PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’éclosion d’un foyer d’infection à hantavirus à bord d’un bateau de croisière néerlandais sème l’inquiétude depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré qu’il s’agirait de cas de transmission de ce virus animal d'un humain à un autre.
Habituellement, les hantavirus sont transmissibles aux humains par inhalation de particules provenant de la salive, de l'urine ou d'excréments séchés de rats ou de souris.
Mais il semble cette fois, selon l’OMS, qu'une infection à hantavirus ait été transmise d’un passager à un autre à bord du bateau de croisière MV Hondius, qui reliait l’Argentine et le Cap-Vert.
Mardi, l'OMS faisait état de deux cas confirmés de hantavirus et de cinq autres suspectés parmi les passagers, dont trois sont morts. Le bateau demeure ancré jusqu'à nouvel ordre au large du Cap-Vert, dans l'Atlantique.

Des travailleurs de la santé munis de combinaisons se sont rendus sur le bateau de croisière MV Hondius pour porter assistance aux 147 passagers toujours confinés au large du Cap-Vert.
Photo : AP / Qasem Elhato
Le problème, c'est que les infections à hantavirus sont en général graves, voire mortelles dans 40 % des cas, notamment lorsqu’elles s’attaquent au système respiratoire.
Le virus peut aussi s’attaquer aux reins et provoquer de graves fièvres hémorragiques.
Environ 150 000 à 200 000 cas sont rapportés chaque année dans le monde, dont 200 environ en Amérique du Nord et du Sud, selon le gouvernement du Canada.
Aucun vaccin ou médicament n’est réputé efficace contre les infections à hantavirus.
Ces infections sont néanmoins considérées comme rares, car les humains ne se les transmettent généralement pas entre eux et leur niveau de contagion n’est pas aussi élevé que celui des virus respiratoires, comme la COVID-19, par exemple.
Au Canada, on recense environ quatre à cinq cas d’infection à hantavirus par année. De 1989 à 2020, les autorités sanitaires ont rapporté 143 cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus au pays, selon le Centre national d'information sur les biotechnologies.
D'humain à humain, c'est possible
Le fait que des infections à hantavirus se transmettent d’un humain à l’autre, bien que rare, est possible dans certaines conditions, explique Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM.
Interrogé au micro de l’émission Tout un matin, sur ICI Première, le scientifique a expliqué que certaines souches, dont la souche dite des Andes, peut parfois se transmettre d’humain à humain.
Mais, souligne l’expert, on ne parle pas d'une transmission qui est excessivement importante. C'est un pourcentage qui est relativement faible, mais qui n'est pas complètement nul.
C'est sûr que, dans un bateau de croisière, les gens vont être en contact fréquemment et dans un endroit plus fermé, où il y a moins de ventilation […] Ce contact-là en continu fait en sorte que les risques d'exposition au virus vont être plus élevés, estime M. Barbeau.
On parle quand même de sept personnes qui sont suspectées d’avoir été infectées par le virus. Ça serait surprenant que ces personnes-là aient toutes été en contact avec des excréments d'animaux. Il y a une possibilité en effet qu'il y ait transmission et c'est là qu'il y a un sérieux drapeau rouge qui est levé, soutient-il.
Comment on l’attrape?
Dans la nature, le hantavirus est transporté et propagé par des rats, des mulots et des souris qui attrapent le virus, mais ils n’en meurent pas. Le hantavirus demeure dans leur organisme et fait de ces animaux des réservoirs vivants de virus, en quelque sorte.
Les rongeurs infectés le propagent en répandant leurs excréments, leur salive ou leur urine.
Lorsqu’elles sèchent, ces substances deviennent volatiles et leurs particules peuvent alors coller à nos mains, à nos vêtements ou flotter dans l’air.
Les humains les inhalent ensuite en respirant ou en portant leurs mains à leur bouche ou près de leurs voies respiratoires.
La durée d’incubation est de une à six semaines.

7:01
Le Dr Karl Weiss, microbiologiste et infectiologue à l'Hôpital général juif de Montréal, décrypte les causes, les risques, la transmission et les mesures face à ce virus rare.
Quels sont les symptômes?
Selon le Dr Donald Vinh, médecin en infectiologie et en microbiologie au CUSM, qui s’exprimait mardi au micro de l'émission Midi Info, sur ICI Première, les hantavirus causent principalement deux types de syndromes :
Le syndrome pulmonaire : Le plus répandu en Amérique en raison du type de hantavirus qu’on y retrouve, le syndrome pulmonaire se manifeste d’abord par des symptômes de type grippaux : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Il peut aussi y avoir parfois des douleurs abdominales, des diarrhées et des nausées, énumère le Dr Vinh.
Dans la phase plus sévère du syndrome, il peut y avoir une détérioration rapide (en 24 à 48 heures) de l’état du malade avec de la toux intense et une accumulation de liquide dans les poumons qui peut être sévère et qui nécessite des soins intensifs.
Les fièvres hémorragiques à syndrome rénal : Surtout recensé en Europe et en Asie, ce syndrome se manifeste par de la fièvre, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires et abdominales et une vision trouble. La fièvre hémorragique provoque ensuite de l’insuffisance rénale, des hémorragies internes et une chute de la tension artérielle.
Une famille de virus
À ce jour, les scientifiques ont identifié plus de 50 espèces différentes de hantavirus.
On parle d’une famille de virus. Il y a des membres différents dans cette famille et chaque membre est capable d’infecter ou est associé avec un réservoir de rongeurs très spécifique, explique le Dr Vinh.

Les hantavirus peuvent être propagés par divers rongeurs dans le monde. Au Canada, ce sont surtout les souris sylvestres ou les souris à pattes blanches qui sont porteuses.
Photo : John Good/Parc national de Yosemite
Certains types de hantavirus ne sont portés que par des rats, d’autres seulement par des mulots, et certains autres virus sont propres aux souris.
Comme la souris sylvestre et la souris à pattes blanches, reconnues en Amérique du Nord pour être porteuses du hantavirus responsable du syndrome pulmonaire.
Le hantavirus dont on discute présentement semble avoir été acquis possiblement en Amérique du Sud et, dans ce cas, le membre de la famille hantavirus, on l’appelle le "virus des Andes".
Celui qui est lié à la croisière semble très grave. […] Et ce virus est différent, car il semble être capable d’être transmis non seulement de rongeurs à humain, mais aussi possiblement d’humain à humain.
Pas de panique
Malgré le fait que les circonstances tendent à montrer une contagion d’humain à humain sur ce bateau de croisière, il n’y a pas lieu de céder à la panique, selon Benoit Barbeau.
Il rappelle les conditions particulières dans lesquelles se trouvent les passagers de cette croisière.
Il faut vraiment s'assurer de bien comprendre la situation et c'est ce que tous les organismes scientifiques sont en train de faire présentement, ajoute M. Barbeau.
Rappelons que les 147 passagers qui se trouvent sur le bateau seront quant à eux mis en quarantaine pendant 45 jours et surveillés de près par les médecins et scientifiques lorsque le bâtiment sera autorisé à accoster aux îles Canaries ou au Cap-Vert.
Ceux qui seront malades seront évacués vers des hôpitaux pour y être traités.
Pour ce qui est des risques d’attraper une infection à hantavirus au Canada, elles sont plutôt minces, selon Benoit Barbeau, qui rappelle qu’on n’a signalé qu’un peu plus d’une centaine de cas au pays depuis les années 1990.
Pour limiter les risques, il convient de porter des gants et un masque lorsqu’on travaille ou qu’on évolue dans des endroits infestés par des rongeurs, notamment dans les régions rurales.


1 month ago
6
























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·