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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCuba exhorte le Canada à continuer de s'opposer à l'embargo américain en vigueur depuis des décennies, alors que Washington intensifie la pression sur les pays qui soutiennent La Havane à l'approche d'un vote des Nations unies sur cette question prévu pour la semaine prochaine.
Nous sommes convaincus que le Canada restera à nos côtés, comme il l'a fait par le passé, a confié à La Presse canadienne l'ambassadeur de Cuba au Canada, Rodrigo Malmierca Diaz.
Le blocus et cette intensification tuent réellement des gens.
Les Nations unies doivent se prononcer la semaine prochaine sur une requête que Cuba présente presque chaque année depuis 1992. Celle-ci demande la levée du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.
Le Canada a voté en faveur de cette requête à de nombreuses reprises.
L’administration du président des États-Unis, Donald Trump, tente de renverser le gouvernement communiste cubain par le moyen d’un blocus pétrolier de facto.
Washington a interrompu les livraisons vénézuéliennes en janvier et a menacé d’imposer des droits de douane aux pays qui vendent du pétrole à cette nation insulaire.

Cuba fait face à des coupures d'électricité massives, alors que la pénurie de carburant se fait cruellement sentir sur cette île soumise au blocus américain. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / ADALBERTO ROQUE
Washington affirme que Cuba représente une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. M. Malmierca Diaz a plutôt soutenu que son pays des Caraïbes était victime d’une punition collective dans le cadre d’une campagne de pression américaine qui nuit à la santé et à l’éducation des Cubains.
Une crise économique frappe Cuba depuis 2020, provoquant des pénuries critiques et de graves coupures d’électricité qui ont atteint leur point culminant après le blocus pétrolier de janvier.
La Havane insiste sur le fait que ses difficultés économiques découlent de six décennies de sanctions américaines, mais ses détracteurs soulignent l’inefficacité de son régime communiste.
Les ONG Human Rights Watch et Amnistie internationale affirment que le gouvernement cubain procède à des arrestations arbitraires, qu'il torture des prisonniers politiques et restreint la liberté des médias et des partis politiques.
Cuba ne produit que 40 % du carburant dont elle a besoin. Cette pénurie a entraîné les fréquentes coupures d’électricité qui menacent le système de santé et paralysent l’économie de l’île.
Air Canada et d’autres compagnies aériennes ont annulé leurs vols vers Cuba en février en raison de pénuries de kérosène.

Rodrigo Malmierca Diaz, ambassadeur de Cuba au Canada (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Ottawa s’est engagé à distribuer 13 millions de dollars d’aide humanitaire aux Cubains par l’intermédiaire d’organisations internationales – et non du gouvernement cubain.
Par le passé, les fonds canadiens destinés au développement ont notamment servi à financer des panneaux solaires dans l'objectif de réduire la dépendance de l’île vis-à-vis du carburant étranger.
Le peuple résiste, parce que nous sommes convaincus que ce que nous avons de plus précieux, c’est l’indépendance et la souveraineté de Cuba. Et nous n’allons pas y renoncer. [...] Nous aimerions entretenir des relations normales avec les États-Unis. Nous sommes prêts à dialoguer.
D'après M. Malmierca Diaz, les États-Unis menacent de sanctions commerciales les pays qui s'opposent à l'embargo cubain à l'ONU.
Cuba n'est pas naïve
Il a ajouté que Cuba n’était pas naïve et savait que le Canada subissait lui-même des pressions économiques de la part de l’administration Trump.
Cette année est un moment particulier en raison de toute cette agressivité du gouvernement américain à l’égard de Cuba. Il mène en quelque sorte une offensive auprès d’autres pays, en essayant d’exercer une influence pour qu’ils changent leur vote. Nous savons qu’il recourt à des menaces.
La Presse canadienne a sollicité les commentaires du département d'État américain, mais n’a pas reçu de réponse.
L’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a exhorté cette semaine les pays à voter contre la requête, affirmant qu'elle était le produit de 70 ans de propagande destiné à détourner l’attention de la corruption à La Havane.
Il a déclaré que Washington faisait pression sur les pays européens pour qu’ils votent contre la requête.
Ne les laissez pas abuser de votre vote au service de leur oppression, a-t-il dit lundi lors d’un événement qu’il organisait. Ne cédez pas à ce mensonge.
Affaires mondiales Canada a indiqué réfléchir encore à la manière dont il se prononcerait sur la requête de l’ONU la semaine prochaine.
Comme pour toutes les résolutions de l’ONU, la position de vote du Canada est examinée avant le scrutin, a écrit la porte-parole Thida Ith.
Le Canada continue d’appeler le gouvernement cubain à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour respecter les droits politiques et économiques du peuple cubain, et à libérer tous les prisonniers politiques.
En juillet, La Havane avait demandé la tenue d’un débat à l’ONU sur le blocus américain dans le contexte de la crise du carburant que connaît l’île.
Washington avait fait valoir que débattre d’une requête ayant déjà fait l’objet d’un débat neuf mois auparavant constituait un gaspillage de ressources, et avait insisté pour que la décision de tenir un débat soit soumise à un vote par appel nominal.
La requête a été adoptée et un débat a eu lieu. Le Canada figurait parmi les 30 pays qui se sont abstenus lors du vote sur la requête visant à organiser ce débat.
Ottawa lâchera-t-il La Havane?
Des organisations de la société civile, telles que le Réseau canadien de solidarité avec Cuba, ont indiqué craindre qu’Ottawa ne prenne ses distances par rapport à Cuba.
Un document obtenu par La Presse canadienne grâce à une demande d’accès à l’information révèle qu’Ottawa a eu des échanges francs avec Cuba au sujet de sa crise de liquidités avant que M. Trump n’intensifie la pression sur le gouvernement communiste.
Ce document – un dossier d’information préparé par Affaires mondiales à l’intention de son sous-ministre – révèle que ce dernier a rencontré trois entreprises canadiennes lors d’une visite à La Havane en février 2023 afin de discuter des factures impayées de leurs clients cubains.
Le document précise que l’objectif de cette rencontre était de rassurer les trois entreprises en leur affirmant qu’Ottawa les soutient […] sans pour autant encourager indûment de nouveaux investisseurs et commerçants qui risqueraient de ne pas être payés pour leurs biens ou services.
Les entreprises mentionnées dans le document sont la Banque Nationale, la société minière Sherritt et la chaîne hôtelière Blue Diamond, désormais appelée Royalton.
Aucune de ces entreprises n’a répondu à La Presse canadienne lorsqu'elle leur a demandé si elles avaient encore des arriérés de paiement à Cuba.
Sherritt et Royalton ont toutes deux cessé leurs activités à Cuba. La Havane a imputé leur départ aux pressions exercées par les États-Unis.
Le dossier d’information destiné au sous-ministre révèle certains aspects des discussions entre le Canada et Cuba : Ottawa demande des précisions sur les petites et moyennes entreprises, tandis que La Havane sollicite davantage d’aide.
Les entreprises canadiennes sont confrontées à des arriérés de paiement croissants de la part des acheteurs cubains. De nombreuses entreprises canadiennes présentes à Cuba sont des PME et la situation menace leur viabilité, peut-on lire dans le document de février 2023.
Nous avons cherché à organiser pour vous des réunions bilatérales qui vous permettraient, par exemple, d’aborder les droits de la personne et les nouveaux acteurs économiques [les PME du secteur privé et les entrepreneurs]. La partie cubaine souhaitait plutôt vous parler de nouvelles initiatives touristiques et d’un plus grand nombre de projets canadiens de développement international.
Le document suggérait que le Canada utilise le besoin d'aide de Cuba comme moyen de pression pour négocier sur d'autres sujets, notamment les droits de la personne.
Il ajoutait que les mesures les moins coûteuses et les plus efficaces que le Canada pourrait proposer consisteraient en une aide technique pour réformer le secteur agricole et la réglementation applicable aux petites entreprises.
M. Malmierca Diaz a affirmé que Cuba mettait en œuvre 176 mesures de réforme issues de consultations parlementaires et publiques. Il a précisé que ces mesures permettraient de renforcer le rôle du secteur privé, d’encourager les investissements étrangers et de favoriser l’autonomie municipale.
À Cuba, nous travaillons dans le respect de l’État de droit, a-t-il déclaré. Cuba est une société qui s’efforce sans cesse de s’améliorer.
Il a précisé qu’un salon professionnel prévu le mois prochain à La Havane se déroulerait en grande partie en ligne en raison des pénuries d’électricité actuelles, et que Cuba organiserait au préalable un événement à Toronto afin de susciter l’intérêt des entrepreneurs canadiens.
Nous pouvons non seulement maintenir nos relations économiques, mais aussi les renforcer dans de meilleures conditions dans un avenir proche.


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