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Fusillade à Montréal : Mark Carney refuse de se prononcer sur l’interdiction du SKS

2 hours ago 4

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Le premier ministre Mark Carney a refusé de se mouiller sur la question de l’interdiction du Simonov SKS, carabine utilisée dans la fusillade mortelle survenue dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, lundi.

Radio-Canada a pu confirmer, auprès de sources policières, que c’est cette arme semi-automatique d’origine soviétique qui a servi au tireur dans les événements du 22 juin, au cours desquels un policier, un civil et l’assaillant ont perdu la vie.

La possession du Simonov SKS est légale au Canada et cette arme est couramment utilisée dans les communautés autochtones et en région, notamment en raison de son faible coût.

La question de son interdiction fait régulièrement débat.

Une carabine semi-automatique SKS.

La carabine SKS n'est pas illégale au Canada. (Photo d'archives)

Photo : iStock

La question a été la première à être posée au premier ministre, jeudi, après qu’il eut fait son bilan de la session parlementaire. Ce n’est pas à moi de confirmer des détails de cette enquête, a répondu Mark Carney.

En ce qui concerne le processus de prohibition de certaines armes à feu, nous sommes en train de faire une réforme du processus afin d’avoir des décisions des experts, c’est-à-dire la GRC, a-t-il ajouté.

Le premier ministre a toutefois reconnu qu’il est nécessaire de resserrer les règles de libre circulation des armes à feu.

Au lendemain des événements, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, avait demandé à Ottawa de renforcer le contrôle des armes à feu, notamment dans les villes.

Soraya Martinez Ferrada et Stéphanie Valenzuela.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et la mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Stéphanie Valenzuela, étaient visiblement bouleversées en conférence de presse, mardi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’organisme PolySeSouvient, qui milite pour un bannissement complet des armes d’assaut au Canada, a demandé au gouvernement de mettre fin aux nouvelles ventes de cette arme, ce qu'il considère être le strict minimum.

Ottawa est au courant du risque. Il a tout simplement refusé d’agir, a écrit l’organisme dans un communiqué. Il estime que le SKS est le modèle le plus utilisé lors de fusillades de masse et de meurtres de policiers au cours des dernières années au Canada.

La Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, de son côté, a fortement critiqué cette sortie du groupe formé après la tuerie du 6 décembre 1989 à l'École polytechnique, où 14 femmes ont été assassinées. On est très rapides sur la gâchette, a déclaré la porte-parole de la Coalition, Sophie Béland, en entrevue à Radio-Canada.

Environ 72 heures après les événements tragiques, on part sur un capital politique en voulant cibler les armes à feu, a-t-elle déploré.

Selon Mme Béland, resserrer le contrôle des armes à feu ne permet pas de s'attaquer à la cause réelle du problème. C’est la santé mentale et un désordre psychologique qui mène les gens à poser ce type de gestes là, a-t-elle assuré.

Des fenêtres d'un bâtiment près du boulevard Décarie sont fracassées par des impacts de balles, après une fusillade dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal.

L'auteur de la fusillade a utilisé un Simonov SKS, ont confirmé des sources policières à Radio-Canada.

Photo : Getty Images / Andrej Ivanov

2500 modèles interdits

En 2020, le gouvernement Trudeau a interdit plus de 2500 modèles d’armes à feu, mais les libéraux peinent à mettre en œuvre cette prohibition depuis ce temps.

Son programme de rachat des armes à feu nouvellement interdites s’est avéré moins populaire que prévu. Au début du mois, Ottawa a une nouvelle fois prolongé la période d’amnistie pour les propriétaires de ces armes, qui devait prendre fin à l’automne.

Puisque la Cour suprême examine une contestation de cette interdiction par des défenseurs des propriétaires d’armes à feu, la période d’amnistie prendra désormais fin une fois sa décision rendue, l’an prochain.

Il faut commencer à se poser la question, a estimé le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, en conférence de presse, jeudi. Après 11 ans de gouvernement libéral qui promet de bannir la propriété légitime des chasseurs, de fermiers et de tireurs sportifs, est-ce que ça marche?

Est-ce que ça protège les gens? Est-ce que ça empêche les fusillades?

Avec les informations de Karine Bastien

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