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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ l'approche de l'élection municipale, Zainab Azim et Gord Krantz ont choisi de parler de milkshakes. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la candidate à la mairie et le maire sortant, également candidat, de Milton discutent de leurs goûts – chocolat pour lui, fraise pour elle – et concluent qu'on peut être en désaccord sans se dénigrer.
Les coups bas ne sont pas nécessaires en politique, résument-ils. Selon les deux candidats, la vidéo avait dépassé les 700 000 vues au moment de l'entrevue. Pour Mme Azim, ancienne organisatrice de la campagne de Zohran Mamdani à New York, c'est la publication la plus populaire de sa page.
L'idée lui est venue après avoir vu des pancartes électorales arrachées et des commentaires en ligne qu'elle ne trouvait pas représentatifs des habitants de Milton. Elle dit avoir demandé à M. Krantz de participer à la vidéo parce qu'ils partagent, selon elle, des valeurs fondamentales.
Comme personnes qui essayent de montrer ce qu'est le leadership, nous avons aussi la responsabilité de donner l'exemple. On ne peut pas contrôler ce que les autres font. On peut choisir comment on répond.
Son objectif, dit-elle, était de rappeler aux résidents qu'il y a de la place pour le désaccord, mais pas pour rabaisser les personnes.
Mme Azim reconnaît que la colère et la peur peuvent être mobilisatrices. Elle estime toutefois que l'espoir peut l'être aussi. Les gens veulent de bonnes nouvelles. Ils veulent savoir qui vous êtes, ce que vous défendez et ce pour quoi vous vous battez, et voir que vous pouvez quand même être amis.
Elle ne croit pas qu'une vidéo semblable serait possible avec n'importe quel adversaire. Elle l'a faite avec M. Krantz, explique-t-elle, parce qu'ils partagent des valeurs fondamentales, notamment l'idée que tous les êtres humains méritent la même dignité. On peut faire cette vidéo parce qu'on part de valeurs communes, dit-elle.
L'espoir [...] plus fort que la peur
Le stratège en communication Stéphane Grégoire, directeur affaires publiques d'Aucoin Stratégie Communication, estime que ce ton peut toucher une corde sensible dans un climat politique polarisé. On vit dans un monde tellement divisé. Ça peut nous permettre de nous resserrer, d'être un peu plus soudés, observe-t-il.
Mais la vidéo ne profite pas forcément aux deux candidats de la même façon. M. Krantz, qui brigue un nouveau mandat après quinze mandats, a remporté la dernière élection par seulement 1000 voix.
Il est dans une quête de fédérer le plus de gens de Milton possible pour son élection. Lui, il risque gros, dit M. Grégoire. Donc, si j'étais organisateur dans sa campagne, je ferais ce genre d'association avec Mme Azim, qui représente un important renouveau politique.
Mme Azim, elle, gagne en visibilité et met de l’avant une campagne positive, ancrée dans le quotidien. Ses slogans comprennent Transit every 20 minutes et Live After 5, une proposition pour animer le secteur commercial après 17 h. Selon M. Grégoire, cette approche peut aider M. Krantz à rejoindre des électeurs plus jeunes, tandis qu'elle permet à Mme Azim de se faire connaître auprès des personnes qui suivent davantage le maire sortant.
Une vidéo de campagne inhabituelle
La stratégie se démarque des échanges plus mordants observés ailleurs dans la région. À Mississauga, la campagne a été ponctuée d'attaques sur la compétence, la présence au travail et les motivations de chacune.
Lors d'un débat, Mme Parrish a parlé du retour de la blonde bombshell, une remarque visant Mme Crombie. Celle-ci a reconnu que le ton était monté et a appelé à l'apaiser; les deux candidates se sont ensuite renvoyé la responsabilité de l'escalade. À Toronto, des débats entre Olivia Chow et Brad Bradford ont aussi donné lieu à des critiques acerbes dans le passé.

La relation personnelle entre Bonnie Crombie et Carolyn Parrish, candidates à la mairie de Mississauga, est tendue depuis longtemps. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Selon M. Grégoire, les messages de division sont souvent plus faciles à exploiter : ils permettent aux candidats de se différencier de leur adversaire et d'attirer des groupes d'électeurs autour d'un enjeu ou d'une identité. C'est une bien meilleure histoire lorsqu'on a un peu de politique de division, dit-il.
Reste à savoir si cette civilité se traduira dans les urnes. Mme Azim ne prétend pas que les adversaires doivent être amis ni qu'une vidéo règle les désaccords. Elle soutient plutôt que le ton de la campagne est lui-même un choix.


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