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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« La lutte pour notre planète est le combat de notre génération. J’ai bien l’intention de continuer à me battre » : dans un discours empreint d’émotion, Steven Guilbeault a officiellement annoncé à la Chambre des communes qu’il quittera ses fonctions de député d’ici l’été.
Le voyage commencé à Berlin il y a plus de 30 ans n’est pas terminé. Il continue simplement, dans une autre direction, avec la même urgence et avec un espoir renouvelé, a-t-il déclaré, en référence au moment où, dans sa vingtaine, il a assisté à la toute première COP en Allemagne.
Les émotions ont fait fléchir sa voix quand il a souligné le soutien de ses enfants, de sa famille et de son entourage.
Vous m’avez donné beaucoup plus que ce que je ne pourrai jamais redonner, a-t-il soufflé devant des banquettes majoritairement vides, au Parlement d’Ottawa.
Le député bloquiste, Patrick Bonin, qui a lui aussi travaillé chez Greenpeace, l’a couvert de bons mots après son discours. Steven Guilbeault, selon lui, a été le meilleur ministre de l’Environnement que ce pays a connu, a-t-il souligné. Mais c’était beaucoup trop pour le Canada.
Chez les conservateurs, le député albertain Shuvaloy Majumdar a eu des mots beaucoup moins doux pour lui. Il s’est donné pour le service public et il a de profondes convictions, a-t-il dit, avant de l’accuser d’avoir causé tellement de difficultés à tellement de familles dans notre pays.
Le prix qui a été payé par des millions de Canadiens pour sa détermination a été déchirant, a-t-il poursuivi.
M. Guilbeault l’a toutefois pris à la blague. J’ai cru avoir perçu un compliment quelque part dans son discours, a-t-il répondu.
Sur les réseaux sociaux, l'ancien premier ministre libéral Justin Trudeau a salué l'engagement de son ancien ministre de l'Environnement.
Steven Guilbeault a consacré de nombreuses années de service public à la protection de notre environnement, à rendre notre pays plus vert et à bâtir un meilleur Canada pour les générations futures, a écrit le prédécesseur de Mark Carney.
Alors qu’il travaillait à faire avancer l’action climatique et des réformes porteuses de changement, il a mené chaque effort avec conviction, intégrité et cœur.
« C'est la vie », dit Mark Carney

Mark Carney a remercié Steven Guilbeault en marge d'une annonce en matière de défense.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
À l'aube de l'annonce de M. Guilbeault, le premier ministre Mark Carney lui a souhaité le bonheur, à lui et à sa famille. Il a toutefois jugé que son entente avec l’Alberta en vaut tout de même la peine, même si elle lui a coûté le départ de son député environnementaliste étoile.
C’est la vie. C’est le moment pour lui, et je comprends bien sa décision, a dit M. Carney en mêlée de presse, au sujet du départ annoncé du député de Laurier–Sainte-Marie.
Déçu et impuissant face aux reculs du gouvernement en matière d’environnement, Steven Guilbeault a annoncé son départ de la vie politique au caucus libéral plus tôt mercredi.
Je voudrais remercier M. Guilbeault pour ses contributions innombrables pour les citoyens de sa circonscription Ville-Sainte-Marie [sic], pour le Canada, pour le gouvernement, pour le Cabinet, pour moi-même, a déclaré M. Carney.
Avant d’entrer au caucus de son parti, M. Carney a tout de même assuré que son entente avec l’Alberta, qui pave la voie à la construction d’un nouvel oléoduc, en vaut absolument la peine, même si elle est l’une des principales raisons du départ de son député.
Des collègues élogieux
Un mentor extraordinaire, un homme de principes, un collègue d’exception : les libéraux francophones en chemin vers leur réunion ont été unanimement élogieux à l'égard de M. Guilbeault.
Le député en ancien ministre Jean-Yves Duclos a toutefois reconnu que M. Guilbeault ne peut pas faire avancer aussi vite et de la même manière les dossiers environnementaux dans le contexte géopolitique actuel.
Il faut être lucide. Les ambitions environnementales du Parti libéral sont les mêmes qu’on a toujours eues, mais il faut travailler différemment. Et Steven reconnaît que le faire en 2026, ce n’est pas comme il pouvait le faire à son arrivée au gouvernement en 2019.

Steven Guilbeault n'a pas parlé aux journalistes en se rendant à la réunion du caucus libéral, où il s'apprêtait à annoncer son départ de la vie politique.
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Dans une longue entrevue accordée à Radio-Canada, le député a avoué qu'il n'a eu que peu ou pas d'impact sur les décisions qui ont été prises sur le climat dans le gouvernement Carney. On assiste à un recul très, très, très important, a-t-il insisté.
Je pense au contraire que le gouvernement est résolument engagé vis-à-vis de l’environnement et vis-à-vis du climat, lui a répondu le lieutenant du Québec, Joël Lightbound; seulement, on a une approche qui est très pragmatique.
Le caucus environnemental toujours derrière Carney
Plusieurs ont aussi souligné la contribution de leur collègue aux politiques climatiques du gouvernement, même si plusieurs de celles qu’il avait instaurées lorsqu’il était ministre de l’Environnement ont été abrogées partiellement ou en entier depuis l’arrivée de Mark Carney.
L'instigateur du caucus environnemental libéral, le député Éric St-Pierre, entre autres, a souligné que le Parti libéral du Canada est le parti qui en a fait le plus historiquement pour l'environnement.

L'instigateur du caucus environnemental libéral, Éric St-Pierre, s'est dit « très à l'aise » avec la direction que prend son parti.
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Celui qui était auparavant avocat en droit environnemental s'est dit très à l'aise avec la direction que prend son parti sur les questions environnementales. On a tous des opinions différentes, on est un gros parti et, au moins, on a un dialogue, a-t-il répondu aux journalistes à Ottawa.
Je dors bien le soir.
Karina Gould, ancienne candidate à la chefferie et associée à l’aile plus progressiste du parti, a fait savoir qu’elle n’a pas non plus l’intention de quitter les rangs libéraux.
Le leader du gouvernement en Chambre, Steven MacKinnon, souligner que ce serait une erreur grave d’associer la lutte aux changements climatiques à un seul homme. C’est un legs de M. Guilbeault, évidemment, d’avoir contribué à cette lutte. Mais on a beaucoup de soldats dans la lutte aux changements climatiques.
Steven Guilbeault est, pour l’instant, le seul libéral à avoir publiquement critiqué les directions environnementales du parti depuis l’arrivée en poste de Mark Carney. Néanmoins, à l’interne, celles-ci ont créé un malaise chez certains députés.
Comme l'a révélé Radio-Canada la semaine dernière, 14 élus libéraux ont fait part de leurs préoccupations au premier ministre dans une lettre, en avril dernier. Les partis d’opposition leur demandent depuis de sortir de l’ombre, ce que personne n'a fait jusqu'à présent.
J’ai le cœur brisé et je suis enragée
De l'avis du chef conservateur Pierre Poilievre, encore trop de mesures entreprises par M. Guilbeault sont en place. M. Guilbeault a réussi à imposer son idéologie anti-développement, qui reste en place aujourd’hui, avec la taxe carbone industrielle et une nouvelle taxe carbone pour les consommateurs.
La réaction était, évidemment, à l’exact opposé du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD). Le chef, Avi Lewis, a vu dans son départ un autre signal très clair que le gouvernement Carney a abandonné tout le projet d’action climatique et qu'il y aura des conséquences politiques à abandonner le climat.

Avi Lewis a averti que les reculs environnementaux auront des conséquences politiques.
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part invité Mark Carney à reprendre contact avec son mandat.
Le programme sur lequel M. Carney a été élu, a-t-il déclaré, ne mentionnait pas une seule fois le mot "pipeline", mais ce programme mentionnait à de nombreuses reprises les enjeux climatiques, qui semblent ne plus exister dans la perspective du premier ministre.
La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a semblé très secouée par le départ de l’ancien militant environnementaliste. Elle a raconté l’avoir appelé quand elle a appris la nouvelle. J’ai beaucoup pleuré, a-t-elle relaté, la voix encore tremblante. Ce gouvernement a tourné le dos au climat et, en tant que grand-mère, j’ai le cœur brisé et je suis enragée.
Nous avons un gouvernement pro-énergies fossiles, pro-pipeline, anti-lois environnementales, anti-droits des peuples autochtones, et je ne m’attendais pas à cela.


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