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« Il y a une place pour un parti à la gauche », croit l’ex-député du NPD Yvon Godin

2 months ago 13

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« Il y a une place pour un parti à la gauche », croit Yvon Godin, même après la défection d’une députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) vers les rangs libéraux. Cet ex-député néo-démocrate, qui a siégé aux Communes de 1997 à 2015, reste optimiste pour l’avenir du parti.

Cependant, cet optimisme n’est pas aveugle. Yvon Godin est conscient que le NPD est en train de traverser une période difficile. Avec le départ de Lori Idlout, ils ne sont plus que six à être membres du caucus néo-démocrate, sans compter la possibilité qu’Alexandre Boulerice fasse le saut au provincial.

En entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir, M. Godin souligne qu’il y a des hauts et des bas en politique et que le NPD avait déjà perdu son statut de parti officiel en 1993 en faisant élire seulement neuf députés avant de se relever les années suivantes.

Yvon Godin en 1997.

Yvon Godin en 1997 lors de sa première période de questions à la Chambre des communes. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

À titre comparatif, lors de la vague orange de 2011, 103 députés de cette formation politique avaient remporté un siège à la Chambre des communes.

Au Canada, il y a une place pour un parti à la gauche. Les conservateurs, les libéraux sont à la droite, pas besoin d'un troisième parti à la droite.

J'ai confiance que le NPD, au Canada, a sa place, puis il va revenir, mais il y a beaucoup d'ouvrage à faire, insiste-t-il.

Ce n'est pas un parti qui a commencé la semaine passée, rappelle M. Godin : C'est un parti [...] qui a fait ses preuves au Parlement.

Selon lui, quand les gens [seront] écœurés et qu’ils [verront] une alternative dans le NPD, ce parti devra être dirigé par un chef qui va travailler fort, fort, dans les communautés partout à la grandeur du pays et [qui va] être capable de se faire connaître pour aller chercher le cœur de ces gens-là.

Si ça marche pas, tu ouvres la porte, un bon coup de pied dans le derrière, puis va t’en de nouveau.

Les libéraux de Justin Trudeau étaient beaucoup à la gauche, [ce] qui nous a fait perdre des plumes, explique Yvon Godin. Il pense qu'à l'avenir, le ciel sera plus dégagé pour le NPDavec Carney qui s'en va à la droite.

À gauche, mais pas trop

Élire un chef capable de ramener le NPD à de meilleurs jours, c’est la tâche qui incombe aux membres du parti. Les néo-démocrates fédéraux peuvent d’ailleurs voter en ligne et par correspondance depuis le 9 mars.

Le nom du prochain chef du NPD sera annoncé le 29 mars lors du congrès du parti à Winnipeg.

On a besoin de quelqu'un qui va avoir un certain charisme, qui va être sur la route, qui va aller se présenter dans les régions, qui va aller présenter sa plateforme, puis après ça, les gens vont dire : "Regarde, il y a une alternative!" s’exclame Yvon Godin.

Les candidats à la direction du N P D, Tanille Johnston, Tony McQuail, Avi Lewis, Heather McPherson et Rob Ashton.

Les candidats à la direction du NPD (de gauche à droite), Tanille Johnston, Tony McQuail, Avi Lewis, Heather McPherson et Rob Ashton, après le débat à New Westminster, en Colombie-Britannique. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS

Cinq candidats sont en lice pour remplacer Jagmeet Singh : la députée de l'Alberta Heather McPherson, le militant et cinéaste Avi Lewis, le dirigeant syndical Rob Ashton, la travailleuse sociale Tanille Johnston et l'agriculteur Tony McQuail.

Les candidats ont eu l’occasion de présenter leurs plans pour reconstruire le parti lors de deux débats.

Pour Yvon Godin, il faut un candidat de centre gauche pour éviter d’aller trop à gauche, tout comme il y a un danger d'aller trop à droite.

Si on regarde le NPD au début, c'est [un parti] né des agriculteurs de l'Ouest, c'étaient des petites entreprises. 75 % des emplois au Canada, ce sont des petites et moyennes entreprises, ajoute l’ex-député. En même temps, il faut regarder les programmes sociaux, il faut regarder notre système de santé, nuance-t-il.

Un gouvernement minoritaire

Par ailleurs, M. Godin, qui a été whip en chef pendant 11 ans, n’a pas aimé la défection de la députée de Nunavut, Lori Idlout.

Ça va contre mes croyances à moi, soutient-il.

Il pense que si départ il y a, il faut se soumettre au test des élections pour changer de parti. On n'est pas en prison! Ben, va-t'en indépendant ou donne ta démission, puis va-t'en en élection.

On entend [...] que les gens votent pour la personne et non pour le parti, raconte Yvon Godin. Ce n'est pas vrai, ça : les gens, ils sont ancrés libéraux ou ancrés conservateurs. Ça fait des décennies que c'est comme ça.

Les gens n'auront plus confiance. Puis c'est là qu'on perd confiance dans la politique.

Pour cet ancien député, la population canadienne a choisi d'avoir un gouvernement minoritaire. M. Godin estime que le fait d’avoir un gouvernement minoritaire change la donne et permet aux députés de l’opposition d'obtenir plus de concessions qu’en rejoignant le gouvernement.

L'ex-chef du NPD, Jagmeet Singh, regarde dans la direction de l'ex-premier ministre Justin Trudeau. Les deux hommes sont attablés lors d'une rencontre dans un bureau situé sur la colline du Parlement à Ottawa.

L'ex-chef du NPD, Jagmeet Singh, et l'ex-premier ministre du Canada, Justin Trudeau. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Dans les gouvernements minoritaires, ça se balance, parce que [le gouvernement] est obligé. C'est du "on donne", pas du "on prend", dit-il à titre d'illustration.

Il prend pour exemple la position néo-démocrate sous le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau. Le NPD détenait alors la balance du pouvoir et avait forgé une entente avec les libéraux.

[Jagmeet Singh] a été chercher un programme dentaire, il a été chercher un programme de médicaments. Parmi les personnes pauvres [...], il y en avait pas mal qui se promenaient avec pas de dents dans la bouche, puis maintenant, [ils peuvent] avoir des dentiers. C’est parce que le NPD a forcé le gouvernement minoritaire à avoir un programme qui s'est occupé des gens les plus vulnérables.

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