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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’Alberta n’est pas équipée pour faire face à la menace bien réelle d’ingérence étrangère dans une éventuelle campagne référendaire, selon des experts en sécurité nationale.
L'Alberta est excessivement vulnérable à une ingérence américaine, affirme Jean-Christophe Boucher, professeur de science politique à l’Université de Calgary.
Le spécialiste en sécurité nationale est catégorique : Si on avait un référendum en Alberta, il n’y aurait personne au sein du gouvernement de l'Alberta qui pourrait faire l'analyse et colliger des données afin de s'assurer que la discussion sur le référendum ne soit pas manipulée par des acteurs étrangers.
L’Alberta n’est pas prête du tout, ajoute Patrick Lennox, un ancien directeur du renseignement de la Gendarmerie royale du Canada devenu consultant en sécurité. Nous n’avons absolument pas la capacité de lutter contre la forme de désinformation et de mésinformation qui va se présenter.
Désinformation et amplification
Sur le terrain, on peut déjà voir que des preuves de mésinformation et de désinformation provenant de l'étranger se répandent dans l’écosystème indépendantiste en ligne, estime Patrick Lennox, ancien de la GRC,
Ces exemples constituent des discours qui sont construits en dehors du processus politique interne naturel de l'Alberta et qui sont en quelque sorte importés pour influencer le débat et l'issue du processus.
Il faut reconnaître que [...] les algorithmes qui acheminent les informations vers nos téléphones et nos ordinateurs sont contrôlés par des personnes très proches du président Trump.

Patrick Lennox est un ancien directeur du renseignement à la Gendarmerie royale du Canada devenu consultant en sécurité.
Photo : Radio-Canada / Manuel Carillos Avalos
Les acteurs étrangers qui souhaitent influer sur le résultat d’un éventuel référendum sur l’indépendance de l’Alberta auraient plusieurs options pour le faire.
En plus de publier du contenu en ligne pour influencer les débats sur les réseaux sociaux, les États pourraient manipuler l'amplification du message, explique Jean-Christophe Boucher. Ils pourraient, par exemple, créer de faux comptes pour repartager des contenus en faveur de l’indépendance de l’Alberta.

Plusieurs publications à saveur indépendantiste ont fait leur apparition sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Celle-ci provient de la page « Rise Of Alberta », qui est suivie par plusieurs dizaines de milliers d’internautes sur Facebook, Instagram et X.
Photo : Rise of Alberta / Facebook
Des moyens limités
En Alberta, deux organisations provinciales sont chargées de la prévention de l’ingérence étrangère : Élections Alberta et le Bureau provincial de sécurité et d’intelligence (PSIO).
Élections Alberta reconnaît d’emblée que ses pouvoirs sont limités. « Au-delà d’un seul article sur les "fausses déclarations à propos d’un candidat" [...] dans la Loi électorale, Élections Alberta n’a pas le mandat ni aucune compétence substantielle pour lutter contre la désinformation ou les fausses informations électorales », écrit sa porte-parole, Robyn Bell.
De son côté, le Bureau provincial de sécurité et d’intelligence ne compte que 16 employés affectés à la sécurité nationale.
Sheena Campbell, la directrice des communications du ministère de la Sécurité publique de l’Alberta, responsable du PSIO, soutient que le Bureau continue de surveiller l'environnement général des menaces en coordination avec ses partenaires en matière de sécurité nationale, sans spécifier si des mesures précises ont été prises pour contrer la possibilité d’ingérence étrangère dans le processus démocratique.
Interrogée sur la question lundi, la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a soutenu qu'elle prenait « très au sérieux » la menace de l'ingérence étrangère. Elle a donné l'exemple de l'ajout de marqueurs de citoyenneté sur les permis de conduire, une pièce d'identité utilisée par beaucoup d'électeurs pour s'identifier dans les bureaux de vote. « Si nous voyons qu'il y aura de l'ingérence, nous allons prendre des mesures supplémentaires », a-t-elle ajouté.
Il faut comprendre que plaider sa propre turpitude et son indolence face à l'ingérence étrangère, c'est pas une bonne réponse à une crise qui va peut-être venir plus tard.
Le nouveau commissaire fédéral n'écarte pas la question
À Ottawa, Anton Boegman, qui devrait devenir le premier commissaire fédéral à la transparence en matière d'influence étrangère, n’a pas écarté l’idée de s’intéresser à la question albertaine dans le cadre de ses fonctions.
La loi [sur l’ingérence étrangère] s’applique à l’ensemble du Canada. Elle ne s’applique pas qu’aux processus fédéraux, mais également aux processus provinciaux, territoriaux et municipaux, a-t-il déclaré lors d’une audience devant le Sénat la semaine dernière.
Questionné par la sénatrice albertaine Paula Simons, il a répondu : S’il est question d’un référendum provincial ou territorial, il s’agirait d’un processus politique provincial, alors la loi s’appliquerait.

Anton Boegman, candidat proposé au poste de commissaire à la transparence en matière d’influence étrangère, a répondu aux questions de députés fédéraux et de sénateurs à Ottawa, jeudi.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Anton Boegman souhaite aussi inciter les ressortissants d’autres pays, dont les États-Unis, à s’inscrire dans le registre des agents étrangers, s’ils agissent au nom d’un acteur étranger, par exemple dans le cadre d’une rencontre avec les indépendantistes albertains. La création de ce registre, une recommandation de la commission Hogue, se fait toujours attendre.
Une menace plus américaine que jamais
Si, par le passé, la surveillance de l’ingérence étrangère se concentrait sur des puissances étrangères hostiles au Canada, comme la Russie et la Chine, les yeux de la communauté du renseignement sont de plus en plus tournés vers nos voisins du Sud.
À mon avis, c'est clair qu'il va y avoir de l'ingérence étrangère de la part des des acteurs américains, soit de l'administration directement ou soit des acteurs proches de l'administration Trump, soutient Jean-Christophe Boucher.

Dans le cadre de ses travaux à l’Université de Calgary, Jean-Christophe Boucher étudie l’ingérence étrangère en tant que menace pour la sécurité nationale.
Photo : Radio-Canada / David Mercer
Les responsables de la pétition Stay Free Alberta, qui vise à imposer la tenue d’un référendum sur la place de l’Alberta au sein du Canada, se sont déjà rendus à Washington à plusieurs reprises. Ils affirment avoir rencontré des membres de l’administration américaine.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a aussi commenté publiquement la présence d’un mouvement indépendantiste en Alberta.
Selon Jean-Christophe Boucher, l’ingérence américaine, ouverte ou cachée, pourrait venir remettre en question les résultats d’un éventuel référendum.
S’il y a des indications assez claires qu'il y a une ingérence assez importante du gouvernement Trump et qu'on se rend compte que les Albertains ont voté pour un oui, pour une séparation de l'Alberta, clairement, ce qui va arriver après, c'est que plusieurs acteurs vont commencer à questionner la légitimité de ce processus-là.


3 months ago
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