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Fusillade à Montréal : des citoyens racontent leur confinement

1 month ago 11

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« Abritez-vous à l’intérieur, verrouillez les portes, éloignez-vous des fenêtres », cette portion du message d’alerte envoyé par les autorités publiques s'adressait aux résidents de Côte-des-Neiges, et il a rapidement pris une dimension de vie ou de mort pour les témoins qui étaient assez proches de la scène pour avoir entendu les détonations.

C’est le cas de Yumiko, une jeune mère rencontrée à l’extrémité du périmètre policier, qui a eu toute une frousse lorsqu’elle a entendu les coups de feu.

Elle a dû errer dans le quartier avec sa fillette au courant de l'après-midi, car sa maison était en plein dans le périmètre bouclé par un important contingent policier, incluant des véhicules blindés, le tout survolé par un hélicoptère de la Sureté du Québec.

Deux personnes sont mortes dans la fusillade survenue dans le quartier Côte-des-Neiges. Un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et un citoyen ont été tués; le suspect a été abattu. Le service de police confirme qu'une policière et un citoyen ont également été blessés.


Près des coups de feu avec son enfant

Les détonations ont coupé court à la sortie au parc de Yumiko avec sa fillette, près de la funeste scène.

Une femme et son bébé.

Yumiko et sa fille étaient au parc lorsqu'elles ont entendu les coups de feu.

Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau

Une passante qui a vu l’échange de coups de feu a enjoint à la mère de fuir avec son bébé. Elles se sont réfugiées dans le stationnement du centre commercial Carré Décarie, de l’autre côté du boulevard.

C’était très stressant; j’observais de loin, mais des policiers sont venus nous voir et nous ont dit : "Éloignez-vous autant que possible."

C’est stupide de ma part, j’ai oublié d’apporter son lait, a ajouté la mère, son bébé dans les bras, qui devait composer avec la situation.

Des  véhicules blindés ont été dépêchés sur le lieu de la fusillade.

Des véhicules blindés ont été dépêchés sur le lieu de la fusillade.

Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau


Couché sous le niveau des fenêtres

Brandon a vu de près le déploiement policier, assez pour que lui et ses collègues aient été ordonnés par la police de se coucher par terre, sous le niveau de la fenêtre, en raison des risques qu’ils courraient.

Nous avons entendu les coups de feu et puis nous avons vu les policiers nous dire : "éloignez-vous des fenêtres".

Portrait de Brandon.

Brandon Vesely était dans le côté opposé de l'immeuble où a eu lieu la fusillade.

Photo : Radio-Canada

Le bureau de Brandon est situé dans le côté opposé de l'immeuble où a eu lieu la fusillade.


Ceci n’est pas un marteau piqueur

Nous, on travaillait sur le chantier juste à côté de l’immeuble, témoigne Jesson, qui œuvre sur le chantier W9 à un jet de pierre du périmètre de sécurité.

L’ouvrier dit avoir entendu les coups de feu, confondu ces derniers avec de la machinerie de construction, avant de comprendre le sérieux de la situation.

Deux hommes debout.

Nicolas et Jesson, rencontrés à l'extrémité du périmètre sur la rue Barclay.

Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau

On a entendu [des] coups de feu, on s’est dit : "qu’est-ce qui se passe?" Puis, on a vu des policiers courir sur le chantier, ils ont sécurisé, puis nous ont fait sortir.

Ils ont ouvert et fouillé des sacs à dos, dit-il, avant d’évacuer les personnes qui se trouvaient à proximité.

Son compagnon Nicolas a confié avoir eu froid dans le dos après avoir vu les vidéos sur lesquelles on peut voir un corps gisant par terre.


Confinée avec ses élèves

Comme de nombreux résidents de Côte-des-Neiges, Chana Leah Natanblut a dû se confiner pendant l’alerte à la demande des policiers. Mais à la différence des autres personnes concernées par l’ordre des agents, cette enseignante a dû gérer la crise… depuis sa classe d’école.

C’était très épeurant, a témoigné celle qui enseigne à l’école Yaldei, auprès d’enfants vivant avec des besoins particuliers.

L'enseignante devant le périmètre policier.

Cette enseignante a du se confiner avec ses élèves aux besoins particuliers pendant l'opération policière dans Côte-des-Neiges.

Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau

L’établissement, situé sur la rue Van Horne, était concerné par l’ordre de confinement élargi dans le quartier avant que le périmètre soit resserré plus près de la scène au courant de l’après-midi.

Nous avons dû faire ce que nous appelons un confinement partiel, c’est-à-dire que personne ne peut entrer ou sortir de l’établissement, a expliqué l’enseignante, interrogée alors qu’elle venait de se buter au périmètre policier, sa maison étant dans le secteur encore bouclé.

C’est très difficile, spécialement lorsque vous avez des enfants avec des besoins particuliers et qu’il manque de personnel [...] d’autant plus que nous avions des parents qui voulaient savoir ce qu’il se passait avec leurs enfants.

C’est aussi très stressant pour le personnel, a témoigné Chana Leah, qui estime toutefois que l’école a su bien gérer la situation.


C'est un drame, c'est un cauchemar

Parmi les témoins dans cette affaire, il y a aussi les membres du SPVM qui doivent vivre le deuil d'avoir perdu un de leur collègue en service.

Fady Dagher en gros plan.

Le chef de police du SPVM, Fady Dagher, a reconnu que la situation actuelle est très pénible.

Photo : Radio-Canada / François-Alexis Favreau

Au courant de l'après-midi, le chef du SPVM, Fady Dagher, s'est présenté devant les représentants des médias ébranlé. C'est un drame, c'est un cauchemar, a-t-il dit la voix basse.

C'est un moment dramatique pour moi à titre de chef de police, je suis passé à l'hôpital, a dit M. Dagher, qui a parlé avec le frère du policier abattu.

C'est extrêmement difficile, a ajouté M. Dagher, qui n'a pas eu à gérer une telle situation de crise, avec la mort d'un collègue en service, depuis qu'il a pris les rênes du SPVM.

Quand j'ai vu son nom, j'ai dit : "oh non, je le connais".

M. Dagher a dit qu'il se souvient de ce collègue comme excellent, pour avoir travaillé avec lui sur le terrain à deux reprises.

À notre policière blessée, tiens bon, a-t-il ajouté, après avoir précisé que cette dernière n'était pas en danger de mort.

Avec les informations d'Édouard Beaudoin

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