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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayParmi les grandes contributions que les courses hippiques ont faites à l’humanité, on retrouve une jolie expression : la trifecta.
Pour réussir une trifecta, il faut prédire quels sont les trois chevaux qui, dans l’ordre, franchiront la ligne d’arrivée les premiers. Si 10 chevaux de calibre semblable prennent le départ d’une course, les probabilités de réussir une trifecta sont de l’ordre d’une chance sur 720.
En clair, les trifectas surviennent rarement. Et par le fait même, elles sont extrêmement payantes.
Cela étant dit, saviez-vous que la LNH a aussi sa propre version de la trifecta? Celle-ci est toutefois énormément plus difficile à réaliser que dans l’univers des courses de chevaux. Et conséquemment, elle rapporte au centuple.
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Alors que s’égrènent les derniers matchs de la saison régulière, les partisans du Canadien ont les yeux rivés sur Cole Caufield. Avec 49 buts au compteur, Caufield pourrait devenir le premier joueur depuis Stéphane Richer (en 1989-1990) à atteindre le prestigieux plateau des 50 buts.
Pour sa part, avec 94 points à sa fiche, Nick Suzuki flirte dangereusement avec la marque des 100 points. Or, en plus de 115 ans d’histoire, seulement quatre joueurs du Canadien (Guy Lafleur, Steve Shutt, Peter Mahovlich et Mats Naslund) sont parvenus à réussir ce tour de force. Le dernier en lice? Naslund, alias le petit Viking, en 1985-1986.
À travers ces parcours vers deux prestigieux exploits offensifs, les 73 points cumulés par le jeune défenseur Lane Hutson ont à peine généré des notes de bas de page. Pourtant, Hutson n’est que le quatrième défenseur de l’histoire du Tricolore - et le premier depuis Chris Chelios en 1988-1989 - à avoir franchi le cap des 70 points en une saison.

Lane Hutson a 73 points en 75 matchs.
Photo : imagn images via reuters connect / Bob Frid
Les deux autres arrières à avoir autant dominé qu’Hutson en attaque, Larry Robinson et Guy Lapointe, ont vu leurs numéros être retirés. Comme Chelios, Robinson et Lapointe ont aussi été admis au Temple de la renommée.
Le fait qu’Huston passe ainsi sous le radar est peut-être une éloquente preuve que la presse et le public s’habituent très rapidement à l’extraordinaire.
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Lorsqu’on les prend isolément, ces exploits (marquer 50 buts, inscrire 100 points et récolter 70 points à titre de défenseur) sont exceptionnels. Mais si trois coéquipiers atteignent ces marques durant la même saison, on est ailleurs. Et c’est ici (j’imagine que vous me voyez venir) qu’entre en jeu la rarissime notion de trifecta.
Dans la LNH, les trifectas sont un peu comme des comètes. Elles surgissent puis elles disparaissent. Parfois pendant quelques années, parfois pendant des décennies complètes.
Après une absence d’une trentaine d’années, la trifecta est soudainement réapparue en 2023-2024 quand les Oilers d’Edmonton et l’Avalanche du Colorado sont simultanément parvenus à aligner au moins un marqueur de 50 buts, un marqueur de 100 points et un défenseur ayant amassé 70 points.
Fait à noter : les Oilers ont entrepris en 2024 une séquence de deux présences consécutives en finale de la Coupe Stanley. Pour sa part, l’Avalanche misait en 2024 sur le même triumvirat (Rantanen, MacKinnon et Makar) qui lui avait permis de remporter la Coupe en 2022.
Cette saison, pas moins de trois équipes flirtent avec la trifecta : les Oilers, l’Avalanche et le Canadien. C’est exceptionnel.

Nathan MacKinnon de l'Avalanche du Colorado a célébré son 50e but de la saison plus tôt cette semaine.
Photo : imagn images via reuters connect / Ron Chenoy
Pour que ça se réalise à Edmonton, Connor McDavid devrait toutefois marquer 7 buts lors des 6 derniers matchs du calendrier. Et au Colorado, il manque 8 points (avec 8 matchs à disputer) à Martin Necas pour atteindre les 100 points et compléter le tableau entrepris par Nathan MacKinnon (50 buts) et Cale Makar (75 points en défense).
Les Oilers ont éprouvé de sérieux problèmes devant le filet cette saison et il est difficile de leur prédire un long parcours en séries. Ce qu’on sait par contre, c’est que l’Avalanche est considérée comme l’une des très sérieuses aspirantes à la Coupe Stanley.
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Lorsqu’on la décortique, la petite histoire de la version hockey de la trifecta est extrêmement intéressante. Parce que la plupart des fois où elle jaillit, des effluves de finale de Coupe Stanley jaillissent aussi.
Outre les récents exploits des Oilers et l’Avalanche, seules 13 organisations de la LNH ont eu le privilège de concrétiser des trifectas au cours des 50 dernières années.
Bien sûr, quelques-unes de ces équipes ont disparu dans le plus total anonymat après avoir réussi ce tour de force. Prenez les Whalers de Hartford de 1979-1980 par exemple. À leur toute première saison dans la LNH (ils arrivaient de l’Association mondiale de hockey), les Baleiniers s’étaient qualifiés pour les séries de justesse grâce aux 105 points de Mike Rogers, aux 56 buts de Blaine Stoughton et aux 80 points de Mark Howe en défense.
Hartford formait toutefois la deuxième plus vieille équipe de la ligue. Et ils ont raté les séries lors des cinq saisons suivantes.
Par contre, quand de jeunes formations sont parvenues à réaliser des trifectas, la suite des choses s’est souvent avérée fort intéressante.
- Le jeune Canadien de la saison 1975-1976 a frôlé la trifecta par deux minuscules points (68 points pour Lapointe en défense, 56 buts pour Lafleur et 105 points pour Mahovlich). Mais quelques semaines plus tard, l’équipe soulevait la première de ses quatre Coupes consécutives. La trifecta, elle, a été réussie la saison suivante (Lafleur, Shutt, Robinson et Lapointe).
- Les Islanders ont pour leur part réussi leur première trifecta en 1978 (Bossy, Trottier et Potvin). Ils étaient en train de jeter les bases de la dynastie qui allait remporter 4 Coupes de suite entre 1980 et 1983.
- Les Oilers d’Edmonton ont signé leur première trifecta (Gretzky, Anderson, Coffey) en 1982 alors qu’ils formaient la deuxième équipe la plus jeune de la LNH. Dès l’année suivante, ils ont participé à leur première finale. Et ils ont ensuite enchaîné avec 5 Coupes Stanley en 7 ans. Entre 1982 et 1987, les Oilers ont signé pas moins de 6 trifectas consécutives. C’est un record.
- En 1982-1983, les Flames de Calgary (Nilsson, McDonald et Reinhart) ont réalisé leur toute première trifecta. Les pauvres évoluaient toutefois dans la même division que les puissants Oilers. Trois ans plus tard, les Flames sont quand même parvenus à atteindre la finale face au Canadien. En 1987-1988, Les Flames (Loob, Nieuwendyk ainsi que Suter et MacInnis en défense) ont réussi une trifecta 2.0 qui a débouché en 1989 sur la première Coupe Stanley de l’histoire de l’organisation.
- Les Penguins de Pittsburgh ont réussi leur première trifecta en 1988-1989 (Lemieux, Brown et Coffey). Ce coup de semonce a été suivi par deux conquêtes de la Coupe, en 1991 et 1992.
- Menés par Sergei Fedorov, Ray Sheppard et Paul Coffey (encore lui!), les Red Wings de Detroit ont concrétisé la première trifecta de leur histoire en 1993-1994. Cet exploit a débouché sur présence en finale la saison suivante, puis sur deux conquêtes de la Coupe Stanley en 1997 et 1998.
À compter du milieu des années 1990 jusqu’au lock-out de 2004, la LNH a plongé dans une période morne qui a été baptisée l’ère de la rondelle morte en raison d’une baisse marquée de l’attaque à travers le ligue. Et à compter de 2005, l’avènement du plafond salarial a peut-être compliqué l’assemblage d’une équipe capable de réussir une trifecta.
Depuis 2022, les équipes ont toutefois recommencé à surpasser la moyenne de 3 buts par match. C’est peut-être ce qui explique pourquoi il a fallu attendre 30 ans avant de voir les Oilers et l’Avalanche imiter les Red Wings de 1994.
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Au début de la saison, j’écrivais que le CH allait réussir un exploit digne de mention s’il parvenait à se qualifier pour le tournoi éliminatoire avec la plus jeune formation de la LNH.
En effet, les rares équipes à avoir réussi ce tour de force depuis le début de l’ère du plafond salarial, comme les Blackhawks de Chicago et les Kings de Los Angeles, ont ensuite connu d’immenses succès.
Maintenant que le CH occupe le 6e rang du classement général et flirte avec la barre des 100 points, la qualification pour les séries apparaît comme une formalité.
Et à moins de deux semaines de la fin du calendrier, la possibilité que cette jeune équipe complète une trifecta apparaît aussi comme une formalité.
L’automne dernier, personne n’aurait même osé imaginer une trajectoire pareille.
De fil en aiguille, ça fait donc beaucoup d’exploits considérables en peu de temps pour cette électrisante et jeune équipe. Disons les choses comme elles sont: ce qui se passe en ce moment est à la fois rare et prodigieux.
Il sera intéressant de voir jusqu’où tout cela les mènera.


2 months ago
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