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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa société Empire commence à retirer de ses rayons certains panneaux destinés à mettre en avant les produits canadiens.
Cette décision d'Empire, qui possède Sobeys, intervient environ un an après que les grands distributeurs alimentaires ont mis en place des feuilles d’érable et d’autres symboles pour désigner les produits locaux, dans le contexte d’une tendance d’achat canadien qui a émergé chez les consommateurs.
La maison mère de Sobeys – qui exploite les bannières IGA, Rachelle Béry et Marché Bonichoix notamment – affirme qu’elle continuera à proposer des produits locaux, mais qu’elle laissera en grande partie aux clients le soin de déterminer l’origine d’un produit.
Nous pensons que les Canadiens sont, aujourd’hui plus que jamais, bien informés pour évaluer le pays d’origine lorsqu’ils prennent leurs décisions d’achat en s’appuyant sur l’étiquetage des emballages, et nous sommes convaincus que cela reste la meilleure source d’information pour les clients, indique Luc L’Archevêque, chef de la direction de la stratégie client chez Empire, dans une réponse envoyée par courriel.

Un étalage de fruits et de légumes dans un supermarché.
Photo : Radio-Canada / Édith Boisvert
La vague d’achat canadien a pris de l’ampleur l’année dernière, alors que les attaques du président américain, Donald Trump, contre le commerce avec le Canada et le reste du monde ont entraîné une série d’incertitudes économiques, de droits de douane et d’autres menaces.
Alors que les consommateurs boudaient les produits fabriqués aux États-Unis, les détaillants alimentaires ont réagi en renforçant leurs chaînes d’approvisionnement nationales et internationales. Ils ont commencé à ajouter des étiquettes sur leurs rayons pour indiquer plus clairement quels produits avaient un lien avec le Canada. Loblaw a également commencé à marquer d’un symbole T les articles dont le prix avait augmenté en raison des droits de douane.
Les fabricants ont également revu leurs emballages pour indiquer tout lien avec le marché intérieur.
Pas de changement chez d’autres détaillants
Metro et Loblaw ont indiqué à La Presse canadienne que leurs affiches de produits canadiens resteraient en place.
Pour l’instant, les affiches dans nos magasins indiquant que les produits sont préparés au Canada restent en place, précise Scott Bonikowsky, porte-parole de Loblaw, dans une réponse envoyée par courriel.
De son côté, la porte-parole de Metro, Stephanie Bonk, avance que l’entreprise n’envisageait pas d’apporter de changements pour le moment.
Ces derniers mois, de nombreux dirigeants du secteur de l’alimentation ont constaté que la tendance à acheter canadien commençait à s’essouffler, certains clients choisissant l’option la moins chère offerte, quelle que soit son origine.
Nous constatons que certains clients reviennent vers les produits qu’ils aiment, maintenant qu’ils sont beaucoup moins chers qu’auparavant, et cela aura un certain impact sur les ventes canadiennes, a déclaré Per Bank, président et chef de la direction de Loblaw, aux analystes lors d’une conférence téléphonique en novembre.
Le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, a également reconnu un ralentissement du mouvement d’achat canadien lors d’une conférence sur les résultats en novembre.
Les ventes de produits canadiens continuent de croître davantage que celles des produits non canadiens, mais cette croissance s’est quelque peu ralentie par rapport à ce que nous avons observé au printemps et en été.
Les conséquences de l’inflation
L’engouement pour les produits locaux s’est également estompé, la forte inflation alimentaire ayant pesé sur le budget des ménages.
C’est la réalité d’une inflation accrue et de consommateurs qui ont plus de mal à joindre les deux bouts, souligne Jo-Ann McArthur, présidente de Nourish marketing alimentaire. Beaucoup de gens disent : "Je ne peux plus payer davantage".
Statistique Canada a indiqué que l’inflation alimentaire a augmenté de 5,4 % en février par rapport à l’année précédente, dépassant de loin l’inflation annuelle globale de 1,8 %.
De nombreux économistes affirment également que l’inflation alimentaire pourrait s’aggraver dans les mois à venir, la guerre au Moyen-Orient exerçant une pression accrue sur les coûts de transport.
Risques en lien avec l’affichage
Mme McArthur émet l’hypothèse que la décision d’Empire de retirer certaines affiches d’achat canadien de ses magasins pourrait également être liée à la répression menée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) contre les affichages trompeurs.
Ils cherchent simplement à réduire les risques, suppose-t-elle à propos d’Empire.
Interrogée au sujet de Sobeys et d'Empire, l’ACIA indique dans un courriel qu’elle a ouvert une enquête portant sur l’étiquetage et la publicité, sous la supervision du siège social du détaillant. Elle précise qu’elle ne pouvait pas donner plus de détails, l’affaire étant en cours.
L’ACIA a infligé des amendes à quelques épiceries, dont Real Canadian Superstore, propriété de Loblaw, au début du mois pour mentions d’origine inexactes et trompeuses. L’agence a dit qu’elle prenait très au sérieux les problèmes d’étiquetage.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments a infligé une amende de 10 000 $ à un magasin Real Canadian Superstore de Toronto pour avoir utilisé à tort des autocollants publicitaires en forme de feuille d'érable pour promouvoir un produit importé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sophia Harris
Mme McArthur précise que cette initiative visant à désigner les produits canadiens a semé la confusion chez de nombreuses personnes, y compris certains employés d’épiceries.
Des erreurs vont se produire, indique-t-elle. Probablement, ils n’ont pas l’intention d’induire le consommateur en erreur, c’est juste une erreur qui a été commise – mais c’est une erreur coûteuse.
Mme McArthur croit qu’il est probable que d’autres détaillants alimentaires emboîtent le pas.


2 months ago
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