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Élections du Québec : les engagements des cinq chefs aux maires de la province

1 month ago 12

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Les chefs des cinq principaux partis politiques ont convergé à Québec vendredi, où se tenait le sommet électoral de l'Union des municipalités du Québec (UMQ). Ils y étaient attendus de pied ferme par les maires de la province, aux prises avec une augmentation significative de leurs dépenses et la difficulté d'augmenter leurs recettes foncières.

Six priorités avaient été ciblées en amont du sommet, mais deux d'entre elles retenaient particulièrement l'attention des élus avant l'arrivée des chefs : l'entretien des infrastructures municipales et l'itinérance.

À l'issue des allocutions des cinq dirigeants, le président de l'UMQ et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, s'est dit satisfait que l'ensemble des formations politiques aient pris des positions claires sur la question de l'itinérance.

Il attend toutefois des engagements plus précis concernant les infrastructures, bien qu'il salue la mise en lumière du sujet. L'élu s'est également réjoui de l'engagement de certains partis à abolir l'obligation pour les municipalités de réserver ou d'acquérir des terrains destinés à la construction d'écoles.

Tour d'horizon de certaines mesures proposées par les partis.

Infrastructures vieillissantes

Les infrastructures sont la priorité des priorités, lançait en matinée Guillaume Tremblay, avant l'allocution des chefs. Dans les dernières années, on a coupé des rubans, mais peut-être qu'on n'a pas pris soin de nos infrastructures existantes.

Les municipalités n'ont pas les reins assez solides pour remettre à niveau les infrastructures critiques, a pour sa part indiqué la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau.

De Saint-Alban à Saint-Donat, de Montréal à Gaspé... C'est pas juste les grandes, c'est pas juste les petites, ce sont toutes les communautés qui, présentement, vivent des enjeux d'infrastructures, a lancé Bruno Marchand, maire de Québec.

Les investissements dans ce domaine ont donc été à l'avant-plan lors des annonces des chefs qui ont défilé sur scène.

Charles Milliard parle dans un micro.

Le chef libéral, Charles Milliard, a prononcé un discours devant des élus réunis dans le cadre d'un sommet électoral organisé par l'Union des municipalités du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour le Parti libéral du Québec (PLQ), la solution au déficit en maintien d'infrastructures passe surtout par la bonification du Plan québécois des infrastructures (PQI). S'il est élu, le parti augmenterait la part réservée aux infrastructures municipales de 4,4 % à 8 %. Il allouerait également 195 milliards $ sur 10 ans au PQI.

Pour rappel, le PQI est l'outil de planification du gouvernement québécois pour ses investissements en infrastructures sur 10 ans. Le PLQ prolongerait cet horizon à 25 ans. Les libéraux consacreraient 75 % du PQI au maintien des actifs, jusqu’à ce que 80 % des infrastructures publiques soient dans un état satisfaisant.

De son côté, Québec solidaire (QS) investirait 2 milliards $ de plus en infrastructures municipales lors d'un premier mandat. Ces sommes s’ajoutent aux 23 milliards $ sur 10 ans qu’un gouvernement solidaire investirait pour réparer et développer les infrastructures de transport collectif.

Ruba Ghazal assise sur scène avec Antonine Yaccarini.

Comme les autres chefs, Ruba Ghazal a répondu aux questions de l'animatrice après son allocution.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Pour sa part, la Coalition avenir Québec (CAQ) investirait 1 milliard $ de plus sur 10 ans à partir de 2027, afin de financer en priorité l'entretien des infrastructures en eau. Une portion du financement sera réservée aux municipalités de 10 000 habitants et moins qui, selon la CAQ, disposent de moins de ressources pour naviguer entre les différents programmes et leurs exigences. Christine Fréchette s'est également engagée à simplifier le processus de demande de financement pour les villes.

Les besoins sont immenses dans nos municipalités. Quand des employés passent leur temps à remplir des formulaires, ils ne sont pas en train de planifier les travaux ou de faire avancer les projets.

Quant au chef conservateur, il a plutôt misé sur une plus grande régionalisation du financement des municipalités, sans dire toutefois si les montants en seront bonifiés. Il affirme également que les économies réalisées grâce aux coupes dans la bureaucratie leur seront en partie retournées.

L'itinérance au cœur des priorités

Alors que l'itinérance explose partout dans la province depuis quelques années, le sujet est revenu à l'avant-plan de l'actualité, après qu'un bambin a été retrouvé dans un campement de personnes itinérantes à Montréal.

En itinérance, on a besoin d'un traitement choc. On n'est pas rendus au traitement homéopathique au compte-gouttes, a expliqué le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, en matinée.

Éric Duhaime parle dans des micros.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, prend la parole lors du sommet électoral de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) à Québec, le vendredi 18 septembre 2026.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Tous les chefs ont abordé la question lors de leur passage sur scène. Le chef conservateur a d'ailleurs commencé son allocution en évoquant le défi de taille posé par l’itinérance, appelant les partis à éviter la partisanerie pour s’attaquer à cet enjeu en priorité lors de la prochaine législature.

Je pense que chacun peut amener sa contribution, parce qu'on arrive tous d'horizons idéologiques différents.

M. Duhaime a rappelé avoir dévoilé son plan en itinérance la semaine dernière, où il propose notamment la formation de 125 médecins communautaires par année.

2:07

Le compte-rendu de Sébastien Desrosiers.

Le chef du PQ veut lui aussi faire de l'itinérance un cheval de bataille. Après avoir annoncé plus tôt cette semaine qu'il ne nommerait pas un superministre de l'itinérance puisqu'il s'occuperait lui-même du dossier, il s'est engagé è réduire l'itinérance de moitié d'ici 2030.

Pour ce faire, PSPP s'engage à financer diverses mesures à hauteur de 1 milliard $ sur quatre ans. De cette somme, 600 millions $ seront consacrés aux programmes sociaux et à la prévention, et 400 millions seront destinés au logement adapté.

PSPP au podium.

PSPP a indiqué qu'il ferait de l'itinérance une priorité.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Ruba Ghazal a promis de réserver 375 millions $ du PQI sur 4 ans pour la construction de 6000 logements pour les personnes en situation d'itinérance. Ces logements seraient compris dans la promesse de QS de construire 50 000 logements hors marché. Aussi, 135 millions $ seraient également alloués au personnel qui accompagnerait les personnes en situation d'itinérance dans ces logements.

De son côté, Christine Fréchette s'est engagée à créer un fond d’urgence de 250 millions $ pour l’itinérance. Ce fonds serait transitoire, a-t-elle précisé, en attendant le déploiement du plan sur l'itinérance de sa formation.

Charles Milliard a quant à lui promis 60 millions $ de plus par année pendant 4 ans pour lutter contre l'itinérance. Il a toutefois refusé de s'avancer sur une cible.

Annonce surprise sur les terrains scolaires

Si les maires s'attendaient à des annonces sur les deux grandes priorités susmentionnées, la scène a également été le théâtre d'une annonce inattendue. Christine Fréchette a dit que, si elle est élue, elle mettrait fin à l'obligation des municipalités de céder des terrains au gouvernement du Québec pour la construction d'école.

Christine Fréchette au podium.

Christine Fréchette était la deuxième cheffe à prendre la parole à l'UMQ.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Les villes réclamaient depuis plusieurs années la fin de cette mesure, qui a fait non seulement augmenter leurs dépenses, mais les privait également de revenus fonciers. Cette mesure avait été mise en place en 2020 par le prédécesseur de Christine Fréchette, François Legault.

Charles Milliard a également promis d'éliminer cette obligation, tout comme Éric Duhaime.

Se confiant à Radio-Canada après l'allocution de Ruba Ghazal, l'équipe de QS a rappelé qu'elle réclamait l'abolition de cette mesure depuis trois ans.

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, avait d'ailleurs déposé un projet de loi en 2025 qui visait à indemniser les municipalités lorsqu'elles étaient forcées à céder des terrains au gouvernement du Québec pour la construction ou à l’agrandissement d’écoles.

Avec des informations de Marie Isabelle Rochon, Philippe L'Heureux, Sandrine Côté et Raphaëlle Drouin

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