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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAu quatrième jour du procès de l’ancien entraîneur équestre Francis Berger, le portrait que veut peindre la poursuite commence à se préciser : celui d’un entraîneur qui aurait utilisé sa notoriété et, surtout, la passion de ses jeunes élèves pour les chevaux afin de les exploiter sexuellement.
Ça ne me tentait pas, mais je ne pouvais pas lui dire non. C’est ce qu’a répété Camille* (prénom fictif) tout au long de son témoignage, qui s’est étalé sur deux jours au palais de justice de Saint-Hyacinthe.
Avec assurance et précision, la jeune femme, aujourd’hui dans la mi-vingtaine, a raconté comment sa relation avec son entraîneur est allée d’escalade en escalade, de promesse en promesse, jusqu’à atteindre, selon elle, des rapports sexuels non consentants.
Une évolution qui pourrait se résumer par un texto que Berger lui aurait envoyé, peu de temps après le début de leur relation : Je peux t’aider dans ta carrière, mais ça prend du sexe pour ça.
À plusieurs moments, le témoignage de Camille a fait écho à celui d’une autre femme venue raconter son histoire, qui se serait déroulée dans les années 1990, plus tôt cette semaine. Même si près de 30 ans séparent leurs récits, les deux femmes ont relaté comment Berger leur aurait fait miroiter de grandes choses si elles assouvissaient ses désirs.
Berger est accusé d'avoir agressé et exploité sexuellement sept femmes, dont certaines d'âge mineur, sur une période de plusieurs décennies.
C’était mon idole
Francis Berger n’était pas un simple entraîneur d’équitation, a raconté Camille, passionnée par cette activité depuis l’âge de 8 ans. C’était mon idole, a-t-elle raconté à la juge Ann-Mary Beauchemin.
À la fin des années 2010, la jeune fille, alors mineure, n’en revenai[t] pas d’avoir été acceptée à son écurie. Il avait entraîné tellement de grandes cavalières, a-t-elle ajouté. Je me suis dit que c’était lui qui pouvait me donner ma carrière.
Peu de temps après, son entraîneur a commencé à lui donner plus d’attention, a-t-elle raconté. Il me disait qu’il me trouvait cute.
J’étais contente, je pensais à ma carrière. Francis Berger, il ne me connaissait même pas, j’étais une moins que rien, et là, il voulait se rapprocher de moi. J’ai trouvé ça cool. Je n’ai jamais eu de l’attention de personne de son calibre à lui.
Peu de temps après sa majorité, Berger se serait mis à lui demander des photos d’elle en sous-vêtements. Si elle dit avoir d’abord refusé de s’exécuter, elle a finalement acquiescé. Je ne voulais tellement pas me le mettre à dos, a répété la jeune femme tout au long de son témoignage. Je ne veux pas le fâcher, je ne veux pas qu’il ne m’aime plus.

Francis Berger (à gauche), en compagnie de son avocat, Me Joël Girard (au centre)
Photo : Radio-Canada
Moumoune
Les demandes de Berger ne seraient allées qu’en augmentant. De photos en sous-vêtements, il aurait ensuite exigé des clichés de la jeune fille nue, puis des vidéos. Chaque fois, Camille soutient qu’elle refusait d’abord ses demandes. Il me traitait de moumoune, a-t-elle dit. À force d'insistance, elle finissait par acquiescer, a-t-elle dit.
Mais l’entraîneur ne se contentait pas d’une relation par correspondance, selon son ancienne élève. Bien vite, il lui aurait demandé de venir le rencontrer dans des stationnements déserts de grands commerces.
À chaque rencontre, Berger en aurait demandé un peu plus. Des attouchements d’abord, puis de la masturbation et, finalement, des fellations. Je sentais que je n'avais pas le choix, a dit Camille. Si je ne le faisais pas, il n’allait pas m'aider dans ma carrière. Je ne voulais pas le décevoir.
La jeune femme a également raconté que son entraîneur se serait fâché lorsqu’elle lui aurait dit qu’elle ne se sentait pas dans son assiette et qu’elle ne voulait pas lui faire une fellation. Vexé, agressif, insistant, a-t-elle décrit, Berger aurait finalement obtenu ce qu’il souhaitait.
Pour arriver à ses fins lorsque son élève se montrait hésitante, Francis Berger lui aurait promis des cours particuliers, l’accès à des chevaux, ou encore des voyages dans le monde pour s’entraîner avec les meilleurs. Il lui aurait également promis des rabais sur de l’équipement d’équitation de grande qualité, dont il était distributeur.
Des promesses qui ne se sont jamais concrétisées, selon Camille. Il m’a dit qu’il était là pour moi et que ça valait plus qu’un rabais. J’ai fini par commander [l’équipement] à plein prix, a-t-elle dit à la juge, jeudi.
J’ai dit : "Non, non, non"
Puis, le 26 décembre 2022, Berger aurait insisté pour que Camille vienne le rejoindre dans une chambre d’hôtel. Je lui avais dit : "OK, je vais venir, mais seulement pour un câlin et peut-être une handjob". Et je lui avais demandé d’être habillé quand j’allais arriver.
Bien là, je ne vais pas te violer quand même, lui aurait répondu Berger.
Une fois sur place, l’entraîneur aurait invité son élève à s'allonger sur le lit. Selon Camille, après avoir longuement insisté, il a fini par obtenir ce qu’il voulait : une relation sexuelle complète avec elle.
Je n’ai pas répondu, je l’ai juste fait. Je l’ai fait, mais ça ne me tentait pas. Je n’ai pas dit un mot.
Pendant l'acte, la jeune fille s'est souvenue d'avoir répété non, non, non et de s’être caché les yeux avec ses mains.
Il n’y avait pas consentement, a-t-elle affirmé, en réponse aux questions de la procureure de la Couronne.
À plusieurs reprises, la jeune femme dit avoir tenté de mettre fin à sa relation avec Berger, qui parvenait toujours à la convaincre du contraire.
Puis, Camille s’est confiée à l’une de ses amies, une policière, qui lui a conseillé de couper les ponts complètement avec son entraîneur. Insistant, ce dernier s’est mis à l’appeler et à lui envoyer des messages à répétition.
Camille a finalement porté plainte à la police pour harcèlement, ce qui a mené à l'arrestation de Francis Berger.
Son procès se poursuivra au cours des prochaines semaines au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Le contre-interrogatoire de Camille se poursuit jeudi.


1 month ago
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