.

Sinon, cette échappée en prolongation où Nick Suzuki a raté le filet, ou cette barre transversale touchée par Mike Matheson quelques secondes plus tard, vient prendre une place disproportionnée dans le narratif.

Oui, le Canadien a eu des chances, mais il n’en a nettement pas eu assez.

Deux tirs cadrés dans les 37 dernières minutes de jeu, voilà qui n'est guère un terreau fertile pour générer des chances de marquer.

Ce n’est pas toujours de lancer de partout, ça dépend en quoi tu crois. Mais on devrait avoir plus de volume, a dit l’entraîneur-chef Martin St-Louis, qui a vu son équipe être limitée à 13 lancers.

Cole Caufield est accroupi, plein de déception, devant des joueurs de la Caroline qui célèbrent la victoire.

Le Canadien a subi un cinquième revers en sept matchs au Centre Bell depuis le début des séries.

Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte

Quand l’avenir vient plus vite

Certains joueurs ont eu des soirées plus difficiles, mais c’est d’abord et avant tout sur le plan collectif que le CH est en train de se buter à un adversaire supérieur.

Des trois adversaires que le Canadien a affrontés jusqu’à maintenant, les Hurricanes sont les plus efficaces à presser le porteur du disque et à ôter tout temps de réaction. La pression est incessante et elle vient de partout. Le CH en a eu plein les bras et n’a pas souvent eu le luxe d’attendre qu’un coéquipier soit libéré et bien offert en cible.

St-Louis dit toujours qu’il faut jouer dans le futur, que ses joueurs doivent constamment anticiper le prochain jeu, la prochaine action. Mais l’opposition des Hurricanes rend cela difficile à faire.

Étant donné que l'espace se réduit plus vite, il faut anticiper le futur plus rapidement. Il est toujours là, il faut juste agir plus vite. J'ai l'impression que, parfois, on a joué trop lentement. Et parfois, on a joué avec le bon rythme, mais on n’a pas exécuté.

On fonce vers le défenseur qui tente une passe en sortie de zone, on presse (et on met parfois en échec) le récipiendaire de ladite passe en zone neutre, et si la rondelle est projetée dans le fond de leur territoire, ils sont souvent les premiers à la récupérer.

L’ironie de la chose, c’est que le match s’est décidé en prolongation sur un jeu qui n’impliquait pas cette fameuse pression.

Lane Hutson, qui a encaissé plus de mises en échec que n’importe qui depuis le début des séries éliminatoires, a tenté une passe en sortie de zone qui a tout bonnement été interceptée au centre par Svechnikov. L’attaque des Hurricanes s’est vite déployée en zone du Canadien, et Svechnikov a complété la séquence qu’il avait lui-même entreprise avec un tir que n’a pu maîtriser le gardien Jakub Dobes.

Il a été excellent pour nous tout au long des séries, a dit Hutson à propos de Dobes, auteur de 35 arrêts. Je ne suis pas surpris, il bataille tellement.

C’est poche que j’aie tout gâché pour lui, mais c’est ça qui est ça.

Le Canadien aurait peut-être pu se remettre de la bévue de Hutson, mais ce fut un moment fort de trop pour les visiteurs.

Des jambes plus fraîches

Le système des Hurricanes est efficace et très contraignant pour l’adversaire, mais il est aussi très exigeant.

Lors du premier match de la série, on a fait grand état de la longue pause dont avaient bénéficié les Hurricanes après deux balayages successifs. S’ils ont paru rouillés dans les 20 premières minutes de cette rencontre initiale, des jambes plus fraîches semblent maintenant les favoriser.

Ils n’ont jamais levé le pied sur presque quatre périodes de jeu, lundi.

Pendant ce temps, le Canadien se démenait pour contourner le fait qu’il était un peu à court de solutions pour sortir de sa zone, puis pour trouver de la vitesse en territoire neutre, puis pour passer du temps de qualité en zone des Hurricanes.

C’est un accomplissement en soi que ce match se soit rendu en prolongation, car plus le duel avançait, plus les revirements et les erreurs mentales s’accumulaient du côté du Canadien. Cela s’ajoutait à la pression purement physique qui le forçait à déterminer le bon jeu à la vitesse de l’éclair.

On a prouvé qu’on pouvait générer plus, et l’on doit assurément passer plus de temps en zone adverse, a dit le défenseur Mike Matheson. C’est ce qui est le plus dur quand, présence après présence, l’adversaire passe du temps dans ton territoire et qu’il te rend la vie difficile.

Nous sommes devant une formation bien rodée qui, malgré ses déceptions passées en finale d’association, n’a jamais dérogé de sa façon de faire, persistant à croire qu’un jour, ses méthodes finiraient par payer.

Ces méthodes fonctionnent très bien face au Tricolore, car les Hurricanes ne lui laissent que des miettes.

La bonne nouvelle, c’est que ceux-ci viennent de jouer deux matchs impeccables et qu’ils ont eu besoin deux fois de la prolongation pour venir à bout du Canadien.

En principe, le CH a une plus grande marge pour s’améliorer et jouer son meilleur hockey.

Or, si les Hurricanes continuent de lui refuser cette marge-là, si le Canadien n’y a pas accès, la statistique des troisièmes matchs risque de se vérifier une fois de plus.

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