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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL'ancienne juge de la Cour suprême du Canada Louise Arbour sera la prochaine gouverneure générale, annonce le premier ministre Mark Carney.
À 79 ans, cette Montréalaise deviendra la 31e personne et la sixième femme à occuper cette fonction de représentante de la Couronne. Sa nomination a été recommandée par Mark Carney et approuvée par le roi Charles III.
En plus d'avoir été juge au plus haut tribunal du pays, Mme Arbour a aussi été procureure générale au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et au Tribunal pénal international pour le Rwanda.
Louise Arbour est passée à l'histoire en 1999, quand elle a accusé le président yougoslave en fonction, Slobodan Milosevic, de crimes de guerre et a inclus les agressions sexuelles parmi les crimes contre l'humanité.
Elle a ensuite été juge à la Cour suprême du Canada, avant de devenir, en 2004, haute-commissaire des droits de l'homme à l'ONU.

Louise Arbour visite un village au Kosovo où 13 personnes ont été tuées par les forces armées serbes, en juillet 1999. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / MIKE NELSON
Pendant quatre ans, elle a donné la parole à ceux à qui l'on refusait toute dignité, là où les puissants préféraient le silence. Elle n'a pas reculé, a souligné Mark Carney, qui a détaillé l'impressionnante carrière de Mme Arbour en conférence de presse.
Louise Arbour a occupé presque tous les postes qu'un juriste canadien peut occuper, ainsi que plusieurs postes qu'aucun Canadien n'avait occupés auparavant.
En présentant sa candidature, Mark Carney a loué l’importance des institutions canadiennes. Dans un monde plus dangereux, plus divisé et moins civilisé, les institutions sont plus importantes que jamais , a-t-il souligné, et Mme Arbour a consacré sa vie à les défendre et à les définir.

Louise Arbour a été haute-commissaire aux droits de l'homme à l'ONU entre 2004 et 2008. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / THOMAS COEX
Louise Arbour représentera le meilleur du Canada devant les Canadiens et dans le monde, a-t-il déclaré, un Canada qui est un bastion de sécurité, de prospérité et de justice, un phare pour un monde à la dérive.
La gouverneure générale désignée a dit accepter de prendre ces fonctions avec un sens profond du devoir, à un moment où les Canadiens et les Canadiennes sont confrontés à la complexité et au changement.
Dans son discours bilingue, elle a souligné que la force de notre pays repose sur des institutions stables, gérées avec un jugement sûr et une attention soutenue à notre bien-être collectif et à celui de toute la planète.
Ce sera un privilège d’être présente si nous devons faire face à l’adversité.
Louise Arbour s'est forgé une réputation de femme de terrain, qui s'exprime sans détour. On devient facilement accro à l’adrénaline qui vient avec ce genre de travail de terrain, a-t-elle avoué. Mais elle a promis d'acquitter les fonctions institutionnelles et protocolaires de son prochain rôle avec beaucoup d'enthousiasme.
Je suis très consciente des contraintes qu’on doit s’imposer dans ce rôle et je m'accommode très bien dans cet environnement, a-t-elle assuré.
En devenant gouverneure générale, Louise Arbour deviendra aussi commandante en chef du pays.
Mark Carney a aussi rappelé un pan moins souvent souligné de sa carrière : Louise Arbour a dirigé une vaste enquête sur le harcèlement et les inconduites sexuelles au sein des Forces armées canadiennes.

La juge Louise Arbour a déposé en 2022 son rapport sur le harcèlement et les inconduites sexuelles dans l'armée.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Dans son rapport en 2022, elle a notamment exhorté à de profonds changements dans les structures et les façons de faire dans l’armée et a jugé que les plaintes liées aux inconduites sexuelles ne doivent pas être traitées par la justice martiale.
Cette nomination risque d'être moins controversée que les deux nominations du précédent premier ministre, Justin Trudeau.
Des nominations controversées
Louise Arbour remplacera Mary Simon, dont le mandat de cinq ans prendra fin cet été. Son incapacité à parler en français, malgré plus de 300 heures de cours, a fait couler beaucoup d'encre durant son mandat de cinq ans. La première Autochtone à accéder à cette position parle toutefois anglais et inuktitut.
Justin Trudeau avait fait cette nomination notamment pour faire avancer la réconciliation avec les Premières Nations et les Inuit.
Louise Arbour et Mark Carney ont d'ailleurs souligné son travail en conférence de presse. Son travail, selon Mark Carney, a mis en lumière des difficultés trop souvent négligées. Le premier ministre a mentionné ses efforts en matière de réconciliation, d'éducation et de santé mentale.
Mary Simon, elle, succédait à l'astronaute Julie Payette dans ce poste symbolique et protocolaire. Le mandat de Mme Payette avait été éclaboussé par des allégations de climat de travail toxique, qui l'avaient forcée à quitter ses fonctions prématurément.
Je n’ai rien contre Louise Arbour
Si la nomination d'une personne qui ne parle pas français avait hérissé les politiciens indépendantistes du Québec, celle de Mme Arbour a plutôt été l'occasion pour eux de critiquer la monarchie constitutionnelle du Canada.
Je n’ai rien contre Louise Arbour, c’est une juriste accomplie, mais sur l’institution, je réitère que c’est un des pires gaspillages de finances publiques, a lancé le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.
Prendre soin des plus vulnérables au monde ou préserver les vertus de la démocratie et des droits de la personne, n’est pas complètement compatible avec l’idée même de monarchie, qui est un gouvernement d’une espèce d’élite désignée par Dieu, d'ajouter le chef bloquiste Yves-François Blanchet à Ottawa.
Ça ne me rendra pas monarchiste, malgré le respect que j’ai pour Mme Arbour.
Chez Québec solidaire, le porte-parole Sol Zanetti a rappelé que sa formation politique ne considérait pas les fonctions de gouverneur général légitimes démocratiquement. Je ne juge pas les individus, ce sont les structures [le problème], a-t-il déclaré.

Louise Arbour succédera à Mary Simon cet été.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Questionnée sur son rapport avec la monarchie, Louise Arbour a répondu qu'elle sera la représentante de la Couronne dans un arrangement constitutionnel qui a extrêmement bien servi le Canada.
Le vice-premier ministre du Québec, Ian Lafrenière, juge que la candidature de Mme Arbour est intéressante. Elle a un CV impressionnant, elle parle français [et] on verra pour la suite des choses, a-t-il réagi en conférence de presse.
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, lui, s'est réjoui de cette annonce. Dans un monde où nos institutions doivent inspirer confiance, son expérience et son intégrité seront des atouts précieux, a-t-il écrit sur X.


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